SCENE III
tKs MÊMES, eûDcepté EMEL NÉ et LA CONSEILLÈRE"
JACOBUS, à la Présidence.
Comme il la regarde s'en aller. . . Ou dirait. Dieu me pardonne , que c'est encore parironie . . . Oh ! quel profond mauvais sujet!... un ve'ritable Alcibiade ! . . .
LA PRÉSIDENTE , à Frédéric qui est resté immobile à la
même place.
M. le comte. . .
ïrédÉric , regardant toujours du côté p<ir ou Emeline vien^ de sortir.
Ma tante?. . . .
LA PRÉSIDENTE
Comme nous avons compris tout l'embarras , toute la gêne de votre position parmi nous, nous avbos pensé qu'en faisant dresser d'avance l'acte qui va vous rendre de nouveau étranger à notre famille , nous ne ferions que remplir vos intentions , le voici, ( Elle lui présente un papier. ) veuillez en prendre lecture , le signer, et vous serez libre alors de vous éloigner dès que vous le jugerez convenable.
FRÉDÉRIC, prenant, le papier.
Ah! je serai libre... oui... je vous comprends, ma tante. . . Et ça , c'est l'acte de séparation.
( // n'y jette pas même les yeux. )
SEYBLIN.
M. le Comte n'a pas d'ojijection à faire? FRÉDÉRIC , regardant du côté de V appartement d'Emelinc Du tout, c'est Irrs-bieu rédigé. . . C'est vous , Monsieur ,
qui ... je vous en fais mon compliment... Non, je n^ai rien à ob)Pcter, piiisqu'cnlin c'est moi qui le premier ai demandé. . .
JACOBUS . lui présentant une plume.
Si vous voulez signer. . .
FRÉDÉRIC
Très-sensible à votre aimable attention.
LA PRÉSIDENTE
Placez-vous à cette table , M. le Comte , et INI. Seyblin vons indi(|uera les endroits.
FKKDÉRIC.
Pour les parapbes, cVst juste.
JACOBUS, près de la table.
Jeune bomme, nous attendons.
FRÉDÉRIC
INIe voici, me voici. . . ( Prenant la plume.) Convenez , mon oncle , que notre situation à tous est bieu singulière. . . Etes- vous marie' , mon oncle ?
JACOBUS
Non, Monsieur.
FRÉDÉRIC , à Seyblin.
Etes-vons marié , vous , Monsieur?
JACOBUS
Non; Monsieur n'est pas marié. . . Mais dépécbez-vous donc... vos amis s'impatientent sans doute, et le gibier va peut-être profiter de î occasion pour brrrr. ..
FRÉDÉRIC
y y suis . . . ( // se dispose à signer et s'arrête tout-à-coup. ) Mais non, au fait, cela ne serait pas convenable.
LA PRÉSIDENTE
Que signifie, Monsieur?..
FRÉDÉRIC
Cela signifie , ma tante, que j'ai trop de délicatesse, trop d'usage, pour signer le premier un pareil acte. . . Je signerai , mais après ma femme : je dois lui céder le pac. . . par politesse.
Il suffit. Monsieur, Emeline signera, et nous ne vous retiendrons plus.
FRÉDÉRIC
J'entends bien , ma tante. . . Comme vous me disiez louth-1'heure, je serai libre. Ainsi donc, de'cidémeut, il n^y aura pas de repas de noce V
LA PRÉSIDENTE
Non , Monsieur.
JACOBUS, gravement.
Et pas de lendemain.
ÏRÉDÉRIC.
Allons , je vois qu'il faut absolument me remettre en route... C''est drôle, ça me fait un effet!., je n'aurais pas cru cela. Cette chère Emeline ! ma femme !. . elle est si douce, si jolie !. .
LA PRÉSIDFNTE.
M. le Comte, nous avons bien Phonneur de vous saluer.
JACOBUS
Oui , Monsieur, nous avons Thonneur de vous saluer.
FRÉDÉRIC , saluant.
C'est moi , certainement , qui ... ( // salue et dit à part, en sortant. ) Je n'aurais pas cru que ça m'aurait fait tant de peine !, .
( // salue de nouveau et va pour entrer dans la chambre ou est Emeline. )
Où a liez -vous donc. Monsieur?
FRÉDÉRIC
Je sors.
JACOBUS
Ce n'est pas par là... vous vous trompez... c'est par ici.
( // lui montre la porte de sortie. )
FRÉDÉRIC
Pardon, je croyais. . .
( // iort en regardant toujours la porte de la chambre ou est Emeline. )