‹ Le mariage de Vade comedie en trois actes et en vers precedee d'un prologueChapitre 6 sur 64 · LE MARIAGE 1)E VADÉ MADAME DE BEAUPRÉ · texte numérisé non relu

LE MARIAGE 1)E VADÉ MADAME DE BEAUPRÉ

Oh ! l’honneur enjambe le ruisseau !

Vous avez, ce matin, l’apostrophe brutale.

Je ne vous savais pas si fort sur la morale.

Mon cher Vanloo.

VANLOO

Pardon, mais c’est à l'amitié Qu’il faut s’en prendre, au moins pour la grande moitié.

MADAME DE BEAUPRÉ

Vous êtes bien heureux que je sois aussi bonne!

(Elle lui donne sa main à baiser).

Voyons, là, franchement, fais-je tort à personne? Répondez. — Je suis veuve et richp, donc je peux Sortir quand il me plaît, pour aller où je veux.

— Et puis l’on voit ici les gens du meilleur monde : Vanloo, — dont on connaît la sagesse profonde, — Caylus... Rameau. . Moncrif...

VANLOO. vivement.

Dans ces lieux mal famés Que nous nous égarions, nous tous, cœurs affamés, Esprits chercheurs, cerveaux trop larges,— folles têtes, — ■ Philosophes, sculpteurs, musiciens, poètes,

Nous y venons chacun chercher l’oubli. — Gallet Y dort près de Collé qui ronfle sur Lancret.

Que de Caylus y soupe, et que Moncrif s’y grise. Parbleu! c’est naturel! — La débauche est de mise; Nous allons tous les soirs traîner dans vos salons Nos culottes jonquille et nos rouges talons;

Mais vous ne voyez pas au cœur la plaie ouverte.

— Ici, — nous oublions la souffrance soufferte. —

Nous avons de l’esprit, nous vous semblons joyeux? Quand on a de l’esprit, c’est que le cœur est vieux !

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