‹ Le mariage, la séparation et le divorce considérés aux points de vue duChapitre 30 sur 37 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

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Dnrée des mariages.

Nos mariages, indissolubles de droit ou de par la volonté du législateur, se dissolvent de fait, tant la nature des choses est impérieuse, et la volonté de l'homme impuissante à lui faire la loi. Indépendamment des unions qui se rompent sans bruit, et dont le nombre est considérable, sans compter celles que le crime abrège, et qui sont nombreuses encore, on trouve de 1840 à 1862, c'est-à-dire dans l'espace de 23 ans, 28,040 mariages demandant à se dissoudre, ce qui fait en moyenne par année 1,219.

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D'où Ton voit que c'est dans la première année de mariage que les demandes en séparation sont le moins nombreuses ; on en compte en moyenne 23 par année en 23 ans.

De 1 à 5 ans de mariage le nombre est plus que décuplé, puisqu'il s'élève à 237.

De 5 à 10 ans il est de 347

Del0à20 — de 505

De20à30 — de 488

De30à40 — de 57

De 40 et au-delà de 45

Mais les chiffres réels de chaque année sont très différents suivant les périodes ; pour la même durée de vie commune, les séparations sont généralement moins nombreuses de 1840 à 1848 que de 1849 à 1854, et de 1854 à 1855 que de 1855 à 1862. Sous ce rapport, notre moralité publique n'est pas en progrès.

Nombre relatif des demandes en séparation, solvant qn^elles sont formées par le mari on par la femme.

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Total.

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TtUiL . . 36492 3099 32763 1744

Si Ton compare la progression de ces chiffres avec ceux des mariages, on trouvera sans doute que le premier s'élève plus rapidement que le second. C'est un calcul que nous n'avons pas fait, mais il est de la plus grande vraiseiïiblance.

Nous ne donnons pas non plus le chiffre des demandes en séparation dans le mariage avec ou sans enfants, par la raison que le rapport de ces deux sortes d'unions ne nous est pas connu, et que les

mariages avec enfants étant beaucoup plus nombreux que ceux sans enfants, il est naturel qu'il y ait plus de demandes en séparation dans la première de ces conditions que dans la seconde, quoiqu'il soit certain que la fécondité des unions soit une raison de fait et de droit de ne point se séparer. Aussi est-il arrivé une seule fois, en 1846, que le nombre des demandes en séparation de la part d'époux sans enfants a surpassé celui des demandes dans la situation de famille contraire, et cela dans le rapport de 369 à

Il suit encore des chiffres qui précèdent que le nombre des demandes en séparation par les femmes est de beaucoup plus fort que celui des demandes formées par le mari ; le rapport est près du triple. Ce qui prouve ou que nos femmes sont fort malheureuses avec nous et que nous valons peu de chose, ou qu'elles seraient elles-mêmes fort peu raisonnables, et en tous cas qu'elles redoutent beaucoup moins qu'on ne veut bien le dire une séparation.

Motifs des demandes en séparation et résultat judiciaire.

ADBéM. Excit, i<- Adaltir* Adoltére Condamnât. Admises. Rejdées. Retir^M «TUt

vicM, «le. deUfenunc. do mari. iiifamanU». Jngemoit.

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Tiiau. . 32411 2134 1868 697 26456 3875 5551

Ce tableau est très instructif, il prouve : 4^ que les maris sont encore plus brutaux que débauchés ; 2P que la femme est moins infidèle que l'homme; 3° que les condamnations infamantes sont ou ime raison ou une occasion de se séparer ; 4° qu'il ne suffit pas, tant s'en faut, d'intenter un procès en séparation pour l'obtenir, puisque près d'un neuvième de ces demandes sont rejetées ; 5<* enfin, que près d'un

sixième de ces mêmes demandes sont retirées avant jugement, par une raison ou par une autre.

§ÏV.

Demandes en séparation avec ou sans inteirention des créandera.

Les demandes en séparation de biens, sans intervention des créanciers du mari, ont été, en moyenne par année, pour les périodes de 4844 à 4845, de 3972 admises et 82 rejetées;

Soit en moyenne par année pour les 23 ans, 4295 admises et 84 rejetées.

Les demandes en séparation avec intervention des créanciers sont naturellement moins nombreuses; elles sont aux autres dans le rapport approximatif de400à2585.

Demandes de pensions alimentaires par des conjoints.

Ces demandes doivent naturellement s'élever en raison du nombre croissant des séparations obtenues. Aussi voit-on le chiffre moyen par année, qui était, de 484Ô à 4854, de 64, s'élever, de 4855 à 4863, à 202.

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