‹ Le mariage de Vade comedie en trois actes et en vers precedee d'un prologueChapitre 7 sur 64 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Nous nous rajeunissons en buvant celte sève,

Madame : c’est l’espoir et l’oubli, c’est le rêve,

C’est presque l’idéal, et souvent, grâce au vin.

Ce n’est pas quarante ans qu’on a, c’est deux fois vingt, Car chacun, venu morne et triste, dans l’ivresse Reprend le rire honnête et franc de la jeunesse.

Puis c’est de mode! Il faut hurler avec les loups.

Au temps de carnaval, les sages seuls sont fous.

Mais que vous, vous la grâce, et vous la poésie,

Y veniez ell'euiller votre aristocratie.

Voilà qui me surprend d’une étrange façon ,

Ft si j’ai tort, — ce n’est que d’avoir trop raison.

MADAME DE BEAUPRÉ

C’est un tort qu’en clfet rarement on pardonne.

Vous vouliez mon secret. — Eh bien, je vous le donne. — A l’hôtel de Caylus, cette nuit, c’était bal.

On y dansait beaucoup ; on y riait pas mal,

Lorsque, bonnet au vent, allure cavalière,

Apparut tout à coup une grande écaillêre En costume, les poings sur les hanches, avec,

Comme elle le disait, un tas de mots au bec,

Si burlesquement gais dans leur franche satire,

Que chacun se tenait les côtes de fou rire.

Ruffon, le philosophe, en froissa son jabot,

Fl l'auteur des Incas trouva cela très-beau.

Eh bien ! — celle écaillêre aux lignes un peu mâles. Celait...

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