ACTE I. SCÈNE X
Tobjet de ma passiôa: car, à votre moosieur^ on épouse. toujours; ct^>;cemme vous (c’est l’usage),- .je menaçais dçn me tuer... Savez-vous .quelle fut, la ifénonse de mon pere? V.., j
. EDOUARD. Non, vraiment. .j.,,.
M. DK BRKM. Exactement celle que. 4e viens de vous faire..i. ,, J’aime, mieux te voir mort...‘^ J’avais une mauvaise têtec et, quoique, à dix-huit . ans, il me. parût cruel de, renoncer à la vje, à la gloire,
• . ^ ^ qui s’ouvrait devant
moi, je ne voulus point en avoir )e déimenti...' et un beau jour, ma, maîtresse et moi, nous prîmes le dernier . chapitre de Werther... une dose d'opium;, et nous nous empoisonnâmes' de compagnie. •. -, -,
KDOUARD.. O ciell, . . .
M. DE BRRM. Par malheur, on vint à nor tre secours; et par un malheur plus grrand encore, mou pere, en voyant un. tel .amour* se relâcha de ses principes, .et eut«la<fairblesse de. consentir à cette union... Un
plaidions en séparation, et jetais le plus malheureux des hommes..* Voila> monsieur, voilà comment, la .plu-part du temps, commencent. el;, finissent les mariages d'inclination. .
ÉDOUARD. Que m’apprenez- vous là! - .
.. M. DS RREM. Ce que vous auriez>dij tou*^ jours ignorer... Quelque temps après, je devins veuf, et cette fois je contractai un mariage de raison... J'épousai votre mère, IF. 2. 3
que j’appréciais^ que j’estimais y mais que je n'adorais pas... L’amour est venu plus tard, vous le savez; non cet amour qui tient du délire des sens ou de l’imagination; mais cet amour véritable^ cimenté par le temps, par notre bonheur mutuel, par toutes les vertus que je découvrais en elle... Cette félicité de tous les instants, cette paix intérieure du ménage... vous en avez été témoin... que ce souvenir-là vous guide... Pensez à votre mère, et choisissez.
EDOUARD. A cela je n’ai rien à dire, sinon que votre première inclination était indigne de vous... mais que Suzette a été recueillie, élevée par ma mère, et que les vertus qu’elle en a reçue peuvent répondre d’elle et de sa constance. ,
M. DE BREM.^ SB levaut. (.Édouard se ' iève aussi.) £t qui me répondra de la votre? quoiqu’un père doive ignorer bien des choses, elle n’est pas la première que vous aimiez, je le sais; et quand cette première ardeur se sera évaporée, que votre amour pour elle sera dissipé ... il ne vous restera plus rien que le sentiment de votre faute et les regrets de l’avoir commise. Ce sont ces regrets que ma prudence veut vous épargner: et jusqu’à ce que la raison vous revienne , je saurai bien vous rendre heureux malgré vous...
Dès ce soir donc^ vous quitterez ces lieux.
KDOUARD. Moi I que dites-vous?
avz. , çug tntrèe sur ces derniers