C. Yu et Yiu (Inn. III), X, De divort,, IV
iimQ Jure canonico^n^éiail-'il pas par là même indissolubIe?Les canonistes trouvèrent une solution très simple de l'antinomie. Ce mariage, dirent-ils, est bien valable et légitime, verum ac legttimum, mais il n'est pas ratum^ c'est-à-dire absolument indissoluble; il peut se dissoudre pour des causes expressément admises par TÉcriture*; et, précisément, TÉpître de saint Paul énonce une cause de dissolution. Gela cadrait très bien avec la théorie qui rattachait Tindissolubilité du mariage au sacrement : le mariage entre infidèles, malgré quelques opinions en sens contraire, ne pouvait point être considéré comme un sacrement ', et bien peu de théologiens ont admis que ce mariage prit le caractère de sacrement lorsqu'un seul des conjoints s'était converti à la foi chrétienne '. Mais cela s'accorde moins bien avec la doctrine qui rattache l'indissolubilité au droit naturel. Aussi semblerait-il, par un passage d'une de ses lettres, qu'Yves de Chartres, qui à plusieurs reprises affirme très nettement cette doctrine, n'ait pas admis la dissolution du mariage dans cette hypothèse \ Cependant, d'autre part, il a inséré dans
1. Pierre Lombard, Sent^ IV, D. XXXIX,/ : « Copula ergo maritalis qare est inter infidèles conjugium est legitimum sed non ratum. Legitimum quia est inter légitimas personae ; sed non ratum quia sine fide. » Dicium Gratiani^ sur c. xvii, G. XXVIII, qu. 1 : « Legitimum conjugium est quod legali institutione vel provinci» moribas contrahitur. Hoc inter infidèles ratum non est, quia non est ûrmum et inviolabile conjugium eorum. Dato enim libello repudii, licet eis discedere ab invicem et aliis copulari, lege fori non lege poli, quam non sequuntur. »