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INTRODUCTION
son établissement définitif en Tunisie, en Algérie, à Timbouctou et au Soudan donnent, le cas échéant, à notre pays le droit d'envisager le sol marocain comme faisant partie de son domaine.
Toutefois, dans la situation de la politique européenne et avec les bases du droit public tel qu’on l’applique aujourd’hui en fait de colonies : à savoir que la terre est au premier occupant pourvu que V occupation soit effective, il faut peut-être s’attendre à voir nos justes prétentions contestées.
11 peut paraître oiseux de rechercher à qui, en droit, appartient le Maroc, quand le Maroc existe toujours comme puissance, qu’il jouit toujours de son autonomie, qu’il a son souverain, son peuple, son armée. Cependant, pour peu qu’on ait étudié les questions africaines, il n’est pas permis d’ignorer que, dès aujourd’hui, le Maghreb est une succession ouverte, et qu’en dehors de la France, bien d’autres prétendants sont déjà sur les rangs.
Les révoltes qui, dans ces dernières années, ont éclaté au Maroc, l’insurrection de Bou- Amama, les réclamations de ,1a France pour la répression du banditisme qui infeste notre province d’Oran et nous expose à des agressions comme celle de Timimoun (18 février 1901) par exemple, les tentatives des Maures du
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RifT (1) contre les possessions espagnoles d’Alhucemas et de Melilla concentrent depuis quelques années l’attention de l’Europe sur l’ancien empire des Almoravides.
Dans la situation tendue de notre vieux continent, les moindres questions prennent une importance exceptionnelle, et celle du Maroc, qui, en des temps moins troublés, eût été sans doute reléguée au second plan, tire des circonstances dans lesquelles elle se présente une gravité spéciale. Gomme des gens qui redoutent un incendie imminent, nous nous demandons, à la moindre trace de feu, si elle ne sera point l’étincelle qui fera sauter les poudres.
Encore que nous vivions à une époque brutale où les raisons de droit aient moins d’autorité que jamais ; bien qu’il nous ait été donné d’entendre un diplomate célèbre proclamer, en plein xixe siècle, cet axiome insensé, que la force est la loi suprême, il ne sera pas inutile, relativement à cet empire du Maroc, de rechercher, de dire les compétitions, les espérances, les ambitions des puissances et de les comparer à leurs droits.
A l’heure où peuvent naître, de l’autre côté de Gibraltar, des complications inattendues, il
(1) On nomme ainsi la partie du Maroc baignée par la Mé-
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est bon que l’opinion publique soit éclairée sur une question plus européenne qu’africaine : une exacte connaissance des problèmes est une condition indispensable pour leur appliquer une solution rationnelle.