‹ Le mariage de Vade comedie en trois actes et en vers precedee d'un prologueChapitre 11 sur 64 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les MÊMES, NICOLLE, descendant l'escalier un éventaire au bras.

MADAME DE BEAUPRÉ

Oh I voyez celle blonde aux grands yeux espiègles. Fraîche comme un bleuet dans l’épaisseur des seigles. Parle-t-elle poissard ?

VADÉ

Tiens, Nicolle I

MADAME DE BEAUPRÉ

Vous la connaissez?

Vrai mon 1 1

VADÉ, embarrassé.

Moi! non! si! légèrement.

(A part.) Diable ! comment sortir de là? si je l’évite, Madame de Beaupré s’en apercevra vite.

Peste de la Nicolle!

Eh bien ! monsieur Vadé, Lui parlez- vous... poissard?

LE MARIAGE DE VADfi VADÉ, i« part.

Bah ! j’y suis décidé;

Du courage (haut). Morgue, t'es donc millionnaire? Quel joli casaquin! ça sent son mousquetaire D'une lieue. — Hein? pas vrai?

NICOLLE

S'il n’est pas de velours.

Il vaut bien les chiffons de ta dame, toujours I C.’ost avec mes gros sous que j’en ai fait l’empletle :

Je n’ai pas de messieurs pour payer ma toilette.

— Mais, qu'est-ce qu’elle a donc sous le nez, de si laid ? Un mouche, qu’on dit! — la mouche dans du lait,

Cela va bien avec son visage à la crème !

MADAME DE BEAUPRÉ, bas à Vanloo.

Un peu moins, elle aurait de l’esprit.

Tout de même,

Tu fais bien les honneurs de ton logis.

NICOLLE

Qui, moi?

Je riposte toujours, quand ce serait au roi,

Voilà! je ne sais pas lire dans le grimoire,

Et la-dessus, bonjour, je t’attends à la foire Saint-Laurent, tu viendras, n’est-ce pas vrai, vaurien?

MADAME DE BEAUPRÉ

Est-ce que vous irez?

VADÊ.

Certes!... peut-être bien.

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