Gravant, en Bourgogne
Gette lettre est autographe.
DE JEANNE d'aLBRET. 303
parler a luy comme je pourroys faire a monsieur mon fils. Et je luy tiendray tous les propos que je ne vouldroys escripre et aussi peu dire a homme dont il ne mauroit asseure pour les luy reciter et a vous aussi.
Et remettant le tout en se temps la et a ce que jay donne charge a ce seur porteur vous dire, feray Un de ceste lettre, supplyant le créateur, monsieur le chancellier, vous donner habondance de sa très saincte grâce.
Escript à Grevan le xii jour de novembre.
La toute vostre,
Mabguekite.
(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 330.)
A Monseigneur mon filz, monseigneur le duc de Gleyes. (Après le 12 nov. 1541 ^)
Paveurs accordées par le roi au porteur. — Voyage du roi de Navarre à la cour, — Etat de santé de Jeanne d'Àîbret,
Monsieur mon filz. Pour ce que ce porteur vous dira la bonne disposition ou est le Roy et Messieurs et dames, ces enfans pareillemant, des voyages que nous faisons ne vous en feray nulle redicte. Il sen retourne devers vous, ayant optenu ce quil a demande de son examption dariere ban, ce quy a este ung peu diflcille, et, sans votre service, que jay remonstre au Roy estre le sien, il neust pas heu ce prevyleige, quy na james este donne que aux serviteurs du Roy et de ceux de sa maison. Nous avons tant fait quil a heu ycy sa despesche sans avoir la paine daler a Paris, et na este sans ce fàscher de demeurer tant sans retourner devers vous.
n vous dira ausy comme ce porte lafaire du Roy, vostre père, quy est venu ycy devers le Roy pour entandre la conclusion de
i. Cette lettre ne porte pas de date, mais le voyage du roi de Navarre à la cour nous permet de l'établir approximativement Voyez les précédentes lettres.
La lettre de Marguerite est autographe.
la pais ou de la guerre, et ineontinant lune on lanltre prisse, sen retourner en son pals. De ee quy en advyendra ne fkuldray a TOUS en advertir. 11 ma commande tous enToiercesaik]fCtî(»inées recommandations. Il a Teue votre Cune, en passant par Tours, quil a trouve beaulcop plus maisgre quelle na este. Et despuis quil est party, elle a heu ung Tomisonant de sanc bien fiischeux, dont jay este sy troublée que jen hay heu la Gevre jusques a ce que jaye heu seurette quelle est bien guérie. Jayois demande mon congîe pour Faler voir, et le Roy le mayoit donne, mes le Roy, votre père, ne la voulu, disant que son a&ire doit Ikire obUer en&ns et plesir et nous mesmes pour le service du Roy. Dieu veulle que luy et vous luy en puissies aultant fidre que le désire
La toute votre bonne et leale mère,
MllGUBUTB.
(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n« 17, f. 427.)
A Monseigneur mon fils, monsbigneub le dug db Glbtbs.
(Fin novembre 1541 *.)
Protestation d*amitié. — Retour du roi de Navarre en Biam. — Prochain voyage de la cour à Fontainebleau, — Arrivée des filles d'honneur envoyées par le duc de Clèves,
Monsieur mon filz. Pour ce que par monsieur de FEstrange je vous hay bien mandé toutes chouses, je ne vous feray longue lettre, sinon de vous aseurer que ce porteur et tous les siens sont de mes ansiens serviteurs, quy me fait vous pryer, oultre ce que je say que tout ce quy vient de la part du Roy est receu de vous comme de celluy quy est tout sien, encores pour lamour de moy je vous prye laymer bien, ce que je suis seure que vous feres, congnoissant les grâces que Dieu a misses en luy. Aussy,
1 . Cette lettre n'est pas datée, mais le départ du roi de Navarre et l'arrivée des filles d'honneur envoyées par le duc de Glèves nous permettent de la placer à la fin de novembre. Voyez la note 2 de la page suivante.
Elle est autographe.
DE JEANNE d'aLBRET. 305
Monsieur num fllz, javois oublie par monsieur de i*Estrange TOUS escrîpre le partement du Roy de Navarre, vostre père, lequel est party aujourdhuy pour aler donner ordre en sa maison a plusieurs alkires quil navoit heu loisir de mettre a fin a laultre Yoyaige. H ma commande vous escripre quil espère ne demeurer gueres, mes que de ce quil trouvera incontinantvous en seres adverty, comme celluy quil tient pour son bon fils et héritier. Et sur ce propous feray fin, mes dedans deux jours vous envoyray Adolphe*, qui vous portera des nouvelles de votre &me, et, sy toust que nous serons a Fontainebleau, que jespere dans six jours, et que je auray veu les filles et le paige que vous maves mivoie^ dont je vous mereie bien fort, je vous escripray bien au long et tout ce quil surviendra, et poiu* fin [me recommande] a la bonne grâce de Madame ma seur et la vostre; aveoques les recommandations du Roy de Navarre, vous presante les siennes
La toute vostre bonne mère et leale amye,
Marguerite.
(Arch. de Dusaeldorf, Julich«Berg, u9 17, f. 423.)
xvn.
A Monseigneur mon hls, monseigneur le duc de Cleves.
(Janvier ou février 1542 3.)
Bons rapports de UEstrange sur le duc de Clèves. — Marguerite repousse énergiquement les calomnies des gens intéressés à les désunir. — Dieu et le roi jugeront quand Jeanne devra être conduite à son époux. — Droits du duc sur elle.
Monsieur mon filz. Je ne vous puis dire layze que le Roy
1. Adolphe Olisleger. Ge personnage est souvent désigné par son prénom dans les documents qui nous ont été transmis de Dusseldorf .
2. Dès le 15 août, Marguerite avait demandé deux filles d'honneur pour Jeanne d'Albret (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, no 17, f. 32). Elles partirent de Dusseldorf le 22 octobre avec des lettres de recommandation du duc et de ses conseillers (ibid., f. 461, 462 et 310). Elles arrivèrent le 17 novembre à Paris, où elles attendirent l'arrivée de la cour à Fontainebleau (ibid., f. 341).
3. Cette lettre n'est pas datée, mais trois circonstances nous
et toute cete oompaignye a receue davoir entandu de vos b(»mes nouvelles par Monsieur de FEstrange, quy en a fait sy Ixm et bonneste raport, tant de la bonne voulonte que vous aves a son service que du pouvoir et grant moyen que vous en aves» que le dist seigneur Roy en est demeure ausy satisfiût que vous et moy le sauryont désirer, comme par la despeche, que presantement Ion vous anroye, vous poures voir-, vous asseurant, Monsieur mon filz, que^ quant Monsieur de FEstrange seroit votre serviteur domestique, il nauroit seu myeux a votre intentyon raconter au Roy toutes chouses, qui sont pour augmanter et continuer la bonne amour quil vous pcnrte et quy soit a la louange de vous et de vostre maison, chouse que, vous pouves panoer, ma este tdle consolacion que une bonne mère doit avoir, douyr bien dire de son bon filz, atandant que Dieu me feoe ce bien tant désire que je puise voir ce que jeu oy dire^ comme jespere plus toust que de (ne) veuUent que vous croyes ceux quy nont nul savoir que de forger mensonges, et nont point de honte de les dire trop aparantes contre ce que tout le monde a veu le contraire. Je suis seure que vous aves telle confience au Roy et telle estime de sa parole et foy, laquelle il vous a sy bien gardée, que vous deves rejetter les meschans, quy jugent les autres selon leur malice, pour mettre en paine ceux quy voyent vivre en pais et ungnyon. Il y en a aces heu quy mont voulu donner des craintes bien grandes des coustumes d'Alemaigne, quant au fait des mariaiges, et dautres estruH
permettent de Fattribuer au mois de janvier ou de février 1542 : la première est Finquiétude que conçut tout*à-coup le duc Guillaume sur la fidélité du roi à ses promesses (voy. ci-dessus, p. 160); la seconde est le retour de L'Eslrange qui se trouvait encore à Glèves à la fin de décembre (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n© 17, f. 358) ; la troisième est Fabsence de la cour de Herman Gruser. L'ambassa« deur de Glèves, envoyé par le roi à la diète de Worms, avait été renvoyé par son maître à la cour vers le 29 novembre (Lettre du duc à Frotté; Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 347). Il revint en Allemagne vers le 12 janvier 1542 avec les envoyés du roi de France (ibid., f. 370, 371 et 374), et on le retrouve à la diète de Spire qui s'ouvrit le 9 février 1542 (ibid., f. 500 et 501). La lettre de Marguerite est autographe.
DE JBANNE d'aLBRET. 307
gettes, mes je ne les hajr voulu non plus escouter que croire, saichant très bien que le desplesir quils hont de notre aliénée leur fait inventer telles méchantes mansonges. Et pour men mettre en repous, jay du tout remys a Dieu et au Roy mon afaire, estant seure que ilz garderont ce qu'ils hont feit^ et, quant ilz verront le temps propre, ilz vous balleront ce quy est votre -, je dis sy bien votre, que il nest point en la puisance des hommes dy donner empechemant, et que les chouses par vous demandées et accordées par le Roy ne soyentacomplies. Etvoudroys de bon ceur avoir abreige ma vie de deux ans et votre fome les heust daventaige, pour la vous mener, car ell est votre et je ny hay plus riens. Vous et moy lavons remyse en la main du Roy, qui est père de vous et délie, et comme bon père saura bien sactisfiûre a vous et a elle. Mes je vous prye, Monsieur mon Biz, que en atandant vous naies jamais soupeson dune sy meschante chouse, car, oultre la seurette que vous aves du Roy, je vous prye pancer que le Roy de Navrarre et moy navons james fkit chouse ny na este feite en nos maisons, dont notre honneur puisse estre seulemant soupesonne dune sy vilaine chouse. Et en cette seurete, samblable a celle que je prans en votre parole, et, en la grâce que je sais que Dieu a mysse en vous, vous viveres contant et nous feres vivre en répons. Sy je vous en escrips longuement cest que vostre embassadeur n'est pas ycy, a quy je puise parler privetment, et je neusse pas este a mon ayse sans demantir par escripture ceux que je voudrois bien connoistre pour les aprandre a dire vérité ou ne parler plus. Gete longue lettre servira pour le mary et la fèune, quy presantent leurs recommandations a Madame votre mère et a vous. Jatans des nouvelles de votre Êime que je nay veue despuis notre despartemant et încontinnant vous despecheray homme exprès.
La toute votre bonne mère et leale amye,
Marguerite.
(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 425.)
xvm.
A MoNSBIGlfEUR MON HLZ, MONSEIGNEUR LE DUC DE ClEVES^ GUELDRES ET JUILLIERS.
(Fin avril 1542 <.)
Envoi de Longueval à Dusseldorf. — Crédit du duc à la cour. — Protestation d'amitié.
Monsieur mon flis. Pource que monsieiur de Longueval est despesche pour sen aler devers vous, par lequel je vous escrlps, je ne vous feray longue lettre, sinon pour vous dire que jay receue celle que par votre ambasadeur maves escriple, vous asseurant, Monsieur mon fils, que vous estes tant en la bonne grâce du Roy que vous ny tous vos amys ne le sauroient plus désirer. Et quant je y connoistrois aultre chouse, vous saves que je ne suis ycy que pour vous, tant a vous en advertir que a y donner le remeide neoesaire, ce de quoy nay veu ocasion, vous pryant de continuer au bon vouloir que jusques icy aves monstre au service dudict seigneur, et en ce Êdsant croies que vous le trouvères vray père et afectionne a votre bien et grandeiur. Le porteur vous dira comme jay este tormantée dune fièvre bien Êischeuse, mes je suis dehors, et ne mest demeure que la feiblesse. Et pour ce que par monsieur de Longueval entandres toutes chouses, par le même ne vous en fera plus de redicte
La toute vostre bomie mère et loiale amye,
Marguerite.
(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 388.)
1. Cette lettre n'est pas datée, mais le retour de l'ambassadeur Herman Gruser et l'envoi de Longueval nous permettent de l'attribuer aux derniers jours d'avril 1542. Gruser n'était pas encore de retour de Spire à la date du 25 avril, car les lettres adressées au duc Guillaume sont signées de Charles Dubois (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n* 17, f. 375). Il était revenu le 30 avril, car nous le voyons reprendre la signature (ibid., f. 379). Enfin, il eit certain que Longueval partit pour Dusseldorf vers le 1» mai (Lettres de Gruser du 30 avril et du 1" mai; ibid., f. 379 et 382).
La lettre de Marguerite est autographe.
DE JEANNE D'aLBRET. 309
 Monseigneur mon filz, monseigneur le duc de Gleyes,
GUBLDRES ET JuiLLIERS.
(Mai 1542 <.)
Recommandation du porteur et témoignage de son dévouement au duc pendant Vabsence de l'ambassadeur.
Monsieur mon fllz, Encores que je vous aye cscript par le seigneur de Lacroyx et de Longueval, synon veux-je lasser aler ce porteur sans ma lettre, non pour vous mander nulles nouvelles, car par luy pourés tout entandre, mes pour vous tesmoingner que vous aves en luy ung très fldelle et saige serviteur et quy cest si bien conduist en labsance de votre embasadeur ', que je ne ferois pas le devoir de bonne mère, sy je ne vous celloys la vérité de son loyal service. Il vous dira des nouvelles du Roy, votre père, de votre famé et de moy, car journellement tout ce que jay entendu je le luy hay communyque, pour ce que je lay trouve non seulement seur, mes très prudent en tous afaires, quy me contrainct vous prier lavoir bien en votre bonne grâce, car il le mérite. Et a la votre et celle de Madame votre mère, ma bonne seur, ce va recommander, pryant le tout puisant vous donner à tous deux aultant de contantement que pour soy en désire
La toute votre bonne mère et leale amye,
Marguerite.
(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n® 17, f. 389.)
1. Cette lettre n'est pas datée, mais la mention du départ récent de Longueval prouve qu'elle a suivi de peu la précédente. Voyez la note de la lettre 24.
La présente lettre est autographe.
2. Ces quelques mots semblent indiquer que c ce porteur • est Charles Dubois, qui avait en eifet tenu pendant l'absence de Herman Cruser le poste de représentant du duc à la cour de France.
 MoNSIEUa LE DUC DE GlEVES.
(Fin juin 1541 <.)
Départ prochain de la reine Marguerite, — Jeanne va rentrer à Tours, ^ Témoignages d'affection.
Monsieur, ce porteur vous dira bien au long des nouvelles, toutefois je ne lay voulu laissair aler sans vous escrire comme jespere partir demain, après que la Reyne, ma mère, scera partie, de man aller a Tours pour acomplir lordonnance des médecins, ou je vous suplic me faire entandre de voz nouvelles-, car il ny a médecine au monde quy puisse tant scervir a ma séante que de scavoir que la votre est bonne. Je suplîe Notre Seigneur, Monsieur , la vous donner telle que la vous désire Votre humble et obéissante famé,
Jehanne de Navarre.
(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 449.)
1. Cette lettre n'est pas datée, mais Pannonce du départ de Marguerite pour le lendemain nous permet de l'attribuer aux derniers jours de juin. Voyez ci-dessus, p. 140.
Cette lettre est autographe.
DE JEANNE d'aLBRET. 3H
A MONSIEUB LE DUC DE GlEVES.
(Novembre 1541 <.)
Jeanne d'Albret a eu la jaunisse, •— Trahisons avouées par le duc de Clèves, — Présents au duc de Clèves et à mademoiselle de Clèves.
Monsieur, je nay voulu laiser aler ce porteur sans vous escripre que je me suis trouvée un peu mal d'une jaulnysse, quy ma tenue près de deux moys, dont je nay riens voulu mander a la Reyne, notre mère, que je nay este guérie, ce que je suis maintenant. Et pour ce, Monseur, que jay seu que Ion vous a voulu fere beaulcop de traysons en vos pays, je vous suplye, gardes bien votre santé de vos ennemys. Et pour ce que celluy quy nous garde cest Dieu, je vous envoyé une ensaigne de limaige de celluy ou est notre espérance, vous suplyant lavoir pour agréable ; ausy janvoye deux [livres] doeures a ma seur, madamoyselle de Clèves, que je vous prye luy bailler, atandant que moy-mesmes luy en porte. Par quoy, Monseur, après avoir presante mes très humbles recommandations a votre bonne grâce, vous suplyant presanter les miennes a Madame, notre bonne mère, sans oblyer notre seur, va prier notre Seigneur vous conserver en bonne santé, jusques a ce que vous puise voir, que jespere bien toust.
Votre très humble et très obeisante &me,
Jehanne de Nâvàree.
(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, no 17, f. 465.)
1. Cette lettre n'est pas datée, mais l'envoi de c Tensaigne t permet de l'attribuer au commencement de novembre. Voyez la lettre de Marguerite, n» 13.
A Monsieur de Gletes.
(Novembre 1541 *.)
Jeux de Jeanne d'Albret; mystère de la Passion. ^- Nouvelles de la santé du roi de France, du roi et delà reine de Navarre,
Monsieur, je nay voulu failir vous escrire comme jay veu de beaux jeux icy et de la pascion, quil ont très bien jouée, et, en enscrivant vos lettres, je vous escrira le plus souvent que je pouray. Et suis bien aise de scavoir votre bonne santé. Et vous aceure que le Roy et le Roy, mon père, et la Reyne, ma mère, se porte bien et moy ausy ; ma mère ausy, qui a este bien malade, remerciant notre Seigneur de sa convalescence, le supliant vous tenir a très bonne santé et longue vie.
Votre humble et obeisante famé,
Jehanne de Navaere.
(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 463.)
A Drimborn.
(Après le 10 octobre 1543 a.)
Monsieur Tambassadeur, pour vous faire response à ce que vous m'avez dit de la part de Mgr de Gleves, je ne puys nyer
1. Lettre non datée, mais que nous attribuons au mois de novembre 1541, à cause des jeux que Ton procurait à la princesse (voyez la lettre de Marguerite, n» 13), et des nouvelles qu'elle donne des rois de France et de Navarre, ce qui semble prouver qu'elle les avait vus.
Cette lettre est autographe.
2. Cette lettre n'est pas datée, mais les circonstances dans lesquelles elle fut écrite permettent de l'attribuer au mois d'octobre ou de novembre 1543. Voyez ci-dessus, p. 189. Voyez aussi la lettre du duc du 30 septembre, p. 314. L'instruction confiée par le duc à son agent, Alexandre de Drimborn, est datée du 10 octobre 1543 (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 504).
DE JEANNE d'aLBRET. 313
les ceremonyes qui furent fectes et Thonneur que le roy feit aud. sr. de Gleves a Ghastellerault. Et puis encore moins non confesser que la volenté dud. sgr roy et des roy et royne de Navarre, mes père et mère, ne ftissent que les choses eussent à sortir leur efifect 5 mais voyant que le sgr roy sestoit résolu de me bailler à luy sans me vouloir ouyr ny escouter et que, quant jen voulois parler ausd. sgr roy et royne de Navarre, ilz me vouloient encoires moins ouyr, usans envers moy de plus estranges rigeurs du monde pour mon opinion quils voioient contraire à leur volenté^ et me sentant abandonné de mon roy et de père et de mère, je me delibéray prendre mon seul recours à Dieu, lequel ma fait ceste grâce que led. sgr de Gleves a fait contre luy mesme chose que tient le roy et mon père et mère quictes et deschargés de la volenté et de la promesse quils luy pouvoient sur ce avoir faictes. Ne reste plus que à vous respondre de mad. volenté, de laquelle je crois que, qui en demanderoit à Mgr de Gleves, il sauroit bien que en dire. Et quoiqu'il y ayt, quant il sera question den dire la vérité et que je seray devant ceulx qui doivent congnoistre de telles matières, jen responderay ^ estant résolu de faire en toutes choses mon devoir tant envers Dieu que envers ceulx à qui je dois en ce monde obéissance.
Jehanne de Navarre.
314 LE MARIAOE