SCÈNE VIII
BERT11ANI), pu» PINCHON.
BERTRAND, seul, essuyant une larme.
Ah! le brave homme !... Mais c’est toujours j bien désagréable de partir ainsi, au moment...
PlïACHON, entrant par la porte du fond.
Eh bien... tu as vu le général ?
BERTRAND
Oui... il sort d’ici.
PINCHON
Et tu lui as parle ?
BERTRAND
Sans doute.
PINCHON
Eh bien , tant mieux, cousin... Tout ce que je demandais , et ma femme aussi , c’était de te voir marié... Il est si doux d’être en ménage !
Moi , avec madame l’inchon, qui fuit tout ce que je veux , je suis le plus heureux des hommes... je suis lit comme un roi.
BERTRAND
Morbleu ! c’t autre qui vient me parler d’ ça an moment où je pars !
PINCHON
Il sc pourrait !
BERTRAND
Ata de Marianne.
Mon general ine le demande;
Pouvais-je refuser, hélas!
PINCHON
Oui, ta complaisance est trop grande,
Et je dirais... Je ne vrux pas.
BERTRAND
Sur des soldais Tu ne sais pas C’ qu'un général et 1’ devoir Ont de pouvoir :
Qu'il dis' seul’ ment :
Marche .. en avant!
Fnt-ce ati trépas.
On y va l'arme au bras.
Quand d'obéir on a l’usage , lorsque la discipline est la,
Ça n coûte rien.
PfNClION -
Jc connais ça :
(i'est comme dans mou ménage.
BERTRAND
Du reste... je te conterai tout cela pendant notre dîner, car nous allons dîner ensemble, avant mon départ.
PINCHON
Je ne demanderais pas mieux , mon ami , mais jene peux pas, parcetpie madame l’inchon est au marché, où je «lois l’aller reprendre.» et si j'y manquais, vois-tu, cela serait mal.
BERTRAND
J’en suis fâché! alors... je voulais te dire... Il me faudra de l’argent pour mon voyage; et, comme je ne veux pas en demander à monsieur le comte, il faut que tu m’en prêtes.
PINCHON
Pour ça, cousin, et avec plaisir... Mais auparavant, il faut que j’en parle à madame Pinebon , parccque si je faisais quelque chose sans la consulter...
BERTRAND
Al» çà... quel diable d’homme cs-tudonc?...
tu ne peux donc rien faire sans sa permission ?
PINCHON
C'est là le bonheur du ménage, mon ami ; c’est ce qu'il y a de plus doux : tu le verras.
BERTRAND
A la bonne heure... Je n’ai plus qu’un service à te demander, si toutefois madame Pin— chon,ma cousine, ne s'y oppose pas... Écoute: je vais partir d’ici avec monsieur Édouard... Nous allons voir les Grecs...
PINCHON
Les Grecs !
BERTRAND
Oui... Je n'ai jamais servi dans ces régiments-là... mais les Grecs... vois-tu... ce sont de braves gens , des malins qui ne boudent pas... Il parait qu’on se bat chez eux, et gaillardement... c’est même le seul endroit , dans ce moment, où il y ait des coups à gagner... et comme je connais monsieur Edouard, il ira en amateur.
PINCHON
Tu crois?
BERTRAND
Or, malgré ma jambe, tu sens bien que je ne le laisserai pas en route.
PINCHON
Quoi ! tu n’es pas content de ce que tu as
«léja ?
BERTRAND
Non... l'appétit vient en mangeant , comme on dit... Et si le hasard voulait... tu m'entends bien... c’est «lans les possibles... je te prie de remettre cette lettre et ces papiers... à la personne que tu sais bien... Ce n’est pas pour cela que je les avais pris... mais enfin, c’est dans ces cas-là que l’on compte sur ses amis.
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