‹ Le Maroc d'aujourd'hui, d'hier et de demain;Chapitre 66 sur 71 · EFFET DE NOS VICTOIRES · texte numérisé non relu

EFFET DE NOS VICTOIRES

même absolu, est obligé en certaines occasions à tenir compte de Topinion publique.

Ainsi fit Abd-er-Rhaman.

D'ailleurs, après la double victoire remportée sur la puissance marocaine, il nous était permis d'être modérés. En aucun temps nos prétentions n'avaient dépassé la volonté de faire reconnaître de justes droits, et si nous avions la puissance de faire payer cher à nos ennemis la mauvaise foi dont ils avaient usé vis-à-vis de nous, nous ne le voulions point. Dès le lendemain de la bataille d'Isly, le maréchal Bugeaud avait écrit à Mouley- Mohammed pour lui offrir la paix aux mêmes conditions que la veille; il était difficile d'être à la fois plus modeste et plus généreux.

Il y avait peu de jours que le prince de Joinville s'était retiré dans la baie de Cadix, quand il reçut de Bou-Selam, le pacha de Larache, une communication officieuse, tendant à appeler à Tanger un agent qui put juger par lui-même des intentions pacifiques du gouvernement marocain. En conséquence M. Warnier, agent consulaire fut chargé de traverser le détroit et le 40 septembre 1844, M. Doré de Nyon, notre consul général assisté du comte Decazes, duc de Glûksberg, nommé plénipotentiaire du roi pour la circonstance se rendirent à Tanger où ils furent reçus avec des honneurs qui n'avaient jamais été accordés à aucun Européen.

M. Warnier qui s'était porté au devant des délégués français, partit le lendemain et remit au pacha de Larache un traité qui avait été rédigé à Tavance, en l'avertissant que le gouvernement français en exigeait l'acceptation dans les vingtquatre heures, sans qu'il y fut changé un mot. Bou-Selam se rendit à toutes nos conditions.

Le pavillon fut immédiatement hissé de nouveau sur le Consulat de France et pendant que MM. de Nyon et Decazes retournaient à Cadix attendre la réponse du Sultan, des estafettes couraient à Fez pour faire apposer^ sur le traité la signature impériale.

Ainsi fut accepté le traité de Tanger, où entière satisfaction était accordée à nos légitimes prétentions.

Aucune puissance européenne n'avait jamais obtenu un pareil succès diplomatique au Maroc. Il était stipulé entre autres dans ce traité qu'Abd-el-Kader était mis hors la loi et qu'il devait être poursuivi sur tout le territoire de l'empire. A l'article 5 il était dit que « la délimitation des frontières entre Sa Majesté Y Empereur des Français et celle de Sa Majesté l'Empereur du Maroc restait fixée et convenue conformément à l'état de choses reconnu par le gouvernement marocain à l'époque de la domination des Turcs en Algérie. »

Également pour l'article 3, l'empereur du

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