MANN
TRICKMANN.
Par ici , par ici , madanie la Présidente. Il est arrive', c^est dans cette salle qu'il vous attend.
LA PRÉSIDENTE
Mais son e'quipage n'est pas dans la cour... ses gens n'ont pas encore para , et dans cette salle même , je ne vois personne. . .
TRICKMANN , bas.
Pardonnez -moi. . . tenez , ce jeune hoinme en bottes à éperons . . . là-has. . .
( Trichmann sort. )
LA PRÉSIDENTE
Eh quoi! ce voyageur. . . {A Jacohus.) Cet homme ditil vrai , mon frère? Est-ce la le comte de Valsen? JACOBUS , encore furieux.
Oui , c'est lui !
LA PRÉSIDENTE , faisant une grande révérence. Monsieur. . .
rRÉDÉRic , saluant.
Madame. . . ( Bas à Jacobus. ) Dites donc , mon oncle , elle est bien ressemblante aussi , ma tante. JACOBtrs , sèchement.
C'est possible. Monsieur. ( A part. ) Est-il moqueur , donc!
FRÉDÉRIC
Ma tante Brickbing . . . Berling . . . Votre nom , ma tante , s'il vous plaît?
LA PRÉSIDENTE , gravement.
La Présidente de Berlinghen.
( -8 ) FRÉDÉRIC
C'est ça , oui. Ma tante de Berliogheu veut-elle recevoir les hommages d'un neveu soumis et empresse', qui se rend h Ptiimable invitation qu'elle lui a faite... ( Montrant son papier. ) sur papier timbré? Je suis vraiment désolé de vous avoir fait faire la moitié du chemin; mais que voulezvous ? il paraît que c'était convenu d'avance avec les autres. . . mes nouveaux parens. . . les gens de justice. . . tout ce monde là m'a dit de venir dans cette auberge , et m'y voilà. {Tirantsa montre. Tenez , juste à l'heure indiquée... Heim? j'espère que je suis exact en affaires. . . Voilà peut* être la première fois que cela m'arrive; et puis j'ai réfléchi qu'après tout... j'étais responsable... responsable par corps. . .
JACOBUS
Par corps ! . . . quelle expression !
LA PRÉSIDENTE
Taisez-vous. ( A Frédéric.^ M. le Comte a , je suppose , im appartement où il pourra réparer le désordre de sa toilette, et se préparer à la cérémonie?
FRÉDÉRIC
Un appartement ? ma foi non . . . Est-ce que vous ne me trouvez pas bien ?. . . Dam'! moi, je suis venu comme ça , en voisin.
JACOBUS
En voisin ! et nous qui sommes si bien mis î Quel affront pour les Berlinghen !
SEYBLIN.
Il me semble pourtant, M. le Comte , qu'il eût été pins convenable, par égard pour votre nouvelle famille. . . FRÉDÉRIC ^ à la Présidente.
Au fait, j'ai peut-être eu tort, et je vous en demande pardon... mais que voulez-vous?... Comme je l'ai dit tout-à-l'heure à mon oncle , je ne pensais plus à rien. . . et puis , vrai, je peux vous l'avouer franchement... d'abord* ça m'avait paru plus drôle , plus original ; et moi , tout ce qui est original. . .
JACOBUS
Le fait est qu'il faut l'être beaucoup pour venir à la noce en voisin !
LA PRÉSIDENTE
Assez, assez , mon frère.
JACOBUS
Ecoulez donc, iiiii sœur, c'est que c'esl rc'volhintl. . . Il faudrait ue pas avoir de sang dans les veines ! . . . et il y en a beaucoup dans les veines des Berlinglien !. . . je suis bien aise qu'on sache ça , moi !
FRÉDÉRIC
Quant 0 la considération, aux égards que je dois à ma nouvelle famille, vous pouvez être tranquille , je n'y manquerai pas. Ma tante Berlinglien , mon oncle Jacobus. . .
JACOBI'S
De Berlinglien.
FRÉDÉRIC
De Berlinglien également. Mes cousins, mes cousines , mes neveux , mes nièces , s'il y en a. . . je n'en sais rien . . . je respecterai tout le monde, moi... d'autant plus que nous avons si peu de temps à vivre ensemble . . .
LA PRÉSIDENTE
Que si l'eftort vous coûte, il ne sera du moins pas long , n'est-ce pas là ce que vous voulez dire?
FRÉDÉRIC
Non , ma tante , non , vous interprêtez mal.
LA PRÉSIDENTE
Au surplus , M. le Comte, nous n'abuserons pas de vos momens; et comme cette entrevue est aussi pénible pour nous , qu'elle peut être fatigante pour vous, nous l'abrégerons autant que possible. Ou va prévenir ma nièce , et aussitôt après la cérémonie vous pourrez vous retirer. Nous n'aurons ensuite de rapports ensemble que par l'iatermédiaire de nos hommes d'afFr^ires.
FRÉDÉRIC
Comme vous voudrez , ma tante, je suis à vos ordres , et dès que ma femme sera là; car enlin , on ne peut rieu finir sans elle. . .
SETBLIN.
M. le Comte a sans doute amené ses témoins?
FRÉDÉRIC
Des témoins? du tout. Puisque j'avais oublié le mariage , je n'avais pas pensé aux témoins. . . mais s'il faut que j'en trouve absolument, ça ne sera pas difficile. Nous sommes sur la grande route , et dans la première diligence qui va passer. . .
■ ( lO )
JACOBUS
Ah ! c'est trop fort !
FRÉDÉRIC
"Vous trouvez?... Eh bien! voulez- vous m'en servir, vous?... Vous vous placerez à côté de moi, ça fait qne nous rirons , nous nous amuserons.
JACOBUS, avec un grand sérieux.
Nous ne sommes pas ici pour nous amuser , Monsieur.
FRÉDÉRIC
Ah ! c'est jusle. . . je vais me marier.