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de l'Evangile, se fera la réaction de leur conduite honteuse, et ils se marieront.
Mais comme leur mariage sera différent de ceux des jeunes ! Au lieu d’un corps intègre, frais et vigoureux ; au lieu d’un coeur pur et ardent ; au lieu d’une âme pleine de nobles sentiments; ils apporteront un corps fané, un coeur sec, et une âme avilie. Dans ces conditions, la vie de famille perd tous ses charmes. Le Home devient plutôt une maison de pension privée. Les époux, l’un et l’autre, faits à de vieilles habitudes, dont ils ne peuvent plus se défaire, se contrarient et se froissent sans cesse. De là, les remarques blessantes, les reproches amers, et la discorde.
C'est là l’histoire de beaucoup de mariages malheureux.
Que les parents instruisent leurs enfants de leurs devoirs au sujet du mariage, et le résultat sera tout autre. Le garçon comprenant toute l’importance de son mariage, ne le perdra jamais de vue. Sous la sage direction de son père, il s’y préparera
sérieusement, se livrera avec ardeur au travail ; et, bientôt, il sera en état de gagner sa vie. La fille, à l’école de sa mère, se familiarisera avec les choses du ménage et apprendra avec soin l’art de l’économie. L'économie chez la femme est aussi importante que le travail chez l’homme.
Voilà nos jeunes gens préparés. Notre garçon est intelligent, bien développé physiquement, capable de gagner sa vie ;ila vingt ans, il doit se marier. Notre fille connaît les obligations que le mariage impose, elle se sent capable de les remplir; elle a dix-sept ans, elle est prête à se marier, et l’occasion se présentant, elle doit se marier.
Certains parents, animés de motifs que nous savons, et dont nous parlerons dans notre prochaine instruction, vont dire :
“ Les garçons se marier à vingt ans, et les filles à dix-sept ans! mais c’est bien trop jeune. C’est bien trop jeune, dites-vous ?
Mais sur quoi vous appuyez-vous, je vous
le demande, pour justifier votre manière de voir? Si c’est à cet âge que Dieu veut que votre garçon se marie, qu’avez-vous à dire? Est-ce qu'il n’est pas le maître,même de votre garçon ? Si c’est le cri de la nature qui se fait entendre et qui réclame ses droits de votre garçon, que pouvez-vous faire ? Si c’est pour éviter le péché impur qu’il se marie, conformément à la loi de saint Paul, comment pouvez-vous vous y opposer ?
Parents chrétiens, rappelez-vous que vous n'êtes que les dépositaires de vos enfants, et que Dieu en est toujours le maître. Il vous les a confiés et donnés en soin, et c'etait vous faire une grande faveur. Mais quanc . s sont devenus à leur tour des hommes et des femmes, lui, le Maître, les appelle à d’autres devoirs.
Comme le fruit mûr se détache de l’arbre, de même ils doivent se détacher de la famille. ‘ L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, ” et de même, la femme quittera sa mère et son père, et s’attachera à son mari,
Je dis vingt ans, parce que c’est à cet âge que no‘ garçons, dans les conditions dans lesquelles nous vivons, sont ordinairement prêts à se marier. A moins de raisons très graves, qui rendent la chose moralement impossible, le jeune homme devrait se marier à cet âge le plus tard. II peut se faire qu’un garçon soit prêt à sat.
tacher à une femme plus tôt. Voici, par exemple, un jeune homme de dix-huit ans.
Il est bien bâti, a une excellente santé ; il a bon coeur et bons bras. Parce qu’il n’a que dix-huit ans, empêcheriez-vous ce gar- Çon de se marier? Mais non! si vous êtes raisonnables, si vous voulez son bonheur, vous lui direz: “ C’est bien, mon garçon, marie-toi. ” J'en ai connu qui se sont mariés à seize ans, et qui ont été on ne peut plus heureux en ménage. Du moment qu’un jeune homme est bien préparé, qu’il a les qualités nécessaires, il peut et fait
bien de se marier, peu importe son jeune âge.
Quant aux filles, elles sont prêtes ordi-
nairement à dix-sept ans. Je dis ordinairement, parce qu'il y en a qui sont plus précoces les unes que les autres. Il y en a qui sont aussi Capables à quinze ans que d’autres à vingt-cinq. J’ai connu, à Spencer.
une femme qui s'est mariée à douze ans, son mari en avait seize. Cela ne l’a pas empêchée d'élever heureusement une nombreuse famille, Elle était mère à treize ans. Dans une visite de paroisse à Worcester, Où j'étais alors vicaire, j'ai rencontré cette enfant qui n’avait que treize ans plus jeune que sa mère. Elle était mariée et mère de famille. Vous vous imaginez peut-être qu’elle était toute petite, faible de santé, plutôt morte que vive ?
Pas du tout, elle était au contraire admirablement bien développée, florissante de santé et pleine de vie. Quand j’ai connu la mère, elle était déjà avancée en âge, mais elle était encore capable de présider aux choses du ménage, et son plus grand bonheur était toujours de se dépenser pour sa belle famille. Entourée de ses douze enfants, sept garçons et cinq filles, qui la
respectaient tous profondément, et l’aimaient tendrement, qui lui témoignaient les plus grands égards, elle était plus heureuse qu’une reine.
Un de nos prêtres canadiens du diocèse me disait, tout dernièrement, que sa mère s'était mariée à treize ans et qu’elle était mère à quatorze ans.
On voit assez souvent des filles se marier à quatorze et à quinze ans, et elles font bien. J'aime mieux voir une fille se marier plutôt jeune que vieille. Cependant, ce sont là des exceptions. L'âge le plus convenable pour nos filles de formation et de condition ordinaires, c’est vers les dixsept ans.
Il y a de grands avantages à se marier jeune. C’est avant tout une garantie de bonheur. Du moment que l’enfant est devenu un homme ou une femme, il est ou elle est soumis à de nouvelles lois physiques et morales. En se mariant, les jeunes se mettent d'accord avec la nature et
vivent en confurmité avec ses lois. C’est pourquoi les Saintes Ecritures disent qu’ ‘ il n’est pas bon que l’homme soit seul. ” Quoique placé dans un jardin de délices, Adam ne pouvait pas se défendre d'une certaine tristesse ; c’est qu’il avait pas de compagne. Aussi, avec quels transports de joie ne reçoit-il pas Eve des mains du Créateur ! Entendez-le s'écrier dans son enthousiasme: “ Voilà l'os de mes os et la chair de ma chair ! ” le Paradis-Terrestre lui apparaît sous un autre jour,sa vie prend une nouvelle signification, et sa personne n’est plus une énigme. “ Ils sont deux dans une mème chair ”, ils n’ont qu’un coeur et qu’une âme ; tout en eux s'accorde parfaitement bien, et forme un tout harmonieux. C'est le bonheur parfait qui en résulte.
Depuis le péché, sans doute, le bonhenr des mariés n’est pas parfait. Il y a beaucoup d'obstacles à l’harmonie parfaite qui existait, chez nos premiers parents, dans le Paradis-Terrestre. Mais ces obstacles au bonheur parfait des époux sont d’au-