CONCLUSION
tienne le Maghreb se lèverait tout entier pour la défense du sol, le fait ne paraît pas à redouter étant donné l'état de fractionnement de:s tribus, celui de guerre perpétuelle dans lequel elles vivent les unes par rapport aux autres, le mauvais entretien ou plutôt Fabsence totale de routes et de communications.
Sous ce rapport, on ne pourrait tirer de conclusions pour l'avenir de ce qui se passa il y a plus de soixante ans, au moment de notre conquête d'Algérie. En 1830, nous arrivions sur la terre d'Afrique ignorant d'une façon â peu près complète et la nature du sol sur lequel nous ayions combattre et le genre d'hommes contre lesquels nous allions avoir à lutter. Notre base d'opérations était la France, nous avions la mer â traverser, et nous ne disposions ni de la vapeur ni de l'électricité. Nous avions affaire à une race hardie, entreprenante, plus groupée et de beaucoup plus fanatique que les Marocains, enfin nous étions habitués à cette guerre du continent où nous étions passés maîtres à la vérité, mais dont les principes n'étaient plus applicables sur un terrain montagneux, privé de routes, de débouchés comme était alors celui de l'Aljjéiïe, Telle fut la véritable cause des échecs partiels que nous éprouvâmes de 4830 à 4840. Aujourd'hui la conquête du Maroc par la France ne présentera it plus ces difficultés, et il suffit d'énumérer comme
nous venons de le faire nos causes d'insuccès à nos débuts en Afrique, pour comprendre que toutes ces anciennes sources de revers se sont changés en éléments de succès.
D'ailleurs, le passé lui-même ne serait pas pour nous décourager. Le 14 août 4844, dans la plaine dlsly, le maréchal Bugeaud venait à bout, avec sa petite armée de 11,000 hommes, des 25,000 cavaliers et des 5,000 fantassins du sultan Abd-er- Rhaman; 3,000 Marocains environ restèrent sur le champ de bataille.
Combien en demeurerait-il aujourd'hui que l'armée du Maghzen a encore son armement d'il y a cinquante ans, quand nos soldats disposent de l'arme redoutable actuellement aux mains de notre infanterie.
Nous l'avons dit plus haut, le jour où s'ouvrira effectivement la succession du Maroc, l'Espagne et la France, c'est-à-dire les seuls héritiers légitimes, verront se dresser devant elles les prétentions unanimes des puissances européennes et spécialement de l'Angleterre. Mais ici le passé pourra nous servir de leçon pour l'avenir, et à ce sujet nous concluerons par une anecdote.
Dans les derniers jours de 1830, alors que le drapeau français flottait définitivement sur la kasbah d'Alger, l'Angleterre qui, déjà avant l'expédition, n'avait pas manqué de déclarer qu'elle nous verrait avec peine porter nos armes dans