LA FRANCE ET LE MAROC SOUS LE REGENT
l'Angleterre avait tout intérêt à rendre de plus en plus défavorable, et quand, en 1718, notre consul à Salé, M. de La Madeleine, eut été rappelé et non re^iplacé, nos intérêts au Maroc périclitèrent d'une façon sensible.
Jcuiie li le niauie.
Par leur traité de 1720, les Anglais ariivèrent à rendre encore pire, un état de choses qui nous était déjà préjudiciable; néanmoins on vendait encore au Maroc, enl733, pour 640,000 livres de toiles de France, ce telles que les Laval, les Bretagne et les Cambrai d, et pour 900,000 livres de
draps, papier, sucre, coton, quincaillerie, etc., sortant de nos manufactures.
Cette situation dura jusqu'à l'année 1763, date à laquelle la paix signée .avec l'Angleterre nous rendit la liberté des mers; le gouvernement français songea alors à reprendre avec le Maroc des relations commerciales qui avaient été longtemps pour nous la source de profits sensibles et d'une prépondérance politique incontestable. Dès 1764, des pourparlers furent entamés pour la rédaction d'un nouveau traité de commerce, et telle était à cette époque l'importance attachée par l'opinion publique au développement du trafic colonial, que nombre de négociants s'empressèrent d'envoyer au roi divers mémoires, sur les clauses à insérer dans la future convention.
Parmi ces documents venus un peu de partout nul n'est plus intéressant que celui fourni par un jeune officier de marine alors inconnu, mais dont le nom devait être inscrit un jour en lettres d'ûr dans les fastes militaires de la France : nous Livons nommé le futur bailli de Sufïren. On trouve notamment dans ce mémoire à propos des îles Ghafarines, appartenant désormais à l'Espagne, de curieuses appréciations démontrant combien dès cette époque déjà on comprenait leur importance.
<3: Si l'on pouvait, écrivait Sufïren en 1764, obte-