RELIGIONS
Réciter des oraisons est une des principales occupations des musulmans, qui cinq fois par jour (le matin avant le lever du soleil, au milieu du jour, l'après-midi, au coucher du soleil et à la tombée de la nuit), doivent prononcer certaines prières rituelles. Pieds nus, tournés vers la Mecque, au milieu d'un petit tapis étendu sur le sol, tantôt debout, tantôt agenouillés, la partie postérieure du corps reposant sur les talons, s'inclinant par instant, le front effleurant la terre, et sans distractions, comme sans respect humain, ils répètent sans cesse leur éternel refrain.
Les ablutions précèdent chaque prière; ablutions simples des mains et des pieds, ou bain purificateur au hammam.
Le vendredi, jour dominical, la lecture du Coran est augmentée du Khotba, ou sermon, souvent plus politique que religieux. Le personnel des mosquées se compose de Vimariy prêtre et directeur, qui prend aussi le nom de Fkih, du muedzin qui appelle les fidèles à la prière et de Hhazzaba^ qui leur lit et leur explique des passages du Coran. Aux mosquées sont presque toujours attenantes des écoles dont quelques-unes possèdent des embryons de bibliothèques.
Les musulmans chaque année doivent observer un jeûne, le Rhamadhan, qui dure un mois lunaire, et pendant lequel du lever au coucher du soleil, ils ne doivent prendre aucune nourriture, ni aucune boisson, et ne pas fumer, (i)
(i) Les Marocains sont aujourd'hui tous musulmans orthodoxes du rite malékite.
Le culte des saints a pris dans Tlslâm du Maghrib entier, une extension et une vivacité qui ont attiré l'attention de tous les observateurs.
Le mot marabout a une histoire, il désijrna primitivement ceux qui, à la frontière de l'Etat musulman, portaient la (guerre sainte) ou djihâd chez les infidèles.
On fait généralement précéder le mot marabout du mot Sidi (Monseigneur), mais au Maroc, on donne spécialemeat le titre de Moulayc^ (mon maître), qui n'a pas d'équivalent au féminin, aux chéri f s
On nomme chérif quiconque descend du prophète par sa fille Fâtimat-ez- Zohra.
Comment devient-on marabout? il v a pour cela plusieurs voies. La science, les bonnes œuvres, la réputation d'équité, l'ascétisme, les pratiques mystiques; la folie et même l'imbécillité peuvent conduire à la dignité maraboutique. (Edm. Doutté, — Les Marocains et la Sccicté Marocaine. Revue g[énérale des Sciences 1903.)
IIO TITRE CINQUIÈME
Il n'est permis de se dispenser du rhamadhan qu'en cas de maladie, mais on doit ensuite jeûner durant un autre mois dès qu'on est rétabli.
Le Coran défend formellement les jeux de hasard, l'usage du vin, de la chair du porc et de celle des animaux morts sans avoir été saignés suivant les rites.
Congrégations et Zaouïa
Les congrégations religieuses sont très nombreuses au Maroc La moitié au moins des villes appartient à un ordre quelconque (Erkmann). Chaque congrégation (Taïfa) se rattache à des zaoum (couvents) qui existent soit dans le pays, soit à l'étranger. L'endroit des Zaouïa qui est plus spécialement affecté aux pratiques de ces congrégations prend le nom de rebat (lien); les affiliés se disent mccrbout (attachés à tel ordre). Ils (Mit pour chef un personnage qui appartient généralement à la famille du Saint, porte le nom de Khalifa (lieutenant), et a sous ses ordres des cheikhs vénérables, et des mokaddem (chefs subalternes) (H. P. de la Martinière.)
Les congrégations les plus importantes sont celles: de Mouleï Idriss, le fondateur de Fez, congrégation connue plutôt sous le nom de Mouleï Taïeb qui la développa considérablement; de Sidi Mohammed ben-Obdallah Sedguin; des Shekiin; de Sidi-Mohammed ben-Nacer; des Derkaoua; de Mouleï Abd-el- Kader Gilali, de Sidi Mokhtar-el-Kaounti; de Mouleï. Ahmed Tedjini; de Sidi-el-Rhazi; de Sidi Ali M'bouno; de Mouleï Mohammed ben Aïssa; de Mouleï Ali-ben-Flamdouch. Ces deux dernières congrégations se distinguent des autres par l'espèce de délire furieux dont, à certaines fctes, leurs adeptes sont possédés. A la fête du Mouloud, les Aïssaouas, après les avoir éventrés avec leurs ongles, et s'être souillés des entrailles fumantes, mangent des moutons vivants que leur jette la foule avide de ces spectacles. En temps ordinaire, ils montrent en public des serpents venimeux dressés, et ils exécutent des tours de prestidigitation. Mohamed ben Aïssa qui fonda cette secte