VUI PRÉFACE
Vadé, dans un temps où il était de bonne compagnie d’aller faire une débauche au cabaret?
Nous n’avons que des remerciements et des éloges à adresser à nos interprètes qui, par leur zèle et leur talent, ont élevé cette saynette sans prétention à la hauteur d’une comédie.
Thiron n’a jamais eu plus de verve, plus d’autorité, plus d’ampleur que dans ce rôle. Il est magnifique en marquis au troisième acte. C’est un artiste consciencieux et prime sautier tout à la fois, un des rares qui conservent encore cette science du bien dire, qui va se perdant de jour en jour.
Mademoiselle Delàhaye, dont le public aime la jeunesse et l’entrain, a détaillé avec un grand art les côtés différents que contenait le rôle de Nicolle. Touchante et gaie, spirituelle et émue, sachant pleurer çt sachant rire, elle a prouvé une fois de plus qu’elle était une
des plus légitimes espérances de la comédie moderne.
Mademoiselle Debay a prêté sa distinction native, son
sourire et sa grâce parfaite à madame de Beaupré. Disant net et juste, elle a montré la souplesse d’un ta-
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lenl qui jusqu’ici s’était surtout développé dans le drame.
M. Rey, chargé du personnage de Vanloo, a su éviter les côtés que ce rôle pouvait avoir de dangereux : ivre, il reste artiste; Arlequin, il n’est pas saltimbanque, il est toujours franc et de bonne humeur.
Le rôle du marquis bafoué présentait des difficultés sérieuses qu’un débutant, M. Ludovic, a su esquiver. Madame Lemaire a fait valoir avec conscience un rôle tout à fait accidentel.
A. R. — J. du B.