ACTE I. SCÈNE IV
al vu toute la soirée danser avec made> moiselle de Luceval.
ÉDOUARD. C^est mon père qui me Pavait ordonné.
. suz. Parcequ'il veut vous marier avec elle... je n’en puis douter; j^en suis sûre. ÉDOUARD. Qui te l’a dit ? où l’as-tu vu ?
suz., montrant son cœur. Là... il est des pressentiments qui ne trompent jamais...
ÉDOUARD. Ët moi, je jure que jamais je ne consentirai à une pareille union; ou plutôt, il est un moyen de te rassurer^ et de la rendre impossible.' suz. Quel est-il?
ÉDOUARD. Ce n’est ici ni le lieu ni le .moment de te confier mes projets. Voici l’heure où l’on descend dans le salon, et l’on peut nous surprendre... Mais tantôt, après le déjeuner, ils partent tous pour la chasse... mon père, ainsi que ces dames...
Mol, grâce à mon indisposition, il me sera permis de rester... Nous serons seuls, dans la maison... je t’attendrai ici.
suz. Seule... ici... avec vous?... Non, Edouard, ce ne serait pas bien; je ne le puis.
ÉDOUARD. Tu veux donc encore ajouter à mes mauxl... tu veux me voir mourir, et en être la cause!
suz. Que me dites-vous là?... moi! vouloir votre mort!... c’est mal à vous d’employer un tel moyen pour me décider...
Vous êtes le fils de ma bienfaitrice, vous ne pouvez pas me tromper... je viendrai.