LE -9IARIAGE DE RAISON
suz., se cachant la figure avec la main.
AhI monsieur, que me. dites-vous làl ' ’ ÉDOUARD. D’abord, je l’avoue, j’ai cherché à me faire aimer de toi; puis’ j’ai rougi de 'mes .projets.;, j’ai voulu te fuir, te traiter avec'' froideur, avec -dureté , te parler comme* un' maître... mais ta bonté et ta douceur m’ont toujours désarmé...
et ce qui- a achevé 'de -renverser '.toutes mes idées,' toutes mes résolutions, c’est que cet amour • qui’ me ‘dévorait, ‘il* m’a été facile ; depuis quelque ’ temps de voir que tu le partageais. : • .
. suz«, naïvement. Kj' est vraî...-'^ - '
Édouard; .Tu m’aimes» donc maintenant?
suz. ' 'Maintenant..;' non , ça, a toujours été de même; :mais c’est depuis quelque temps seulement que je m’en suis aperçue.
Édouard. Grands dieux I ,
suz. < Mais vous , .monsîeùr Edouard, vous ne. devez pas le* savoir; vous devez l’ignorer. Obtenez de votre père que je quitte ces lieux..; que je m’en aille. ' ÉDOUARD. Tu veux-quitter ces JieuxI^ »
suz. Oui... je ne, puis pas y Vivre... je souffre trop;' tout m’y rappelle' les bienfaits de votre mère ; votre état,' le mien, et la distance qui* 'nous sépare... Et -jugez, monsieur, jugez des tourments que j’éprouve, lorsque je voùs dirai qu’hier, pendant ce bal, de la’ î première, pfèce-. dont les portes étaient ouvertes,, je vous ai vu, dans 'ce ‘salon*: qui m’est ‘interdit,, je vous