‹ Le mariage de Vade comedie en trois actes et en vers precedee d'un prologueChapitre 49 sur 64 · VANLOO, VADÉ · texte numérisé non relu

VANLOO, VADÉ

VIDÉ, absorbé, entrant par la gauche.

Ma foi, loul compte fait, j'aime mieux l’écaillère.

VANLOO

Ah bah ! et la marquise?

VADÉ

Elle ! une minaudière.

Une demi-vertu qui veut et ne veut pas,

Elle avance d'un pied et recule d’un pas.

Du diable si je sais ce qu’elle a dans la tête!'

Je fais la bouche en cœur auprès de la coquetle, J’improvise pour elle un tas de madrigaux Dignes de \' Almanach des Grâces, tous très-beaux. Elle ne m’entend pas ! Du coup je romps la paille, C’est la dernière fois que je m’enmarquisailie !

De ce dénoûment-lâ, je ne suis pas surpris.

Les raisins sont trop verts,

ACTK III

' VADÉ

El bons pour des marquis !

Ce qu’il me faut à moi, poète d’aventure,

Enfant insoucieux de la libre nature,

Vagabond de l’esprit, qui vais cueillant l’amour,

Au détour de la haie ou bien du carrefour ;

Ce qu’il faut à mon cœur, ce sont ces belles filles, Franches comme de l’or, blanches sous leurs guenilles, Qui livrent aux baisers de l’air et du soleil Un corps robuste et jeune où court un sang vermeil ! Avec elles du moins loyt ou rien, point de fraudes! Mais quant à vos beautés, femmes de serres-chaudes, Qui ne peuvent fleurir qu’en un boudoir discret,

Si frêles qu’un baiser trop lourd les briserait!

Sans force pour les pleurs ou pour l’éclat de rire,

C’est un roman trop fade où je ne veux plus lire,

Car je n’y trouve rien de sincère ou de gai,

J’aime mieux ma Nicolle, elle est ma mie, ô gay l

Le miel de la sagesse a coulé de tes lèvres.

Un seul mot ?

VADÉ

Dis.

VANLOO

Tu sais que lorsqu’on court deux lièvres...

VADÉ

Je réponds de Nicolle, elle est folle de moi.

VANLOO

Tu le mérites bien. Mais... pourtant...

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