LA PRÉSIDEISTE , JACOBUS , SEYBLIN , LE CONSEILLER, LA CONSEILLÈRE
LA PRÉSIDENTE , au Valet qui sort aussitôt. Veillez à ce que personne ne puisse nous interrompre. ( Aux autres. ) Prenez place.
( La Présidente est au milieu dans un fauteuil ; à sa droite est Jacohus ; à sa gauche , sojit la Conseillère et le Conseiller.
JACOBUS
Le conseil est au grand complet. . . La séance est ouverte.
LA PRÉSIDENTE
Vous savez, mes chers pai-ens, quel est le but de cette réunion. Vous m'avez assuré, M. Seyblin, qu'aussitôt après la célébration du maria;:;e , on pourrait passer à la signature de l'acte de séparation.
seyblin.
Sans doute. Madame j le jugement définitif, dont voici l'extrait, est précis à cet égard : il dit formellement , que dans l'espèce , le mariage n'étant requis par riionorablc famille de lierlinghen ( La Présidente et Jacohus s'incli-' nent. ) , qu'à titre de réparation , le divorce pourra suivre immédiatement
JACOEUS.
Et par conséquent , les époux pourront convoler à d'autres noeuds 5 adnovas convolare nuptias.
LA PRÉSIDENTE
Mais taisez-vous donc, Jacohus ! . . . ( Vu ton de l'interrogation. ) Ainsi , cette affaire pourra être entièrement terminée aujourd'hui?
JACOBUS
Indubitablement.
LA CONSEILLÈRE
Je le crois. ( A son mari. ) Mais parlez-donc , Monsieur?. . .
LE CONSEILLER
Eh! eh!
JACOBUS
Eh ! eh! il l'a dit. . . il ue l'a parbleu pas manqué.
SEYBLIN.
A moins cependant que M. de Valsen ne refuse son consentement.
LA PRÉSIDENTE
Refuser ! , . . le pourra-t-il?
SEYBLIN.
Il le pourra ; mais à notre tour nous pourrons le coutranidre.
( ïo ;
LA PRÉSIDENTE
Oui , sans doute , la loi est là ; elle est pour nous , pour ma nièce, pour cette chère enfant, modèle de grâce et d'innocence.
JACOBUS
Vous avez raison en philosophie , et en morale.
LA CONSEILLÈRE
C^est aussi mon avis. {A son mari.) Eh hien !
LE CONSEILLER
Hum ! . . .
JACOBUS
Encore... Toujours.
SEYBLIN.
Vous m'aviez chargé , Madame , de préparer un acte de donation en faveur de l'enfant.
Ah! oui, à propos, le petit bonhomme^ n'oublions pas le petit bonhomme, s'il vous plaît.
LA PRÉSIDENTE
Jacobus!. . .
JACOBUS
Ah! dame , e'contez , ça me touche au cœur... le bambin est non seulement mon neveu, mais encore mon fdlenl. . , Ce pauvre petit Pompe'e... en maillot... Dieu! s'il lui manquait quelque chose! .. . D'abord, moi, je lui enseignerai l'e'Ioquence et la philosophie. . . dès qu'il sera sevré'. En outre , je lui laisserai tout mon bien... C'est toujours agréable d'être philosophe avec 2,5,ooo livres de rente. . .
LA PRÉSIDENTE
Par grâce , mon frère , taisez-vous.
JACOBUS
C'est-à-dire alors qu'il faut absolument être muet. . . Eh bien! soit, je me tairai. ( A part. ) On n'a jamais vu une pareille persécution! . . .
( // continue à agiter les lèvres comme s^il se parlait à lui- ''' même. )
LA PRÉSIDENTE
Il reste à nous entendre sur la conduite à tenir avec le
comte tle Valsrn. Il n'y n, je crois, Hucim rapprochement possible... {Au Conseiller. ) Tel est votre avis, mou cousio ?
LE CONSEILLER
Eh ! eh !.. .
LA PRÉSIDENTE
Et vous, mou frère, quel est le vôtre?. . . {Illct regarde et ne répond pas. ) Vous pouvez parler maintenant.
JACOBUS
Moi?... Je n'ai plus d'avis, ma sœur... je partage Popinion du Conseiller. . . exactement. . . eh! eh!. . .
LA PRÉSIDENTE
De Ihuiueur?. . . Cela se passera. ( Se levant.^ Quant à moi, mon opinion est qu'il faut que nous nous remettions en route aussitôt après la cérémonie, et que dès cet instant tout soit à jamais (ini entre cet homme et nous. . . Vous, mon frère, en votre qualité d'oncle, c'est à vous de recevoir le Comte, et de lui parler en notre nom. . . Songez surtout à repve'senter dignement la famille.
JACOBUS
C'est ça. . . vous allez me faire aussi ma leçon. . . à un professeur d'éloquence. .. Allez doue, ma sœur, songez aux bagatelles de la cérémonie,. . je recevrai.
( Tout le monde sort , excepte' Jacohus. )