‹ Le mariage de raison comédievaudeville en deux actes par mm. Scribe et VarnerChapitre 41 sur 42 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Précédents, BERTRAND.

Ah! Bertrand. .. le voilà.

BERTRAND

Oui, mille-z-yeux... tout est prêt ; et presque tout sera aussi bien que si mademoiselle Sujette l’avait commandé... Une table de cinquante couverts sous la grande allée de tilleuls, et cela rien que pour les fiançailles... Voilà déjà tous nos convives qui arrivent... ainsi , partons.

PINCUON.

Et monsieur Édouard?

BERTRAND

Je ne l’ai pas vu ; mais je ne suis plus inquiet , pareeque son père lui-même est tranquille, et m’a dit : Je sais où il est... C*est quelque affaire qui lui sera survenue... Il reviendra plus tard, je l’espère.

SUZETTE , à part.

J’espère bien que non...

MADAME PINCHON

Ce cher Bertrand!... tiens , cousin , je t’en prie, laisse-moi l’emhrasser.

BERTRAND

Bien volontiers!... morbleu... ce baiser-là... avec la permission du cousin.

MADAME PINCHON

Moi , je le donne sans permission , (avec aticndi i vMiiicnt. ) jtareeque tu es un hounélc homme.

PINCHON , pleurant dé joie.

Un brave et digne garçon.

BERTRAND , les regardant avec étonnement.

Air : Ce luth galant.

Qu'avez-vous donc? d'où vient c‘i air attendri ?

Ils pleurut tous deux... ch quoi !... Suzette aussi !

' Omette, Ikitiand, madame Pi nrlion , Pinclion.

( Courant i elle.)

Qui peut causer ces pleurs, qu'en vain vos yeux re- -( tiennent ?

Je n’ veux rien d’ vos plaisirs , qu’à vous seule ils [ reviennent.

Mais me v'U marié,

Vos chagrins m'appartiennent ,

Et j’en veux la moitié.

MADAME FINCHON.

Des chagrins!... elle eu avait; elle n'en a I plu,.

BERTRAND

Est-ce vrai, mademoiselle Suzette?

SUZETTE

An de U Robe et les Bottes.

Je n'en ai qu'un , un seul qui m’inquiète.

BERTRAND

Lequel?

SUZETTE

D'où vient que , meme entre nous deux , Vous m’appelez toujours mam'sclle Suzette?

BERTRAND

Cest que j’ n'ose pas dire mieux.

C’est p' l’être aussi dans votre intérêt même ;

Car votre nom , quami je 1' prononce, hélas !

Me rappelle quelqu'un que j'aime;

Le mien , quelqu'un qu* vous n'aimez pat.

Oui, votre nom m' rappell’ quelqu’un que j’aime; Le mien , quelqu'un qu' vous n'aimex pas.

SUZETTE

Cest ce qui vous trompe... je suis votre femme... je suis fière d’en porter le nom.

BERTRAND

Qu'entends-je ! il serait possible !

SUZETTE

Silence... Voici monsieur le comte.

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