PREMIÈRE QUESTION
Quand doit-on se marier
1 Se marier jeune — II Abus des parents IIT Erreurs des garçons
Quamobrem relinquet homo patrem suum et matrem, et adhaerebit uæori sue ; et erunt duo in carne una.
L'homme quittera son père et sa mère et s'’attachera À | sa femme, et ils seront deux
dans une seule chair.
Gan., 11, 24.
Dans la première part: de notre série, nous avons parlé, mes bien chers frères, de la nature, de l’excellence et de la nécessité du mariage. Dans cette deuxième partie, nous allons étudier les questions suivantes : Quand doit-on se marier ?
Qui doit-on marier ? Et comment doit-on se marier ?
= aie...
D'abord, quand doit-on se marier ?
Ncus avons vu, dans notre dernière instruction, la nécessité du mariage. A moins, avons-nous dit, de vouloir se consacrer à Dieu, dans le célibat religieux, on doit se marier. En pratique, il n’y a pas d'autre alternative. Et, de plus, c’est le petit nombre que Dieu appelle à la continence perpétuelle, tandis que le grand nombre est appelé à la vie commune du mariage. Mais ce n’est pas tout de savoir qu’il faut se marier, il est encore nécessaire de savoir quand il faut se marier.
Et disons tout de suite que l’on doit se marier jeune,
Dieu institua le mariage pour la propagation de la race. Le premier devoir de l'homme est de se conserver la vie. Le second, semblabie au premier, est de la propager. En recevant la vie, l’homme reçoit en même temps l'instinct de sa conservation. Plus tard, la nature fait naître en lui l'instinct de sa propagation; et la loi du “ reproduisez et multipliezvous ” se fait alors sentir dans tous ses
membres. Dès ce moment, mes frères, celui qui n’a pas reçu du ciel le don de la continence perpétuelle, celui qui n’a pas l’intention d’embrasser la vie religieuse et de vivre dans le célibat, doit se préparer au mariage,
Mais comment le jeune homme et la jeune fille, vont-ils se préparer à la grande affaire de leur vie, de laquelle dépend leur bonheur ou leur malheur ? Encore hier, ils n'étaient que des enfants ; ils ont toujours parlé comme des enfants, pensé comme des enfants, agi comme des enfants ; comment vont-ils apprendre, le garçon, à être un homme, et la fille, une femme ? Des parents, mes frères. Cest à vous, parents chrétiens, à qui incombe la tâche d’instruire vos enfants, À cette époque intéressante de leur vie, de leurs devoirs nouveaux ; de les initier prudemment aux secrets de la nature, et de leur apprendre la raison d’être et toute l’importance vitale du changement qui s’opère en eux, Faïitesleur comprendre que ce
changement est l’oeuvre de Dieu, et que tous leurs membres sont également bons, nobles et nécessaires. C’est une grave erreur, grosse de conséquences désastreuses,de laisser les enfants à eux-mêmes, à l'âge critique, quand ils ont spécialement besoin d’un guide sûr pour les conduire, et d'une pleine lumière pour entrer dans la nouvelle voie qui s’ouvre devant eux. D'ailleurs, ils ne seront pas laissés à eux-mêmes ; si les parents ne les éclairent pas et ne leur donnent pas une direction sage, ils trouveront dans la rue une explication grossière et vicieuse du mystère de la vie, et leurs enfants seront perdus du coup. C'est ce qui explique pourquoi les enfants, souvent, ne sont plus pour leurs parents, après l’âge de puberté, ce qu’ils étaient at Daravant.
‘Instruis ton fils de ses devoirs, dit l’Ecriture Sainte, dans le livre de l’Æcclésiastique, travaille à le former au bien, de peur qu’il ne te déshonore par sa vie honteuse, ” Ces paroles ne renferment pas
PT
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seulement un conseil, elles sont l’expression d’un devoir.
Guand les enfants sont tout jeunes, parents chrétiens, vous devez les instruire de leurs devoirs envers Dieu. Vous devez leur apprendre à le connaître et à l’aimer, et les habituer à le bien servir. De même, quand ils arrivent à l’âge de puberté, vous devez les instruire des obligations nouvelles qui se présentent à eux, et les former à la vertu. Dites-leur clairement qu’ils sont arrivés à l’âge où la nature les Prépare au mariage, et qu’ils doivent se mettre en harmonie avec elle. Qu'ils sachent qu’ils n’ont pas reçu le bienfait suprême de la vie pour eux seulement, mais pour qu’ils le transmettent à d’autres. Habituez-les à l’idée que le mariage est la grande affaire de leur vie, et engagez-les à s’y préparer sérieusement. Insistez sur la nécessité de cette préparation, et encouragez-les à se marier de bonne heure.
Les parents doivent encore inspirer à leurs enfants, toujours en vue de les préparer pour le mariage, l'amour du travail.
Car pour vivre, il faut manger ; et pour manger, il faut travailler. Celui qui ne gagne pas son pain à la sueur de son front, n’en est pas digne. Instruisez-les de l’obligation du travail. Faites-leur comprendre que le travail est nécessaire, et que, si parfois il est pénible, il est néanmoins une noble occupation qui honore et grandit ceux qui s’y livrent. Faites-leur observer que déjà vous les préparez depuis longtemps à gagner leur vie. Ils reconnaîtront facilement que tout, dans leur vie, tend à cette fin, et que c'est aussi pour cela que vous les avez tenus à l’école, et que vous exigiez d’eux tous les petits services qu’ils pouvaient rendre.
Parents chrétiens, je vous le demande, avez-vous instruit vos enfants de ces premiers devoirs ? Que de parents négligent ce devoir capital ! C’est un grave abus. On voit des garçons, à l’âge de se marier, qui
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SE MARIER JEUNE ne
n'ont jamais pensé au mariage. Si vous leur parlez de se marier, ils vous regardent ébahis, tout étonnés de voir que vous pouvez penser qu’ils soient à l’âge de se marier. Ils ont vingt, vingt-trois et vingtcinq ans, et ils n’y ont pas encore pensé que comme une chose possible dans un avenir lointain.
Qu'arrive-t-il ? Ces garçons, n'étant pas mariés an temps de leurs premières amours, étant faits de chair et d’os, sont grandement exposés au danger de contracter des habitudes abominables, et à mener une vie honteuse. S'ils succombent, et Dieu sait qu’il y en a qui succombent, ils sont perdus: adieu ! les nobles mouvements de l'âme; adieu ! les fières ambitions ; adieu ! les généreux efforts. Ils se traîneront dans la fange, ils rougiront de leur conduite ; et, cependant, ils subiront l'esclavage de leur passion et seront mal.
heureux.
Qu'arrive-t-il encore ? Il viendra un temps où, comme pour l'enfant prodigue