CONCLUSION
les anciens États du dey, nous menaçait de ne jamais reconnaître notre nouvelle conquête. Des notes aigres-douces furent échangées entre les deux gouvernements, et l'on put croire un instant que l'entente entre les cabinets de Saint-James et des Tuileries allait être un moment compromise. A Paris, Ton n'avait point d'autre sujet de conversation dans les salons diplomatiques, et l'ambassadeur anglais ne manquait pas une occasion de faire miroiter devant la jeune monarchie de Juillet les conséquences qu'auraient pour elle une rupture avec TAngleterre* Cependant, la fermeté du roi Louis-Philippe en cette circonstance et rénergie du maréchal Soult, conjurèrent un danger, que la suite montra avoir été plus apparent que réel. Il y a des gens auxquels il suffit de montrer les dents pour imposer.
A une soirée des Tuileries^ le duc de Dalmatie s'étant rencontré avec Tambassadeur anglais, celui-ci crut devoir reprendre sa thèse favorite et essaya de jouer de son épéo de Damoclès d'une façon inquiétante : a: Mais enfin^ que ferez-vous^ monsieur le maréchal, si l'Angleterre se refuse définitivement à reconnaître votre conquête d'Alger? — Excellence, reprit le duc de Daîmatie, si c'est au ministre de la guerre que Votre Grâce pose la question, je lui répondrai que la France serait profondément attristée de voir le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté lui refuser sa haute
sanction dans cette affaire; mais si c'est l'homme que vous interrogez, je vous dirai franchement... que la France s'en f... >
Et nous demeurâmes à la kasbah et nous conquîmes l'Algérie.
Nous ne conseillerons jamais à un président du conseil la franchise militaire du maréchal Soult, mais nous sommes d'avis qu'avec une formule mitigée, son énergie doit être imitée.
La première condition d'existence des peuples est de ne jamais transiger sur leurs droits et il est des instants où la diplomatie doit savoir retirer ses gants.
L'énergie et l'audace nous ont servi déjà en 1830 : nul doute qu'elles nous donneront encore à l'occasion, les résultats que nous devons souhaiter pour la gloire et la grandeur de notre patrie.