‹ Le mariage de Jeanne d'AlbretChapitre 59 sur 66 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p

danment tout ce que prétendiés au contraire, tellement que non saichant, vous ny les vôtres, y plus contredire ny replicquer, demonstrates estre enclin de vous départir d'iceulx duché et conté; et que seullement, pour le plus convenablement faire, en vouliés parler à notre cousine, la Duchesse, vefVe de Gleves, votre mère.

Et depuis n'en avons heu certaines nouvelles de vous, mais au contraire avons entendu qu'avez continué sercher divers moyens en tous coustelz pour diffuyr et empescher la relaxation et restitution et semé plusieurs escripts, mesmes en la Germanie % pour cuyder pallier et coulorer laditte occupation et intrusion, avec tiltres inventez et de soy nulz et nullement vaillable, en taisant et dissimulant les nôtres susdittes, signanment ceulx qu'avons de vosdits prédécesseurs, et que ladite occupation soit esté de fait sans que vous ny vosdits prédécesseurs quelconques dont vous voulez avoir accession, ayent eu investiture ny consentement quelconques dudit Sainct Empire, desguisant aussy et signanment ausdits estats et pays de Gheldres et Zutphenles complimens avant dicts par nous fais et ce qu'estoit passé audit Gand, conmie vous avez aussy par cy-devant fait ledit droit dudit Sainct Empire et le notre, et leur faisant à entendre plusieurs choses trop contraires et eslongnées de notre intention et voulenté, laqueUe a tousjours esté de conserver lesdits duché et conté soubz icelluy Empire, loix et drois d'icelluy, et tous les estats et habitans desdits pays en toutes leurs franchises, libertés et prérogatives.

Et tout ce que dessus avons-nous voulsu comporter jusques a maintenant, pour le parentaige qu'avez avec nous, espérant que la reciprocque considération, avec notre bénignité et modestie et tant de complimens amyables que en ce avons usé envers vous, feroient recongnoisLre votre tant évident tort et condescendre à votre debvoir et à la raison ; et aussi pour en ce

1. On conserve aux archives de Bruxelles un de ces mémoires. Il est intitulé : Remonstrance traduite de l'allemand en français, faite par les députés du duc de Clèves et présentée à Nicolas Perrenot, seigneur de Granvelle (Ârch. de l'Audience, Gorresp. de Gharles-Q. avec Marie de Hongrie).

comme en noz autres actions demonstrer à tout le monde, et mesmement aux estats dudit Sainct Empire, que nous évitons, si avant que convenablement &ire pouvons, la rigueur. Et pour ce que riens jnsques à ores a prouffité, ains persévérez en l'intrusion et occupation avant dites, nous fûmes déterminés et entendons pour notre plus ample et habondante justifQcation faire déclairer et apparoistre à la prochaine diette de Reynsbourg^ aux estats dudit Sainct Empire, qui lors y seront assemblez, comme le tout est passé à votre évident tort avec le grand contempnement et mesprisement envers ledit Sainct Empire et nous; dont vous avons bien voulu advertir par les présentes, et, combien que votre debvoir vous oblige d'estre à ladite diette, à laquelle avez esté expressément mandé, néantmoins d'habondant vous ordonnons de comparoir personnelle* ment pour cestuy particulier affaire, endedans quarante jours, pour terme perhemptoire, après la réception desdites présentes. Et pour ce &ire^ en tant que mestier est, voulons qu'elles vous servent pour bon, suffisant et loyal saulfconduyt pour venir à ladite diette, y estre et vous en retourner librement et seurement, et vous promectons en foy de bon Empereur que ainsi il vous sera lealement observé; et en oultre nous escripvons par ce mesme porteur aux estats desdits pays de Gheldres et de Zutphen d'envoyer leurs ambassadeurs et depputez à laditte diette pour ouyr et entendre ce que lors sera proposé et mis en avant, touchant cestuy affaire, pour aultant qu'il les concerne ; vous enchargeant et ordonnant pourveoir et bailler si bonne asseurance et addresse audit porteur, qu'il puisse faire envers ceulx desdits pays de Gheldres et Zutphen ce que luy avons enchargé, et que vous n'empeschez directement ne indirectement les estats desdits pays d'envoyer leurs dits ambassadeurs et depputez audit Reynsbourg au terme susdit; ains £adctes quant à votre dite venue et celle desdits ambassadeurs tellement que riens vous en puisse estre imputé et ainsi le vous enchargeons, enjoignons et ordonnons par le debvoir et obligation qu'avez à notre auctorité Impériale et audit Sainct Empire. Donné, etc.

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