VICTORINE, ANTOINE, FULGENCE
ANTOINE, qui est rentré par le fond avec dos papiers, et qui s’est arrêté pour les écouter, se rapproche d’eux.
Victorine a raison, et c’est elle, à présent, qui est la plus sage des deux. ,
FULGENCE
Comment! monsieur Antoine, vous nous écoutiez donc?
ANTOINE
Pourquoi pas? J'en ai encore le droit.
VICTORINE, l’embrassant.
Oh! vous l’aurez toujours! Je veux que vous sachiez toujours toutes mes pensées et que vous me donniez conseil en tout. Voyons, dites donc à M. Fulgence qu’il ne sait pas ce qu’il dit!
ANTOINE
Il est amoureux, et l’amour fait déraisonner. Toi, Victorine, tu déraisonnais là, tantôt ! mais te voilà dans le vrai . Il n’est pas nécessaire que l’on soit fou de joie en se mariant. C’est
LE MARIAGE DE VICTORINE SI
une affaire sérieuse, et, pourvu que chacun de vous ail la ferme résolution de son devoir, tout ira bien. Allons! je \ous annonce une surprise! Ayez l’air de ne rien savoir. M. et madame Vanderke, avec madame leur fille, viennent ici pour vous complimenter et vous faire leurs cadeaux. Les cadeaux sont trop riches, j’en suis sur d’avance. Ne soyez point touchés de leur prix, mais de l’intention qu’on y metet de l’amitié dont ils sont la preuve.