LA FRANCE ET LE MAHQC SOUS LOUIS XV
nir du sultan de Maroc l'agrément d'établir un comptoir sur leurs côtes, les îles Ghafarines situées à quatorze lieues à TE.-S.-E. du cap Tres- Forcas, paraissent propres à cet objet.
1*> La rade est très sùre^ et rétablissement sur une des îles, loin d'être dans la fâcheuse position de la CallCj serait indépendant;
2° Il serait très avantageux pour notre navigation d'avoir sur la côte d'Afrique im port où Ton pourrait trouver tous les besoins ;
3^ En cas de guerre avec Alger ou Maroc j on serait de la sorte à portée d'intercepter leurs corsaires et surtout les galiotes, qui sont obligées de côtoyer;
4"* En cas de guerre avec les Anglais le port serait d'une grande ressource pour nos marchands qui y viendraient attendre le temps favorable pour passer le détroit, et serait encore pins avantageux aux corsaires ou i'régates en station sur ces parages ;
5*^ Quoique ces îles ne paraissent point susceptibles de rien produirCj le pays qui est vis-à-vis étant très abondant, la garnison coûtera peu à nourrir. A la vérité, en cas de rupture avec le Maroc, il faudrait se pourvoir en Espagne; mais le peu d'éloignement qu'il y a, rend la chose aisée;
6^* N'y ayant aucun port entre Geutu et Oran^ cette côte n'est fréquentée par aucun bâtimentj.
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de manière que nous y ferions exclusivement un commerce très avantageux malgré la guerre. Autrefois des bâtiments français y ont eu du blé pour une même quantité de seK Faute de renseignements sur l'intérieur d'un pays qui est très peu connu, je ne puis entrer dans les détails des avantages que ce commerce peut produire ; mais le blé peut être aisément exporté en contrebande, et les autres marchandises, toiles que la laine, la cirej doivent y être a bon marché, n'y ayant ni frais de transport, ni concurrence ; en lin, Ton y trouverait le précieux avantage de faire ses chargements dans un bon port, au lieu de les faire dans les rades de la cote de Salé, très dangereuse en hiver, et où Ton est obligé quelquefois d'évader (l) trois ou quatre fois avant d'avoir fini de charger (2). ï>
Combien ces considérations ne doivent-elles pas nous faire regretter aujourd'Iiui que nous sommes maîtres de T Algérie, de n'avoir pas occupé une position militaire dont les avantages sont si raLionneltement expliqués.
Quoiqu'il en soit, et en reprenant notre récit au point où nous l'avons laissé ^ nous dirons (jue le comte de Bruzon désigné par Louis XV pour se rendre auprès du sultan Abdallah-Mohammed,
(1) De revenir au large,
(2) Dans Thomassy, p. 1253 et 2a4,