AVANT-PROPOS. XI
S'il est de son essence de ne point sortir de ses errements, de persister invariablement dans ses règles de conduite comme dans sa foi , s'il est condamné par sa propre constitution à proscrire éternellement des vérités qu'il ne peut admettre, une justice qu'il ne peut comprendre, des libertés qu'il ne peut reconnaître ; si l'existence même de cet esprit au sein de nos sociétés modernes est un péril de tous les jours, de tous les instants ; si ce péril est d'autant plus grand que l'esprit dont nous parlons est plus répandu, plus entreprenant chez les uns, plus docile chez les autres, plus compacte et plus hardi chez tous ; enfin , si les sympathies ou les faiblesses qu'il cherche incessamment à gagner et à surprendre dans tous les pouvoirs civils ne lui sont jamais assez favorables tant qu'ils ne lui sont pas entièrement soumis : cette situation , toujours essentiellement la même, et qui ne peut guère varier qu'en degrés dans les pays comme la France, l'Autriche, l'Itahe et l'Espagne, exige de la part de l'esprit contraire, une vigilance, une action, une lutte de tous les instants.
La théocratie, tel est l'infatigable, l'indestructible ennemi que les libertés modernes ont à