SCÈNE II
VADÉ, MADAME .DE BEAUPRÉ, en bergère Watleau.
( Au moment où la Marquise entre, Vaüé se trouve en face d’elle.)
. VADÉ, s'inclinant profondément.
Ah 1 bergère, tudieu ! vous êtes adorable !
Quel amour de chapeau 1 quelle robe admirable ! Amaryllis n’est pas si belle au fond des bois,
Quand Tityre à ses pieds fait chanter son hautbois.
MADAME DE BEAUPRÉ, moqueuse. A
Oh ! monsieur le marquis, on croirait vous entendre Débiter du Segrais que vous venez d’apprendre.
VADÉ
Ce que je vous dis là, des yeux me l’ont appris,
Dont je suis, palsambleu ! très-follement épris I
MADAME DE BEAUPRÉ
Quel jjst le nom français de ces yeux là ?
LE MARIAGE DF, VADÊ VADÉ, la menant à la glace.
Bergère,
Regardez! Vous voyez la nymphe qui m’est chère.
C’est du dernier joli ce que vous dites là!
VADÉ, modestement.
Je dis la vérilé. •
MADAME DE BEAUPRÉ, s’asseyant.
Mais je connais cela.
L'hôtel de Rambouillet, quand il était en vogue,
A filé le linceul de la dernière églogue.
Amaryllis, chaussant des mules à talon,
Au bois harmonieux préfère le salon.
C’est sur une ottomane, et non sous un cytise,
Qu’en habit de salin Tilyre la courtise. —
Ils ne se donnent plus d’agrestes rendez-vous,
En couplets alternés, sur la flûte à sept trous : —
Ils sont passés les temps de Rhée et de Saturne,
La nymphe a de nos jours du champagne en son urne. L’églogue a pris les airs dos dames du grand ton,
Et l’idylle se met des mouches au menton.
(Se levant)
Laissons donc de côté la bergerade antique. —
Virgile reviendrait, qu’au son de la musique De Rameau, — transformant l’églogue en madrigal.
Il me prendrait le bras pour me conduire au bal.
En ce cas, je ferai ce qu’aurait fait Virgile.
(Il offre son bras à la marqube qui passe ile'anl lui dédaigneusement ).