‹ Le mariage de Jeanne d'AlbretChapitre 62 sur 66 · Nicolas Dangu, évoque de Séez, puis de Mende · texte numérisé non relu

Nicolas Dangu, évoque de Séez, puis de Mende

2. Cette lettre n'est pas datée, mais elle précède de très-peu de jours Tarrivée de la reine à Châtellerault (fin mai 1541). Voyez cidessus, p. 109.

Elle est autographe.

DE JEANNE d'aLBRET. 293

A M0NSEIGNED& LE GHANCEUBB 0E GlEVBS^

(Lussac, 7 juillet 1541.) Demande de nouvelles du duc de Clèves.

Monsieur le chancellier, le désir que jay de scavoir comme se porte monsr mon fllz me fhict luy envoyer ce porteur exprès. Je vous prye que par luy vous mescripvez bien au long, tant de la disposition de sa personne que de la façon de son voyage, par ou il sera passe et quels sauf conduictz luy auront este octroieez, que du bon traictement que luy aura este &it, et de quy, a celle fin que jen scaîche bon gre a quy jen seray tenue. Quant aux nouvelles de deçà, cedit porteur vous en dira bien au long, quy me gardera vous en faire plus long. Mais bien vous diray que, si je vous recommande les affaires de votre maistre, ce nest pas par faulte destre asseuree que vous avez autant daflection c(Mnme moymesmes, mais cest seuUement pour satisfaire au désir maternel quy me contrainct vous pryer de contynuer comme vous avez faict jusques icy et vous asseurer. Monsieur le chancelBer, que les peynes quavez prinses, prenez et prendrez, ne seront jamais obliez, et que jespere faire chose pour vous dont vous aurez cause de vous contenter, moyennant layde du créateur, que je supplie vous donner habondance de sa très saincte grâce.

Escrypt a Lussac, ce septième jour de juillet 4 541 . La bien vostre,

Marguerite.

(Contresigné] : Frotté *.

(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n* 17, f. 254.)

1 . Jean Ghogreff, chancelier du duché de Glèves, signataire du traité d'alliance du duc avec François I»'. Il eut pour successeur le docteur Adolphe Olisleger. Voyez Conrad de Heresbach et la cour de Clèves en son temps, par M. le docteur Wolters. Elberfeld, 1867, in-8o.

2. Jehan de Frotté, secrétaire de la reine Marguerite. C'est lui dont M. le comte de Laferrière a si bien analysé les livres de compte dans Marguerite d'AngouUme, In-8<», 1862.

A MoifSBlGNEUB MON FltZ, HONSEIGNEUR lE DUC DE GlEYES.

(Vers le 7 juillet 1541 «.)

Le roi approuve la réponse du duc de Clèves à la reine de Hongrie. — // est satisfait des honneurs qui ont été rendus au duc à son passage à Paris, — Inquiétudes sur Vissue de son voyage.

Monsieur mon fiylz. Vous savez par les lettres du Roy comme il a trouve votre response a la roine de Hongrie sy bonne quil nest possible de plus, et a este fort ayse de ce que tous ses subiects vous monstrent, par Ihonneur quilz vous hont feict en la vile de Paris, lamour quil vous porte, laquelle, je vous aseure, croist tous les jours, et souvant regrette votre absance. Je remetray a ces lettres et de Monseigneur le cardinal de Toumon a vous dire le surplus des nouveUes très bonnes qui a toute heure luy viennent, et aujourduy je vous despecheray le jSlz de votre vischancelier *, quy passera par votre famé pour luy porter les lettres que vous luy escripves, que je suis seure luy sera grant plesir de voir la bonne amour que vous luy portes, car elle ne son père ne moy ne serons a nos ayses que nous ne saichons que vous soyez arive en vos pays en bonne santé, ce que jespere que vous seres. Et après vous avoir presante lesdites afectueuses recommandations du Roy, votre père, et de moy, suplyons notre Seigneur vous conserver longuemant en ausy bonne prospérité que pour soy la désire Votre bonne mère et leale amye,

MlRGUiaiTE.

(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 428.)

1. Cette lettre n*est pas datée, mais une lettre du duc, du 30 juin 1541, nous permet d'en marquer la date. Le duc envoie au roi le récit de sa réception à Paris et la copie de sa réponse à la reine de Hongrie (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, no 17, f. 243). Voyez ci-dessus, p. 128.

La lettre de Marguerite est autographe.

2. Peut-être Adolphe Olisleger. Voyez la note de la lettre V.

DB JEANNE d'ALBRET. 295

vn.

A Monseigneur mon filz, honseignbue le duc de Gleves. (Juillet 1541 ^)

Le roi envoie un messager à M, de Vely. — Confiance du roi en le duc de Clèves. — Encouragements à le servir*

Monsieur mon fllz. Le Roy envoie ce porteur pour les ocasions quil vous dira devers Monsieur de Velly, son embasadeur, et luy a commande passer par vous pour vous comuniquer sa charge, en quoy le Roy vous monstre bien la flence quîl a en vous et lafection quil vous porte. Et pour ce que voycy le temps ou il fault que tous ces bons serviteurs et amys senploient pour son service, Je vous prye, Monsieur mon filz, que, par extresme diligence envers tous vos parans et amys, vous luy fades connoistre lamour et lobeisance que vous luy voules porter \ car je nestime pas deur a vous, en leaige en quoy vous estes, de monstrer a ung tel Roy votre bonne voulonte, car aces y en a quy lont bonne et nont pas le moyen de la desclairer, comme vous aves ; a quoy je suis seure que vous ne faudres ; mes le désir que jen hay me fait vous prier bien fort de diligenter vos amys le plus que vous pourez. Et parles a ce porteur de ce que vous penceres quy touchera le service du Roy, car il est homme seur et bien estime du dist seigneur^ et, quant a moy, je le cognois si homme de bien que de longtemps je me fie en luy ; par quoy remetray a sa créance la longeur de ma lettre.

Votre bonne cousine et leale mère,

Marguerite.

(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n<» 17, f. 430.)

1 . Cette lettre n'est point datée, mais la triple circonstance de renvoi d'un messager confidentiel à Vely, ambassadeur du roi de France auprès de l'empereur, de la présence de Marguerite à la cour, et enfin des excitations belliqueuses qui forment le fond de la lettre, nous permettent de la dater du milieu de juillet, époque où Ton apprit à la cour l'assassinat de Frégose et de Rincon, et où le roi ordonna à Vely de présenter ses réclamations à l'empereur, alors à la diète de Ratisbonne (Lanz, Correspond, de Charles-Quint, t. H, p. 316). — Cette lettre est autographe.

vm.

A Mo:vsiBua it cHincELisa m Gleyes.

(6 août 1541 ^)

Lettre de créance et recommandation d*un messager envoyé par le roi.

Monsieur le- chancelier. Le roy envoyé ce porteur par devers monteur mon fllz pour les causes que vous pourrez entendre, et oultre si que le congnoissez et quîl est affectionné serviteur de monsieur son maistre, je vous asseure que en le bien traictant vous ferez cbose quy sera fort agréable au Roy, car il layme et estime tel quil est. Et pour ce que vous saura bien au long dire touttes choses, ne vous fera plus longue

lettre

La toute votre,

MAKGUBaTTE.

(Arch. de Duaseldorf, Jullch-Berg, n« 17, f. 43.)

A MoifSBlGNBUa MON ras, M01I8EI67(E1IE le duc de GlETBft.

(Septembre 1541 >.)

Lettre de créance en faveur du sire de L'Estrange et du présent porteur.

Monsieur mon fllz. Le Roy envoie devers vous Monsieur de TEstrange, par lequel antandres bien au long de ces nouvelles \ et ausy vous a depescbe ce porteur, duquel la&îre ce porte très bien, comme il vous dira. Et pour ce, Monsieur mon fUz,

1. Cette lettre n'est pas datée, mais elle est jointe à une lettre de François !•' au duc de Glèves, de môme contenu, qui porte la date du 6 août 1541 et l'indication de Moulins en Bourbonnais.

La lettre de Marguerite est autographe.

2. Cette lettre n'est point datée, mais nous savons par une lettre de la duchesse Maria de Juliers que la première mission de L'Estrange à Ousseldorf est antérieure au 3 octobre 1541 (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n® 17, f. 456).

DE JEANNE d'ALBRET. 297

que vous le connoises et que je la toursjours veu voire afecsionne servicteur et homme quy vous veult et peult fere service, je vous ay bien voulu escrlpre cete lettre par luy pour vous prier le croire et le vouloir bien treiter ; et je suis seure que vous feres plesir au Roy, duquel je remetz a sa créance a vous dire des nouvelles plus au long que ne vous en peult escripre La toute votre bonne mère et leale amye,

Marguerite.

(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 464.)

[A MlDiMB U DUCHESSE DE GlBTBS.]

(Après le 3 octobre 1541 <.)

Réponse à la lettre de la duchesse de Clèves, — Annonce d'un voyage en Navarre, — Protestations d'amitié.

Myn frauwe und suster. Ich byn seer woU zufrieden gewest, als ich uwer guide und ehrliche brieff gesehn, und dank uch in alwege der guider zuneygung und liebden, die ir zu dem Konick von Navarren, myner dochterund mirhait, welchesich herwidderumb fruntlich zu uch erbiethen der verhoffnung uch furderlich zu sehen das ich am hechsten in disser welt beger, als dero wir syn geneigt. Myn frauwe und suster, der Konig von Navarren und ich syn genoedigt m unser landen zu reysen eyne kJeyne Zyt. Davur wir in unser wederkompft mogen besliessen, das so woU ist angefangen und hoif an got daran bald eyn gut end zu sehen, als ich es ferner hab antzigen lassen unserm shone der es uch wirdt sagen. Myn frauwe und suster. Ich bid uch zu haven in uwer gunst und gedechteniss mich sampt dem manne und dochter die mehr uyr dan myn ist. Ure liebe suster und frundthi,

MiRGRETE.

(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n® 17, f. 172.)

1. dette lettre n'est point datée, mais celle de la duchesse Maria de Juliers, à laquelle elle répond, est du 3 octobre 1541 (Arch. de Dusseldorf, Juiich-Berg, n» 17, f. 456).

298 LB MARIAQB

TradMctian.

Madame et sœur. J'ai été trèa-satisfidte lorsque j*ai vu votre bonne et honorée lettre, et je vous remerde de rindination et de rafTection que vous avez pour le roi de Navarre, pour ma fille et pour moi. Us se font de nouveau et affectueusement recommander à vous, dans Tespéranoe de vous voir d*ici à quelque temps ; qui est ee que je désire le plus au monde et à quoi nous sommes très^sposés. Madame et sœur, le roi de Navarre et moi, nous sommes obligés de faire un petit voyage dans nos Etats, afin que nous puissions condure, à notre retour, ce qui est si bien commencé et ce que j'espère voir bientôt arriver à bonne fin, ainsi que je Fai ikit entendre à notre fils qui vous le dira. Madame et sœur, je vous prie de me conserver dans votre faveur et dans votre souvenir, ainsi que mon mari et ma fille, qui est plus vôtre que mienne.

Votre chère sœur et amie,

MiaGCiEaiTE.

A MoRSBIGIfEUa MON RLZ, MONSEIGNEUR LB DUC DE GlEVES.

(Commencement de novembre 1541 *.)

Lettre de créance en faveur de La Planche.

Monsieur mon fllz. La Planche, présent porteur, na voullu pour ses affaires laisser daller en votre service et vous suyvyr jusques a ce que la nécessite de ses dictes affaires le contraindra de revenir. Je luy ay donne charge vous dire touttes nouvelles de ceste compaygnye et vous tenir des propos, dont je vous prye le croire comme personne en quy je me fye et que jay congneu fort affectionne en votre service. Il vous dira aussi la cause quy ma gardée vous escripre de ma main et fera les recommandations du Roy |de Navarre et de celle quy supplie le créateur vous donner aussi bonne et heureuse vye que pour soy la désire

Votre bonne mère et leale amye,

Marguerite.

(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n<» 17, f. 460.) 1. Cette lettre n'est point datée, mais deux lettres écrites de

DE JBANNE d'aLBRET. 399

xn.

A MONSEIGNEUE MON FUS, MONSEIGNEUR LE DUC DE GlETES.

(Vers le 8 novembre 1541 *.)

Lettre de créance en faveur du sire de LEstrange.

Monsieur mon fylz. Je ne vous sauroje sy bien ny sy au long escripre des nouvelles du Roy et de toute cete compaîgnye, comme vous en poures entandre par Monsieur de TEstrange, lequel le Roy vous ranvoye, quy ma este ung très grant plesir, car il a fait ung sy bon et honneste raport de vous au Roy que le dist seigneur eu a este très contant, conune par luy poures mieux entandre*, quy me gardera de vous en faire redicte. Et pour ce quil vous dira ausy des nouvelles du Roy, votre beau père, de votre famé et de moy, et lenvvye que nous avons de vous revoir, et lestât ou sont maintenant nos aSsiires, que vous deves tenir les vôtres comme tout ce qui vous touche tenons pour notre, je nempecherai sa créance de ma mauvaise escripture, estant seure que vous le croires coname bon et leal serviteur du Roy, quy sont ceux en quy vous et moy devons prandre fience. Et je veys pryer Notre Seigneur vous donner aultant de bien et donneur que Madame votre mère et moy vous en desirons, a laquelle, avesques vous, ce va, pour fin de lettre, afectueusement recommander, et ausy fait le Roy, votre beau père, que je vous puis aseurer vous ayme aultant que sa propre fylle. La toute votre bonne mère et leale amye,

Marguerite.

(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 424.)

France au duc, Tune le l*», Tautre le 4 novembre, nous apprennent que la mission de La Planche, trésorier du roi, est du commencement de ce mois (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 321 et 334).

1. Cette lettre n'est pas datée, mais une lettre du cardinal de Tournon au duc de Clèves, du 8 novembre 1541, nous apprend que la seconde mission de L'Estrange est de cette date.

La lettre de Marguerite est autographe.

300 LE MARIAOE

xm.

A MoUSEIGNEVa MON FILZ, HONSElGNEUa LE DUC DE ClETES.

(12 novembre 1541 <.)

Jeanne d'Albret envoie au duc une enseigne, — Son amour pour le duc, — Il serait utile de lui envoyer un messager. — Etat de sa santé. — Le roi voulait qu'elle allât à Fontainebleau; opposition de la reine Marguerite.

Monsieur mon fylz. Sy toust que jay heu nouvelles de votre famé, vous hay despeiche ce porteur, lequel vous porte de sa part une ensaigne quelle vous a fkit feire.

Ce ne luy sera petit plesir quant entandra que vous laves pour agréable. Et pour ce, Monsieur mon fylz, que ce porteur est seur et loyal, je le vous envoie, car par luy poures entandre toutes chouses a la vérité. Et afin que plus verilaiblement vous puisies savoir de mes nouvelles en labsence de votre embasadeur, je vous prye envoier quelque bon personnaige en quy vous ayes fîence et quy ne connoise que vous, lequel, après avoir veu votre famé et tous vos amys, vous fera tel raport que vous seres contant de son voyaige-, car vous saves que lettres nont point de répliques et sont en dangier destre veues, mes ung bon s^vitteur dira toursiours la vérité. Et vous feres ung grant plesâr a votre famé de lenvoier visiter, car il ny samble que vous laves mysse en obly ; et pour le désir que jay que lamour qui est sy bien commancee en votre mariaige ce puise augmanter, veu quellest en lieu ou elle a son père Henry délie ung couste^ et son mary de laultre, et que je ny puis estre, je say quelle aura

1. CSette lettre n'est point datée, mais € Tensaigne » doit être le présent de Jeanne dont il est parlé dans la lettre suivante, laquelle est datée du 12 novembre 1541. D'autres circonstances, le voyage du roi de Navarre à Plessis-les-Tours, les négociations du roi de France avec Henri YHI, confirment cette attribution de date.

Cette lettre est autographe.

2. Le roi de Navarre était venu à la cour pour connaître les résolutions du roi sur la prochaine entrée en campagne. Il s'était arrêté à Plessis-les-Tours. Voyez ci-dessus, p. 159.

DE JEANNE d'aLBRET. 301

une merveilleuse joye de voir que vous aves soulcy délie. Je lenvoye souvant visiter pour la consoler. Elle ce porte bien, mes elle est encores bien maisgre, et a este deux moys en mauveisse couleur, pasle et ung peu jaubie, ce que Ion mavoit celle jusques a ce quelle en est guérie. Lon luy donne force pacetemps, mes elle ne peut engrossir. Liver lamendera car elle sy trouve myeux que en este. Tout le désir que jay de sa santé, cest que bien toust elle soit pour vous donner le plesir que ung mary en doit recevoir et la joye que le Roy de Nawarre, Madame votre mère, ma bonne seur, et moy le desyrons. Le Roy vouloit quelle vint a Fontainebleau, mes par deux foys elle y a pris ces grandes maladies, car cest ung lieu fort humyde. Jame mieux perdre le plesir de la voir et la lesser croistre et nourir que de la voir et empescher pour une petite joye la grande ennuy. Je natans quant je la vous mènerai, quy est bien souhaitée, mes Dieu seul peult donner la force et la santé dont je le suplye a vous donner ausy et a Madame ma seur ausy bonne et longue vie que pour soy la désire

La toute votre bonne mère et leale amye,

Marguerite.

Vous voudres bien que ma fille, Mademoiselle de Gleves*, treuve icy mes recommandacions, et je vous envoie une lettre de lembasadeur du Roy en En^eterre que vous tiendres, sil vous plest, secrette *.

(Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n® 17, f. 466.)

1. Guillaume de Glèves eut trois sœurs. L'aînée, Sybille de Clèves, avait épousé, le 9 mars 1527, Jean Frédéric, électeur de Saxe; la seconde fut Anne de Glèves, qui épousa Henri VIII le 6 janvier 1540; la troisième, Amélie de Glèves, mourut sans alliance. G'est sans doute à cette princesse que s'applique la désignation de Marguerite d'Angoulôme.

2. Henri VHI avait épousé le 6 janvier 1540 Anne de Glèves, sœur du duc Guillaume de Glèves. Peu après il la répudia pour épouser, le 8 août 1540, Gatherine Howard. Mais, au mois de novembre 1541, une prétendue enquête convainquit Gatherine de mauvaise conduite avant son mariage et d'adultère. Nouveau divorce de Henri VHI. Il fut alors question de rétablir Anne de

908 LE HARIAOB

A HONSIEUE LE GHiNCBLIER DE GlETES.

(Gravant ^, 12 novembre 1541.)

Lt roi envoie L'Estrange et Serrant en Allemagne. — Présent de Jeanne au due, -— Sa sollicitude pour lui. — Demandé de l'envoi d'un messager confidentiel.

Monsieur le chancellier. Encores que par monsieur de TEstrange et monsieur de Serrant, que le roy envoya yer en AUemaigne, monsieur mon filz pourra avoir bien au long entendu les nouvelles de par deçà, je nay voullu laisser de luy envoyer ce porteur, tant pour luy en dire que pour luy presanter ung présent que sa femme luy envoyé, laquelle, je vous asseure, est en grant poyne, dont elle n'a nouvelles bien certayne de sa santé, et a heu plus dennuy que je neusse pence que son eage Teust peu porter, quant elle a entendu quon luy avoit voulu faire quelque traison en aulcunes de ses villes, craignant aussi que Ion en peust faire a sa personne ; et ma escript quelle ne sera point a son aise jusques a ce que par quelquun de ses gens elle en fëust asseuree; par quoy il me semble bon et de bien bon cueur vous prye quîl envoyé quelque personnaige de son conseil pour la visiter, et quy soict sy seur que je puisse

Clèves sur le trône d'Angleterre. François I* soutenait énergiquement la princesse allemande. (Voyez les lettres de Ghapuis, ambassadeur impérial, à Gharles-Quint, Bulletins de la commission d'hist. de Belgique, 2« série, t. Vil, p. 142.) La lettre de Fambassadeur de France, Gbarles de Marillac, dont il est ici question, est datée du 29 octobre 1541, et adressée à la reine Marguerite. Elle nous apprend que Henri VIII s'emparait des croix et des reliquaires d'or et d'argent et des tableaux précieux des églises catholiques, que l'ambassadeur de Glèves lui avait présenté plusieurs demandes au nom d'Anne de Glèves, l'épouse répudiée, que la princesse serait bien traitée, et qu'il espérait môme que le roi la reprendrait avec lui. Gette lettre est conservée aux archives de Dusseldorf (Julich- Berg, no 17, f, 343).

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