ACTE III
, DE MONTAGNAG.
J’ai tort. Vous me promettez bien !...
VANLOO
Sur l’honneur !
(Se rapprochant tout à fait.)
Quoi ?
DE MONTAGNAC
Pourtant...
VANLOO
Eh! ne médités rien !
(Fausse sortie.)
DE MONTAGNAC, le rattrapant par l'épaule.
Si fait!
VANLOO, revenant.
Ah!
DE MONTAGNAC, à Nicolle qui obéit
Viens ici. — Démasque-toi !
VANLOO
Nicolle ! •
NICOLLE, à paît.
Qu’ont-ils donc ?
VANLOO, attirant de Montagnac à mi-voix.
La marquise est assez bénévole, Montagnac, cependant je ne vous cache point Que je doute très-fort qu’elle le soit au point...
LE MAHIAGE DE VADÊ
UE MONTAGNAC
Eh! voilà justement le joli de l'affaire!
VANLOO
Je ne trouve pas, moi !”
UE MONTAGNAC, enchanté.
Quel éclat je vais faire I
(Montrant Nicolle)
C'est qu’elle est belle! — Vois sa taille de roseau,
La rondeur de ses bras, — le salin de sa peau !
— Sa gorge qu’on devine, a le velours des pêches;
Ses épaules ont des carnations si fraîches
Que l’on voudrait y mordre. — El tous. Noce, le duc D’Agenois, de Caylus,de Pienne et le caduc Saint-Aulaire, viendront au feu de sa prunelle Comme des papillons autour de la chandelle.
— Elle aura conservé son masque. — On se dira A l’oreille : — qui donc est-ce? — on chuchotera.
Les femmes prétendront que sa joue a des rides ;
Les hommes diront : non ! — Et lorsque tous, avides D’admirer librement ce front mystérieux,
Voudront faire lever le masque!— à tous les yeux,
En plein bal et devant la marquise si fière,
Je ferai triompher Nicolle — l’Ecaillère !
VANI.OO.
Ah I morbleu, Montagnac!
DE MONTAGNAC
Ah ! madame a du goût
Pour la Halle! Et moi donc ! je le montre partout. Prenez, monsieur Vadé, marquise 1 — moi, Nicolle,
Et vous enragerez.