‹ Le Maroc d'aujourd'hui, d'hier et de demain;Chapitre 9 sur 71 · O LE MAROC · texte numérisé non relu

O LE MAROC

Begrabe, POum-er-Rbiaou «mère des pâturages », rOuedTensift, TOued Sous, enfin TOued Draâh.

Les derniers cours d'eau que nous venons de nommer, ont, la plupart, une importance sérieuse au point de vue géographique, et ils pourraient en

La, rivière Sehou,

acquérir une autre bien supérieure sous le rapport commercial. Le Sebou qui arrose Fez, est le second fleuve de TAfrique pour l'abondance de son débit. Large de 300 mètres « dans sa plaine inférieure que parsèment des ruines romaines, il coule en méandres entre des berges terreuses de sept mètres de hauteur, qu'il dépasse parfois dans les crues. » Sa profondeur ordinaire

OROGHA.PHIE. — FLEUVES, — CLIMAT, — FLOUE, ^

est d'environ trois mètres. Prenant sa source au nœud de montagnes qui lie TAtlas au système des dépressions du R\îl\ le Sebou cons^ titue avec la Moulouya, un canal naturel qui unit la Méditerranée àTOcéan: nul doute que, même dans l*état actuel d'anarchie où se trouve le Maroc, des communications commerciales se seraient établies par cette voie^ si le voisinage des tribus pillardes qui infestent les sources de ces deux coure d'eau n'interdisait de ce côté tout passage.

Le Bou-begrabe, le premier fleuve que l'on renconti^c au sud du Sebou, n'a guère d'importance comme cours d'eau : il est à noter cependant parce qu'il sépare politiquement les territoires de Maroc et de Fez.

C'est une rivière très souvent sans eau, dont rétendue ne dépasse pas 150 kilomètres.

L'Oued Oum-er-Pibia est, comme le Sebou ^ un fleuve considérable^ et certains voyageurs, Renou et Hooker entre autres, prétendent qu'il lui est supérieur comme débit; son lit peu profond, presque sans berges, lui permet au moment des pluies de se répandre à une grande distance de ses deux rives, II résulte de ces inondations fréquentes à certains moments de Tannée, que la vallée de î'Ouni-er-Rbia est très fertile, surtout près de l'estuaire ; de là le nom du lleuve ; mère des pâturages.

L'Oum-er-Bbia est navigable en toute saison

tQ LB MAROC,

pour les radeaux en jonc du pays ; peut-être avec certains travaux de canalisation, le rendrait-on facilement abordable à des embarcations plus considérables.

Au sud de TOum-er-Rbia, les oueds Tensift, Sous et Assaka sont plutôt des lits de rivière que des cours creau proprement dits. Tous les trois, démesurément grossis pendant Thiverj demeurent presque à sec pendant Tété, Dans son livre intitulé n Timbouctou » le docteur O. Lenz, nous raconte qu'au moment oîi il traversa la rivière S0US5 en mars 1880, ce cours d'eau avait à peine 50 centimùtres de profondeur sur trois ou quatre milles de largeur.

Le Draûh, le dernier des Jleuves marocains qui se jettent dans TAtlantique, est le /leuve le plus considérable du Maroc au point de vue de rétendue de son cours. Il descend de l'Aïatcliine, mais sur le versant sud-ouest de cette montagne, court d'abord entre le grand et le petit Atlas, franchit ce dernier au sud du massif de Chageroune et se dirige de là vers rOcéan, après avoir perdu dans les sables la presque totalité de ses eaux.

Pour que cette l'apide nomenclature du système hydrographique du Maroc ne soit pas trop incomplète, nous avons à signaler encore deux cours d'eau importants: TOuedZis et TOued Ghir qui descendent l'un et fautre de rAïatchiue se

OflOGÏlAPHlE.

FLEUVES, CtlMAT, FLOUE,

tl

dirigeant directement du nord au sud et, après un cours considérable, vont se perdre dans les sables, à Hioins — ce qui est fort probable — qu'ils ne rejoignent le Draàb par une communication souterraine.

Le climat du Maroc, en particulier sur la côte

Un ou ad nn Maroc*

de I^\tlanLiquej est d'une douceur et d'une régu* larîté qui en font un des pays les plus sains qu'on puisse désirer, A Mogador^ qui s'étend sous le 32*^ degré de latitude, la température ne s'abaisse jamais au-dessous de 10 degrés et ne s'élève pas plus haut que 31^ (1) : aussi les maladies dues

(I) Ofaservalîons de Beaumier sur une période de neuf années.

D ig itM^^^W) O Q l V

LE WAHOC.

aux fréquents changements de température sontelles inconnues dans cette zone Lenipérée, et la plitisiej par exemple, qui fait en Europe de si rudes ravages, est, à Mogador, une véritable exception (I).

Dans un pays qui s*étend du 37*^ au 27*^ degré de latitude j qui confine d'un côté â la merj de l'autre aux sables du Sahara, toutes les régions ne sont pas aussi favorisées. Ainsij la partie du sud est plus desséchée que la zone septentrionale, et, au contraire, on constate souvent à Tanger une humidité malsaine; cependant^ d'une façon générale, on peut dire que le Maroc est un pays privilégié sous le rapport du climat, et que les conditions hygiéniques de T existence y sont préférables non seulement à celles que nous avons en ïVance, mais à celles dont jouissent TEspagne etTAlgérie.

Au point de vue de la végétation, le sol marocain produit un quart des essences que i'on rencontre en Espagne ; cent quatre- vingt une espèces lui sont particulières.

C*est dans la région des montagnes et sur le versant septentrional j que se trouvent, sous ce rapport, les plus grandes ricliesses ; malheureusement rincurîe et Tinsouciance des habitants qui

(1) Le doctetir Thévenia n'a constaté que cinq cas *le plUisie en dix aimées ^ et encore trois malades avaient-ils rapporté cette affection d'un antre pays.

OROGHAPHIE. — FLEUVES. — CLIMAT. — FLOllK, 13

incendient à tort et à travers les furets pour se créer des pâturages, exercent chaque année, dans cette branche de la fortune publique^ d'irréparables ravages. Le dattier pousse à Tanger comme à Mogador, maisj ni dans l'une ni dans Taulre de ces villes j il ne donne de fruits estimés: il faut remonter jusqu'aux Oasis du Draâh pour rencontrer des dattes arrivant à entière maturité.

D'ailleurs les deux versants de l'Atlas consti* tuent pour la végétation deux zones bien tranchées : au nord, les essences européennes ; au sud, les productions sahariennes et équatoriales.

Nous avons déjà remarqué ce fait à propos des montagnes du Riiï; il est plus naturel encore de le constater ici.

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