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CHAPITRE PREMIER RELIGION MUSULMANE

Doctrines et pratiques. — Congrégations et Zaouïa. — Fêtes.

Doctrines et Pratiques

La religion musulmane e-t au Maroc, la religion d'Etat; la religion hébraïque n'est que tolérée, et souvent, dans l'intérieur, rexercice en est troublé. Le sultan du Maroc, chéri f descendant de Mahomet, est avant tout un chef religieux. La famille régnante actuelle est celle des Filali, formant avec celles des Drissi et des Guezzani, les trois souches de Cheurf a du Maroc

Le Coran (i) est, comme dans tous les pays de l'Islam, le livre

(i) Coran, — Cette (lrnominati(»n du livre sacré des Musulmans n'est que la transcription du titre que les arabes lui donnent le plus ordinaire. ment: Al-Koran (la récitation); toutefois ce code reli«îieux est souvent désigné par d'autres appellations telles (jue xM-Moshaf (le volume) Kitab- Allah (le livre d'Allah), Al-Kitâh (le livre) Al-I-oiirgân (la distinction), etc. Pour les profanes, le Coran est le recueil des préceptes édités par Mahomet pour servir de base à la nouvelle reli^^ion qu'il a fondée, mais aux yeux des •Musulmans, c'est la parole même de Dieu apportée j)ar l'ange Gabriel au

sax:ré et universel, applicable au culte, à la famille, à Thygiène et à la justice.

Pour le culte, c'est, eii quelque sorte, une bible contenant les dogmes et les préceptes qu'à certains jours, à la mosquée, riman explique aux fidèles. Ceux-ci ne doivent jamais discuter entre eux sur la religion. Aussi, se méfiant de Tignorance de ses adeptes, afin d'éviter les schismes, et désirant que sa loi ne fût pas interprétée différemment, Mahomet défendit aux vulgaires de commenter la religion qu'il leur avait enseignée.

Dans la famille, le Coran détermine les droits et les devoirs de chacun; il donne à l'homme une autorité entière sur la femme qui doit être plutôt son esclave que sa compagne.

La circoncision, les ablutions et les véritables exercices d'assouplissement dont sont accompagnées les prières rituelles, les recommandations d'avoir le plus possible les jambes et les pieds nus, d'épiler certaines parties du corps, de coucher tout habillé, de s'abstenir d'alcool, etc. en font une religion très hygiénique.

En justice, pour solutionner les litiges de toutes sortes, le Cadi a aussi recours au Coran qui est à la fois le Code civil, pénal et commercial des musulmans. Les peines qu'il édicté contre le vol, l'usure, l'ivresse, l'adultère de la femme et le meurtre entre croyants, sont toujours appliquées. Néanmoins la rigueur s'en est beaucoup adoucie; si les femmes, infidèles à leur seigneur et maître, sont encore punies de Vassa (fouet), l'on ne mutile plus guère les voleurs en leur coupant la main droite, et l'on n'applique plus aux meurtriers la peine du talion. L^n séjour plus ou moins long dans les cachots de la Casba, et une somme d'argent, sorte de wehrgeld, libèrent les uns et les autres.

Inculpés et témoins prêtent parfois serment sur le Coran.

prophète qui n'a étc* qu'un simple intermédiaire entre la divinité et les hommes, ou, suivant l'expression arabe, un rasoul (messager). Une conséquence imj>ortante est rosultcc; de cette croyance : Dieu s'étant servi de la lanjjue arabe n'a pu s'cx])rimer (|ue dans le dialecte le plus pur et le Coran est donc, au point de vue littéraire et grammatical, un texte d'une pureté irréprochable où un Arabe ne saurait, sans impiété, démêler la plus légère trace de faute. {La Grande lincyclofidic. O. iloudas).

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