‹ Le mariage de raison comédievaudeville en deux actes par mm. Scribe et VarnerChapitre 31 sur 42 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

SUZETTE, «cale.

Mon mari!... je suis donc mariée!... je ne puis le croire encore... et avec qui?... pauvre Bertrand ! m’aimrr depuis deux ans , sans me l’avouer, sans me le dire... et comment ne m’en suis-je jamais aperçue?... ah! c’est que mon cœur et mes yeux n’étaient pas là... Pourvu qu’il n’ait pas de soupçons... pourvu qu’il ne

sc doute pas de l’amour d’Édouard... Heureusement notre jeune maître s'éloigne, et je veux tout oublier... oui, tout... (regardant le papier.) excepté ses bienfaits... Que je voie encore son écriture, et ce sera la dernière fois... oui, je le jure, la dernière fuis que je penserai à lui... Voici donc cet acte... O ciel! une lettre de lui... ( I*a lisant à la hâte. ) « Tu es mariée, et je « n’ai pu l'empêcher... mais si mon bonheur,

« si mes jours te sont chers , il faut qu’avant « mon départ je te voie, ne fût-ce que cinq «minutes. » (S'interrompant.) Qui, moi !... jamais!... (Lisant.) « Si tu y consens, si je puis me « présenter à tes yeux... ouvre le volet du pa- « villon. Si tu me refuses, songe que je suis «là, sous ta fenêtre... que le fer est dirige « contre mon sein... et que j’attends de toi ou ■ la vie ou la mort.», prononce. * — Ah ! le malheureux! il le ferait comme il le dit!... et c’est moi qui l’immolerais!... non, quoi qu’il arrive ! (Elle court à la fenêtre , dont elle ouvre le volet.)

On vient... est-ce déjà lui! non, c’est Bertrand... c’est mon mari.

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