Lettres de Marguerite d'Angoulême, t. I, p
de prendre Perpignan en quinze jours ^ Mais le roi exigeait 1 00 mille francs de subsides et ne s'engageait à payer l'armée expéditionnaire que pendant deux mois; passé ce délai, la solde restait à la charge du trésor de Béarn. Cette dernière clause paraissait d'autant plus rigoureuse que François P' allait recevoir de Soliman, son nouvel allié, un million en or. La proposition livrait le roi et la reine de Navarre à de nouvelles perplexités. Une campagne au-delà de la Bidassoa répondait à un vœu ardent, longtemps caressé sans espoir. Ils hésitaient, quand l'indiscrétion d'un capitaine (Descurra ne le nonmie pas) leur apprit que les ofi&^s du roi étaient un leurre, qu'il ne voulait rien tenter en Navarre, mais seulement rompre les négociations de la maison d'Albret avec l'empereur. Le prince sut réprimer sa colère ; il répondit au message du roi que le Béarn repoussait la guerre et ne voulait s'agrandir que pacifiquement*.
La maladie du roi de Navarre interrompit les négociations. Au mois de juin, il acheva sa convalescence au château de Saint-Cloud, qui appartenait alors à l'évêché de Paris. A la fin du mois, il alla à Vanves. « Il s'y est « assez bien trouvé, écrit la reine Marguerite, et com- « mence à se pourmenerpar la chambre^. > Aussitôt rétabli, il revint en Béarn avec la reine. La guerre était partout. L'armée espagnole menaçait les frontières du Sud; Marguerite craignait ou feignait de craindre une
1. Lettre de Jean de Hannart à Tempereur (Arch. nat., K. 1484, no 70).
2. Rapport de Descurra, daté du 15 juin 1537 (Arch. nat., K. 1484, n» 78).