‹ Le mariage de Victorine comedie en trois actesChapitre 16 sur 48 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

FÜLGENCE, ALEXIS, ANTOINE.

ANTOINE, |ntrant do droite, posant les vingt-cinq iouis sur son bureau, et ouvrant un registre en s’asseyant.

Voilà ce que vous me demandez.

ALEXIS

Tu inscris cela?

ANTOINE

Comment ! monsieur, est-ce que j’oublie jamais d’inscrire quelque chose? Tenez, voilà vos comptes; j’écris jusqu’à un denier.

Je n'en doute pas. (jetant un coup d'œil sur lo registre.) Ah! tu m’as compté pas mal' d'argent depuis deux mois?

ANTOINE

Je n’ai pas fermé le compte de celui-ci : j’en attends la fin.

ALEXIS

Et mon pèrea-t-il vu ce registre?

ANTOINE

11 l’a vu le mois dernier. Tous les mois, je lui présente les comptes de sa maison.

ALEXIS

Et il n’a rien désapprouvé ? "

ANTOINE

Non, monsieur.

ALEXIS

S’il trouvait que je vais trop vite... In me le dirais, Antoine?

ANTOINE

Lui? Vous ne le connaissez guère!

ALEXIS

Eh bien, et toi, si tu étais mécontent de moi, il faudrait me le dire.

ANTOINE

Vous moquez-vous?

Allons, tu veux me gâter aussi, toi?

ANTOINE

Eh bien , qui donc sera gâté ici, si ce n’est pas vous, je vous le demande ?

ALEXIS, appuyant sa main snr l’épaule d’Antoine.

Dire qu’il y a des êtres qui valent mille fois mieux que nous et qui se font un devoir de nous rendre heureux!... Avez-vous encore vos parents, monsieur l’ulgence?

EULGENCE.

Non, monsieur; je les ai à peine connus.

ALEXIS

Ah! je vous plains! vous ne savez pas ce que c’est que d’être aimé I — Au revoir, Antoine.

Il lui serre la main et va pour sortir.

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