Lettre de Charles-^uint, déjà citée. — Journal de Vande
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Le 27, Charles-Quint, laissant à Dueren une garnison suffisante, alla camper à moitié chemin de Juliers, capitale du duché. La ville était aussi bien armée que Dueren ; cependant elle se rendit à la première sommation. Les gens de guerre sortirent et la place ouvrit ses portes. L'empereur y entra avec une garde de 500 arquebusiers espagnols et de quelques cavaliers ; il reçut le serment de fidélité des bourgeois et jura de conserver leurs privilèges. Le lendemain il se remit en campagne. A mesure qu'il avançait, les villes et les communes, frappées de terreur par l'exécution de Dueren, se hâtaient de déposer les armes. La ville de Zittard et tout le duché de Juhers firent leur soumission. Charles-Quint détacha le sire de Hoechstraeten, un de ses capitaines, avec dix enseignes d'infanterie et 500 cavaliers, pour prendre possession des places qui n'étaient pas sur sa route. Le maréchal de la Cueldre, Martin Van Rossen, manœuvrait à distance de l'armée impériale, tantôt avec 1,500, tantôt avec 2,000 cavaliers, sans pouvoir l'entamer; enfin il se retira.
Le 30 août, l'empereur arriva sous les murs de Ruremonde, sur la Meuse, la ville la plus conmierçante du duché. Elle ne fit aucune résistance. Le lendemain il eut une entrevue avec sa sœur, la reine de Hongrie, sur l'extrême frontière du Hainaut. Il était victorieux du duc de Clèves, mais son rival, le roi de France, s'avançait aussi en vainqueur à l'autre extrémité des Flandres; le duc d'Orléans avait conquis une partie
nesse, id. — Tous les historiens, depuis Robertson, ont écrit que Tempereur avait fait massacrer tous les habitants.
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du Luxembourg ; une grande bataille était probable ; l'empereur arrêta avec Marie de Hongrie les mesures à prendre contre son ennemi.
Le 3 septembre, après avoir reçu les soumissions de la plupart des villes de Gueldre et de Glèves, Fempereur se dirigea vers Venloo, la place la plus forte des états du duc Guillaume et la mieux armée; elle renfermait 3,000 hommes de pied et une nombreuse artillerie. Aux premières sommations, la division se mit dans la place ; les habitants voulaient ouvrir leurs portes et les gens de guerre se défendre. Ce dernier parti l'emporta. Femand de Gonzague jeta un pont de bateaux sur la Meuse et mit ses pièces en batterie. Le feu allait commencer quand le sire de Brunswick, le coadjuteur de Tarchevêque de Cologne et d'autres ambassadeurs de ce prélat arrivèrent au camp impérial. Ils se portaient médiateurs entre le duc de Glèves et son suzerain, et suppliaient l'empereur d'user de clémence. Charles -Quint consentit à recevoir le prince. Bnins-^ wick et le coadjuteur l'amenèrent au camp de Venloo le 6 septembre. Il passa la nuit dans la tente du cardinal Granvelle. Le lendemain il comparut en accusé devant son juge; Charles*-Quint était assis sur un trône; le duc se mit à genoux avec ses deux protecteurs et resta longtemps dans cette position humiliante^ Le sire de Brunswick excusa le coupable, rejeta sa faute sur les mauvais conseils qu'il avait reçus, allusion blessante à l'influence de la duchesse Maria de Juliers, mère du duc Guillaume, l'àme de l'alliance
i. i .....Y se bincaron de rodiUas del ante de nos todos très » (Lettre de Gharles-Quint déjà citée).
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française, qui venait de mourir à Buderich, le 39 août, du chagrin qu*elle éprouvait des désastres de son fils^ € Ce dit, luy estant toujours à genoux, fut respondu € par le conseiller Naves, vischancelier de Tempire, c que Sa Majesté avoit esté grandement offensée et € qu'elle pouvoit par raison et justice envers ledict c duc user de toute rigueur, veu FoflPense par luy c commise. Néanmoins, voyant que ledit duc se reoon- € naissoit, ne useroit envers luy de cruaulté, ains de € toute douceur, et qu'il se trouvast au logis dudict € seigneur de Grantvelle, ou ceux de son conseil par c ensemble pourroient traicter les articles touchant c cest e£Pect. Puis Sa Majesté le fit lever en luy don- € nant la main et parla à luy à part. Après ledit duc € prit congié et s'en retourna dîner avec le s. Grant- € velle*. »
Le lendemain, 7 septembre, le duc de Glèves signa le traité connu sous le nom de traité de Venloo. Il abandonnait l'alliance française, danoise et suédoise, et remettait ses états à l'empereur qui les lui rendait en partie comme fiefs du Saint-Empire. En garantie de sa fidélité fiiture l'empereur se contenta de deux places, Heinsberg et Zitta^, qu'il lui restitua plus tard; il lui donna même une pension viagère de 10 mille livres^. Leduc réunit ses troupes à l'armée impériale et donna à Gharles- Quint le célèbre Martin Van Rossen, dont l'habileté avait fait tant de mal aux villes des Pays-Bas. Les
1. Arch. de Dusseldorf; Mémoire du docteur Harless dansZettschrift des bergischen Geschichtsvereins, t. I.