‹ Le MarocChapitre 24 sur 42 · L ARMEE MAROCAINE · texte numérisé non relu

L ARMEE MAROCAINE

questions militaires, R’bat a même un aspect plus redoutable que Tanger : « les fortifications de R’bat, écrit M. Leclerq, semblent résister aux injures du temps. Du côté de la mer, des bastions croisent leurs feux avec ceux de Salé et défendent l’accès de la rivière. La barre est protégée par une batterie inexpugnable, qui, pourvue de canons modernes, anéantirait en un instant les bâtiments qui voudraient forcer l’entrée ».

Rassurons notre compatriote. Les 30 pièces de 12 dont nous avons parlé, sont sur des châssis en fer, que le manque d’argent a empêché de mettre en batterie et qui n’y seront probablement jamais; d’ailleurs c’est une maigre défense qu’un canon de 12 contre les cuirassés dont disposent aujourd’hui les flottes européennes.

A Mogador, les canons des remparts encloués en 1844 par les marins du prince de Joinville et jetés du haut des batteries au pied des murailles gisent encore dans le sable qui les a reçus. A Mazaghan, abandonné par les Portugais en 1769, sur l’ordre du marquis de Pombal, les canons des anciens dominateurs sont « rongés par la rouille et leurs affûts tombent en pourriture ». Les murailles de Mazaghan « racontent la gloire du pays de Vasco de Gama et de Camoëns..., leur larereur est

LE ÎUAIÎOC.

telle, que les mulets et les chameaux y cheminent comme sur la grande muraille de Chine. Tout autour règne un large fossé qui du temps des Portugais, communiquait avec la mer et servait de bassin pour les petits bâtiments » mais la valeur de toute cette maçonnerie n’atteint pas même aujourd’hui le prix des moellons qu’elle a coûtés.

Page 1