SCÈNE IV
LES MÊMES, excepté FRÉDÉRIC , un peu après EMELINE.
EMELINE , entrant.
Il s'en va !
JACOBUS , e'nm.
Diable d'homme, va!., il m'a tout remué. Au fait, c'était attendrissant, n'est-ce pas. Présidente?
LA PRÉSIDENTE
Vous me faites piilé!, . Toujours le même, quelques paroles hypocrites vous font oublier en un instant deux ans d'outrages et d'affronts ; il n'en sera pas ainsi de ma nièce , je Fespère... Mais qu'as-tu donc, Emeline ? ta main est tremblante.
En effet, qu'est-ce qu'elle a donc, la pauvre enfant? comme elle est pâle !
LA PRÉSIDENTE, froidement .; Emeline.
Si j'avais mal jugé ma nièce, si d^autres motifs que rhonneur de sa famille , le sien même , pouvaient la guider en ce moment; si oubliant tout ce qu^elle me doit, elle trompait à ce point ma confiance ! . .
EMELINE.
Ma tante ! . .
LA PRÉSIDENTE
Vous savez ce que vous avez promis , ce qu'on attend de vous.
{.Elle lui indique la table sur laquelle M. Seyhlin vient de déposer des papiers. )
EMELINE.
Daignez m'entendre.
LA PRÉSIDENTE
Remplissez votre promesse, ou je pars à l'instant, et ne vous reverrai de ma vie.
( Elle fait un mouvement. )
(Sa )
EMEtlNE.
Arrêtez ! . . j^obéis. ( Elle signe el ditàpnrt. ) Il le faut!
LA PRÉSIDENTE, ^''emparant du papier.
C'est bien !.. remets-toi, mon enfant; je conçois tes larmes, et je les excnse. Bientôt, cependant, tu me sauras i^re' de t'avoir fait violence , et tu ser;is convaincue , comme moi , que 1 homme que tu quittes est indigne de tes regrets. M. Sejblin, faites-lui remettre cet ccrit^ qu'il signe à son tour, et rien ne nons retiendra plus ici.
( Seyblin sort. )
JACOBUS
Le fait est qu'il est bien temps d'aller rejoindre nos pénates... nos dieux larres. . . (appelant à la porte.) Holà! quelqu un !. . . qu''en attèle les chevaux au carrosse de madame la Présidente. . . et qu'on selle Blanchette.