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durable, qui serait son œuvre, serait récompensé par la restitution de la Navarre ^ L'empereur ne le désabusait pas et montrait même le désir d'une entrevue avec lui. Au conmiencement de 1 537, la Picardie était le théâtre de la guerre et la campagne avait débuté par quelques succès du roi de France. Vers le mois de mars le roi de Navarre, bien instruit par Descurra des intentions de Gharles-Quint, se rendit à Paris. Il vit le roi et Montmorency à Chantilly. François P' ne rêvait que la guerre et se croyait assuré d'abattre son rival. Soliman menaçait l'empire d'Allemagne; et la répubUque de Florence, de tout temps dévouée à la cause impériale, était agitée par les émissaires français. Le roi détourna son beau-frère de l'entrevue désirée par Gharles-Quint et repoussa hautement les propositions de paix dont il était porteur; le prince retourna à Paris, découragé dans sa médiation. Huit jours après, tout était changé . Henri d' Albret , rappelé à Chantilly par un avis du grand maître, trouva le roi découragé à son tour; Soliman ne s'avançait pas; Florence s'était calmée; Henri VIII se montrait hostile à la France. Cependant François P ne pouvait se résigner à la paix; il renvoya le roi de Navarre au lendemain pour une réponse définitive. Il lui parla avec amitié de leur ancienne alliance et de soii désir de la cimenter à nouveau par un mariage entre Jeanne d' Albret et un prince français. Le lendemain, de bonne heure, le roi partit subitement sous un prétexte, sans voir le prince, conmie pour échapper à l'obligation de se prononcer.
1. La politique du roi de Navarre est ainsi expliquée dans les instructions de Gharles-Quint (Arch. nat., E. 1484, n<> 93).
Le roi de Navarre reçut quelques jours après, à Paris, un messager chargé dune simple mission verbale; François V" mettait à la paix des conditions qui la rendaient impossible. Dans son dépit, le prince écrivit directement à l'empereur. Après lui avoir exposé ses démarches à Chantilly et à Paris et. la mauvaise foi du roi, il traite, comme d'une clause à discuter, du mariage de sa fille et de l'infant don PhiUppe. Si le projet était admis, disait-il, on pourrait le dissimuler en paraissant s'occuper pour la princesse d une alliance avec Henri de Foix, comte de Gominges, fils du maréchal de Lautrec, descendant des anciens comtes de Foix et parent de la maison d'Albret, ce qui permettrait à son père de la conduire en Béarn. Cette précaution prouve qu'il n'était pas absolument libre de disposer de sa fille.
Ainsi le roi de Navarre venait de lui-même aux projets de l'empereur. Charles-Quint cependant dissimula son empressenàent. Après avoir discuté ces propositions en conseil, il arrêta les points suivants : ménager le prince et la princesse d'Albret et poursuivre les négociations avec eux, surtout celles du mariage proposé; leur conseiller évasivement de retirer leur fille des mains du roi de France\ On s'étonne de ces hésitations; mais François P'" était prêt à signer un traité d'alliance avec le sultan Soliman* et l'empereur voulait se réserver sa liberté d'action.
i. Résumé de chancellerie, daté de mars 1537, en espagnol (Arch. nat., K. 1484, n* 73). Cette importante pièce présente tout le récit de cette partie de la négociation.
2. Avis du conseil d'État d'Espagne à l'empereur, daté du 13 juin 1537 (Arch. nat., K. 1484).
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Le dépit de se voir éconduit avait jeté Henri d'Albret dans les lacets de la politique impériale* Le roi de France pressentit le danger de voir ses plus fidèles alliés passer à l'ennemi. Vers la fin de mai, Henri et Marguerite étaient en chemin pour rejoindre la cour à Hesdin ou à Amiens. De là ils devaient aUer chercher Jeanne d'Albret à Âlençon et la conduire en Gascogne. La jeune princesse venait d'être malade à propos c d'un € grand devoyement d'estomach * > et le désir de rétablir sa santé pouvait servir de prétexte. En route, à SuUy, ils reçurent un message de François P'. Le roi leur proposait l'envoi sur la frontière d'Espagne d'un corps de 17,000 honmies, composé de mercenaires allemands et de levées gasconnes. Henri d'Albretaccueillit froidement cette oflft^ qu'il ne jugeait pas sérieuse. Cependant il revint à Paris. Il tomba malade et fut obligé de garder le lit pendant dix jours. On tint de nombreux conseils au chevet du prince béarnais. Mai^uerite, suivant un rapport de Martinez Descurra, cherchait à faire prévaloir l'alliance de l'empereur; suivant Jean de Hannart, elle tenait le parti de son frère; cette appréciation est la plus vraisemblable; les conseillers du prince inclinaient du côté du roi de France. Un seul, le seigneur de Barbezieux, était d'un avis différent; il rappelait sans cesse à son maître la vanité des promesses du roi. Ces discussions fatiguaient le malade sans l'éclairer ; il ne prit aucun parti. Au bout de peu de jours arrive un nouveau messager du camp. Le roi voulait transporter la guerre en Navarre ou en Catalogne. Montmorency se faisait fort