‹ Le mariage de raison, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 43 sur 67 · Scène III · texte numérisé non relu

Scène III

SUZETTE, M. DE BBEMONT.

M. DK BREM. Nous sommes seuls, enfin...

et je puis te remercier de ton courage et de ta générosité... tu en seras récompensée, j’aime à le croire... et^ Bertrand te rendra heureuse... tu sais maintenant combien il t’aime... et, malgré cet amour, tu

LE MARIAGE DE BAISOl^.

as vu sa soumission ^ son respect, quand tu lui as dît que tu desirais me parler, rester seule avec moi.

suzBTTE. Ah! je lui en sais gré... ce que vous mouvez dit, ce que je viens d^entendre, tout cela më rassure... Je pense, comme vous, que Bertrand est un honnête homme... je desire Taîmer... j’y ferai mon possible.

M. DE bremont. Et tu y parviendras . .. >

(Après un instant de silence.'^ Je vais t partir, Suzette, et j’emmène avec moi mon ; fils.

suzETTE fait un mouvement et se reprend»

Ah! tant mieux!

M. DE BBEM. Il n’a pas assisté à ton mariage.

SUZETTE. Je l’en remercie.

M. DE BRBKi. Ce remercîment-là , je le garde pour moi; car j’avais eu soin de l’enfermer à la clef... et je viens seulement tout-à-l’heure de lui rendre la liberté... Je donne à Bertrand et à toi, Suzette, ce pavillon , qui est à l’extrémité de mon parc, et les trente arpents qui en dépendent... c’est bien peu... j’en conviens; mais j’ai craint que, si l^on se doutait déjà de l’amour de mon fils, un présent plus considérable ne confirmât les soupçons... et, avant de songer à la fortune de ton mari, j’ai songé d’abord à son repos... plus tard, je verrai.

SUZETTE. Ah, monsieur le comte! c’est déjà trop; et, par une telle générosité, c’est porter préjudice à votre fils.

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