‹ Le mariage de Victorine comedie en trois actesChapitre 19 sur 48 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

VANDERKE, MADAME VANDERKE, SOPHIE, VICTORINE, ANTOINE, FULGENCE, un Domestique, qui porle des carions.

MADAME VANDERKE, entrant par le fond et venant embrasser

Victorine.

Ma chère enfant, tu vas te marier avec un bon jeune homme. Je suis heureuse de ton bonheur et te prie de recevoir de ma main ta robe de noces.

Elle prend un carton des mains du domestique et le remet à Victorine.

Oh ! madame ! que vous êtes bonne d’avoir comme cela pensé à moi 1

VANDERKE

Et moi, ma chère fille, car je te considère comme ma tille aussi, entends-tu bien? je no t’offre pas de chiffons, je n’aurais pas su les choisir, mais je te prie d’accepter ce petit portefeuille.

VICTORINE, prenant le portefeuille.

Oh 1 qu’il est joli!... Merci, monsieur. Qu’il est bien relié! tout doré!... Voyez donc, mon père! Avec mon chiffre dessus!

Elle va & Antoine, pose le carton sur sa table, lui remet son portefeuille et

revient remercier Vanderke.

ü THÉÂTRE COMPLET DE GEORGE SAND

ANTOINE, ouvrant le portefeuille.

Mais, monsieur... ce mandat sur votre caisse... c’est trop! c’est impossible! c’est une dol, cela!

Il passe près de Vanderko.

* F U LG E NC E, à part.

Une dot! j’en étais sûr!

VANDERKE

Eh bien , est-ce que je ne te dois pas d’assurer lo sort de ta fille ?

ANTOINE

.Mais, monsieur, cinquante mille livres!... Non, non, c'est, trop ! vos enfants...

, MADAME VANDERKE, tenant sa fille par la main.

Antoine, vous n’avez pas le droit de refuser. C’est la famille entière qui s’associe aux intentions de son chef.

V1CTORINE, émue.

Oh! je n’avais pas besoin de cela, monsieur Vandcrke... Madame! Sophie! vous me faites presque de la peine avec ce gros cadeau-là? Est-ce que j’avais besoin d’argent, ici? est-ce que vous ne voulez plus que je demeure ici?

MADAME VANDERKE

Je compte, au contraire, que lu y resteras tant que nous vivrons.

Oh ! en ce cas, merci, merci!

soi* HIE.

Mais regarde donc, ta robe de noces! J’y ai joint quelques dentelles et un petit collier, car je veux aussi te parer. Tu étais si contente de me voir belle, il y a trois mois, le jour de mon mariage.

Elles vont auprès de la la’.ile.

VICTORINE, ouv anl le carton et s’asseyant pour regarder.

Ahl mon Dieu 1 une robe de moire, des perles, du point d’Angleterre!... mais je n’oserai jamais porter tout cela!

SOPHIE, lui donnant un autre carton.

Et voilà les fleurs, les rubans et les gants do la part do

mbn mari, qui arrivera dans deux jours pour assister à tes noces.

Ah ! mon Dieu ! que de belles choses! Jo vas donc être en gants blancs tout le reste de ma vie!

MADAME VANDERKE

Nous te laissons contempler tes petites richesses; mais nous voulons que tu viennes déjeuner avec nous, ainsi que ton père et ton futur, afin de fixer le grand jour... Entendez-vous, monsieur Fulgence?

FULGENCE, sortant d'une profonde rêverie.

• Madame... c'est trop d’honneur... (a part.) Une dot!

VANDERKE, X sa femme et à sa Gîte.

Allez m’attendre, mes chères amies... Je suis à vous dans le moment avec Antoine et Fulgence, que j’emmène au magasin. J’ai quelques ordres à donner.

Il sort avec Antoine et Fulgence par ta droite.

SOPHIE

Tu vas venir, Victorine? C’est dans mon appartement qu’on déjeune aujourd’hui, tu le sais?

VICTORINE, so levant.

Oui, oui, tout de suite, tout de suite. Je vas ranger et serrer tous mes trésors, et je vous suis.

Madame Vanderke sort par le fond avec sa fi. le, qui lui donne te bras.

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