XII AVANT-PROPOS
combattre sans relâche sur une infinité de points et sous les formes les plus diverses.
S'il attaque le mariage civil en Autriche, après ravoir attaqué en Italie, il le condamne en France comme ailleurs. Partout il s'y opposera ou fera tous ses efforts pour en ruiner l'établissement, pour en prévenir ou en faire tomber l'une des conséquences les plus équitables et malheureusement nécessaires, le divorce.
Telles sont les raisons , plus que suffisantes selon nous, d'examiner à nouveau, à la lumière des idées de notre temps, jusqu'à quel point les prétentions d'une communion rehgieuse sur le mariage peuvent se justifier historiquement, juridiquement , moralement. Nous n'avons pas voulu faire autre chose ; mais nous l'avons fait avec la fermeté d'une conviction fondée sur la nature du mariage, et qui ne doit rien à l'histoire, quoique l'histoire et les institutions de tous les peuples la confirment. Ce qui est juste doit être, n'eût-il jamais été ; à plus forte raison s'il a été presque partout et toujours. Tel est le divorce.
Il n'est pas nécessaire, pour mêler sa voix à celle des défenseurs de la justice, de l'avoir puis-
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santé ou de s'en exagérer la force et la portée : il suffit de pouvoir parler, d'avoir le droit de le faire, et de ne pas désespérer tout à fait d'être entendu un jour de quelques esprits encore hésitants ou mal affermis.
Il serait à désirer que chacun se déclarât nettement ; que le temps des concessions de pure complaisance ou toutes de pohtique fît place aux déclarations lès pips franches, en professant de part et d'autre le respect non des croyances et des convictions qu'on ne peut partager, mais du droit de les avoir et de les répandre. L'ordre public n'en serait pas moins assuré, la discussion en serait plus régulière, et le triomphe de la vérité plus certain.
Il faut rendre cette justice à nos adversaires, qu'ils mettent généralement plus de sincérité que nous dans leurs prétentions et leurs aveux. Ils ont par là même un avantage , au moins apparent, dans la discussion. Il faut, si nous ne pouvons accepter leurs conséquences, repousser leurs principes , en tant du moins que ces principes aboutissent à des conséquences pour nous inadmissibles. En leur faisant des concessions grosses de conséquences dogmatiques ou pratiques que nous regardons comme fausses ou
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impraticables, nous mettons la logique et l'honneur de la sincérité contre nous ; nous nous préparons une défaite immanquable, sans même que nous puissions inspirer la juste pitié qui s'attache aux défenseurs malheureux d'une cause franchement acceptée et vaillamment défendue.
Quand nous voudrons suivre une autre tactique, les suites du combat, je le pense, seront bien différentes. C'est parce qtfe j'en ai la conviction, parce que j'ai pleine confiance au triomphe définitif de la vérité, que je suis tout entier à son service. J'ai voulu dire nettement ce que ma raison peut et ne peut pas accepter sur les questions que j'examine, et j'ai donné de mon mieux les motifs qui me font repousser une chose et m'en font accepter une autre.
Le reste n'est plus mon affaire : c'est celle du public éclairé; il peut n'être point de mon avis; mais je ne changerais d'opinion que pour d'excellentes raisons, et ces raisons, je le crains, ne viendront pas de si tôt.