SCENE II
LES MÊMES , LA PRÉSIDENTE , Gens de l'Auberge , Sttite de la Présidente, yc>Mw JAG^jBUS.
LA PRÉSIDENTE , aux valets gui portent des cartons.
Portez tout cela dans cet appartement. ( J M. Seyblin. ) Sans doute M. le comte espère nous surpasser par sou luxe... mais il se sera trompe'.
( On entend Jacobus dans la coulisse. )
JACOBTJS, dans la coulisse.
Garçon! garçon! qu'on desselle Blanchette. . . qu'on la bouchonne... qu'on la fasse rafraîchir... je vous donnerai pour boire ... ( // entre ; il est chargé de livres , et tient d'une main un Plutarque ^ et de Vautre une paire de guêtres. ) Ouf ! Oh ! là , là ! ... je n'en peux plus . . . Laquais , uu siège . . .
( Jl se jette dans un fauteuil , et s'dvante avec son chapeau. )
LA pr:êsidente.
Dans qnel état éles-vr^as donc, mon frère? En vérité, il est indécent de vous présenter ainsi devant moi.
JACOBUS
Comment? qu'est-ce que j'ai donc 1 (^ Se regardant.) Ah ! je vois ce que c'est. ( Il redresse sa perruque qui est de travers. ) Là. . . un œil de poudre, maintenant. . , un coup de mouchoir , il n'y paraîtra plus. . . c'est Blanchette qui est cause de tout cela.
LA PRÉSIDENTE
Aussi , comment à votre âge , un homme de votre caractère , un ancien professeur de philosophie. . . JACOBUS.
C'est justement pour ça. . . Je m'étais muni d'un échantillon de ma bibhothèque de voyage... J'avais Cicéron sous le bras droit, Platon dans la main ç;auche, et Caton eu croupe... quand tout-h-coup Blanchette fait un faux pas... tous mes grands hommes se laissent tomber... Alors je me suis dit faisons comme eux. . . soyons pl)ilosophe , et voilà pourquoi je me suis trouvé dans un fossé.
LA PRÉSIDENTE
C'est bon, c'est bon, mon frère, en voilà assez sur un pareil sujet.
JACOBUS
C'est fini... Ah! ça, voyons, tout notre monde est-il arrivé?... La mariée... oîi est la mariée?. . . ouest ma nièce?. . . Cette pauvre enfant! que je l'embrasse !
LA PRÉSIDENTE
Emelines'est rendue directement dansl'appartement qui lui avait été préparé , suivie de ma femme de chambre et accompagnée de la Conseillère de Wartz, dont le mari doit nous rejoindre ici , pour assister an conseil de famille que nous tiendrons avant la cérémonie.
JACOBUS
Encore votre Conseiller! En vérité , ma sœur , je ne sais quelle manie vous avez de le consulter ; un homme qui ne répond jamais rien.
LA PRÉSIDENTE
Il répond quand on l'interroge avec sens et jugement.
JACOBUS
C^est ça 5 oui , par eli ! eli ! . . . ou hien , oli ! oh !.. . ou bien encore, ah! ah!... on u'a 'jamais pu en tirer autre chose. Ah ! si, si. . . l'autre jour, à l'assemblée des états , il a été jusqu'à heu! heu !... A la vérité, c'est son plus beau discours ! heu ! heu !
De grâce! . . . Vous extravaguez, Jacobusj taisez-vous.
JACOBUS
J'espère au moins que ma nièce quittera enfin , aujourd'hui, ce maudit voile qui nous la cache depuis si longtemps!
LA PRÉSIDENTE
Ma nièce ne quittera son voile que quand il en sera temps. Vous savez fort bien que d'après les usages du pays , Emeline a fait vœu de se dérober à tous les regards , jusqu'au l'joment de son mariage, et ce n'est qu'après la cérémonie, que la comtesse de Valsen pourra, sans rougir, reparaître aux veux du monde et c'e ses parens.
UN VALET DE CHAMBRE , annonçant.
Monsieur le Conseiller et madame la Conseillère de Wartz.
( La Présidente va au-devant deux — Tout le monae sort, excepte' un Valet qui avance des fauteuils. )