C. — Diverses
a) La maison Robert M. Sloman Junior, de Hambourg, expédie de temps à autre des vapeurs au Maroc, mais à Tanger seulement.
b) Une ligne espagnole, la ligne Roeca dessert Cadix, en partant de Hambourg tous les 15 jours. Cette ligne est presque exclusivement une ligne de cargos.
c) D'Anvers à Cadix, on peut encore signaler les vapeurs de la Compagnie Betica et de Mac Andreus, dont les agents sont MM. Walford et C'* (vapeurs Cartes, Georgian, Juan, Cormingham, Herrero, Goya, etc.) Ils font escale à Passajes, Saint-Sébastien, Bilbao, Santander, Gigon, etc., Cadix.
d) La Compagnie Neptune de Brème, met quelquefois un vapeur en charge pour Cadix.
e) Le Norddeutscher Llovd de Brème, qui fait escale à Southampton. touche aussi à Gibraltar (lignes de Chine et du Japon).
/) Westcott and Laurance Line Ld. — Ces vapeurs partent d'Anvers et vont quelquefois au Maroc en passant par Lontlres.
Tarif des droits quarantenaires.
Pesetas Médecin embarque à bord d'un navire en quarantaine. . par jour 50
— au lazaret, de l'île de Mogador {plus les frais de
voyage d'aller et retour) — 50
Délégué spécial à Mogador en cas de (juarantaine à l'île
de Mogador {plus les frais de voyage d'aller et
retour) — 20
Gardes infirmiers pour le lazaret de l'île de Mogador :
les jours de quarantaine — 10
— les autres jours — 5
{plus les frais de voyage d'aller et retour en 3e classe)
Visites des médecins sanitaires à bord des navires :
— les navires de moins de 200 tonnes — 10
— — de plus de — — 15
— les mêmes s'ils ont plus de 100 passagers. ... — 20 Un canot avec deux hommes pour surveiller un navire. . — 1 2 50 Garde sanitaire à bord d'un navire — 5
— infirmier à bord d'un navire — 8
— sanitaire embarqué d'un point à un autre. . . — 7 5û
— — — en cas d'épidémie à bord. — 10
Pesetas.
Pour chaque voyage supplémentaire du canot de la santé, par jour. 3
— — — avec mauvais temps. — 6
Médecin pour diriger la désinfection à l'étuve — 20
Aux employés pour — — — 5
Assistance du Délégué sanitaire à la désinfection . ... — 10
Sont aussi à la charge des navires les frais de Tétuve tels que mécanicien, charbon, etc., les désinfectants et les médicaments.
Tarif des droits sanitaires dans les ports
du Maroc.
Bâtiments de
tonnes .
ICI à 120
501 et au delà.
Les navires se rendant dans divers ports marocains doivent être mnnis d'une patente de la Délégation sanitaire dont le taux reste fixé à 5 pesetas.
Les navires subissent en outre la taxe suivante pour le canot de la santé :
A Larache : pesetas 1.50 lorsque les navires passent la barre, et 5 pesetas lorsqu'ils mouillent en dehors de la barre.
A Rabat : 5 pesetas.
A Casablanca et Mazagan : pesetas 2.50.
A Saffi : 5 pesetas en printemps et en été, 10 en automne et en hiver.
A Mogador : pesetas 3.75 lorsque les navires restent en rade, et 7.50 lorsqu'ils mouillent dans Tîle.
A Tanger : 2 pesetas. Mais les bateaux jaugeant moins de 60 tonnes en sont dispensés, et ceux qui touchent Tanger 3 fois par semaine ne paient que demi-tarif, soit i peseta.
NAVIGATION
Distances entre les différents ports marocains
Tanger à Larache. 47 milles.
— à Rabat 1 26 —
— Â Casablanca 162 —
Larache à Rabat. , -, 80 —
— à Casablanca. 120 —
Rabat à Casablanca 47 —
Casablanca à Mazagan S4 —
Mazagan à Saffi. 86 —
— à Mogador , 135 —
SafB à Mogador 56 —
Mogador à Agadir 81 —
Plus loin (deuxième partie. Notices des villes], 1 temenis spéciaux à chaque inlte mariHnti:
s donnons des r<
à Tanger d'Abd el Malek, oncle du sultan.
/. Historique, — //. Importations. — ///. Exportations
IV, Statistiques.
Historique
Pendant tout le moyen-âge, et même depuis rétablissement des comptoirs Carthaginois, les marchands chrétiens en relations avec le Maroc eurent le droit de communiquer avec le pays tout entier, et de voyager à rintérienr. Leurs affaires cep>endant étaient en réalité limitées aux villes de la côte. Seule Marrakech leur fut assez facilement accessible.
Au XIV siècle, les principales a échelles », ou comptoirs, étaient au sud, Arzila, Salé, Azemour, Safïi et Mogador, et au nord, Tanger, Ceuta, Badis (alors véritable port de Fez) et Melilla. Dans chacun de ces comptoirs, des Fondoucks étaient spécialement affectés à l'habitation des chrétiens qui y trouvaient une sécurité suffisante. Déjà à cette époque le Sultan était le plus fort client; conséquemment ses intérêts lui commandaient le respect de la personne et des biens des Européens.
La plupart des transactions s'opéraient dans le local même des douanes. Les principaux produits importés étaient : le bois, généralement de Venise, le cuivre qui s'expédiait surtout pour le Soudan, l'étain, l'acier, les armes de Lombardie et d'Allemagne, certains métaux précieux à peu près exempts de droits, la quincaillerie dite « articles de Milan », les laques et les mastics. Gênes envoyait des tissus de coton, la Bourgogne ses draps, Perpignan et Florence des teintures végétales et miné-
raies, les Baléares et la Sicile, des épices et des drogues. — Notons un trafic de vins qui paraît avoir été considérable dans tout le royaume où la vente, au XIV* siècle, s'en pratiquait publiquement.
A l'exportation, on remarque surtout les chevaux, les cuirs tannés, le bétail qui fut toujours très nombreux dans le Maghreb, la cire et l'huile. Un fait curieux : au XVlir siècle, des quantités de sucre brut venu du Maroc étaient vendues à Marseille et dans la Flandre; la culture de la canne n'était pas encore abandonnée au XVI* siècle, et les plantations de Ceuta étaient célèbres. Beaucoup de céréales s'exportaient à Gênes, à Marseille et à Venise; un traité vénitien de 1231 stipule même la sortie libre des céréales dont la République aurait besoin en cas de disette de plus d'une année. Le Maroc semble avoir fabriqué des cotonnades. Le commerce des métaux mériterait une étude spéciale; Ibn Hankal rapporte qu'au X* siècle le mercure, le plomb, le fer et la poudre d'or s'exportaient couramment du Maroc
A cette époque reculée, le commerce était plus important avec Constantinople et l'Egypte qu'avec l'Europe^ la piraterie gênant quelque peu les rapports avec les puissances chrétiennes.
Les premiers ambassadeurs et consuls chrétiens au Maroc furent plutôt des explorateurs et des négociants. Le chevalier de Piton envoyé par François P', et qui fut un instant arrêté comme contrebandier était surtout; chargé de ramener des « fauves et des bctes curieuses ». Les Consuls de Henri III négociaient avec le Sultan pour l'achat du cuivre ou des chevaux. Enfin, vers la fin du XVII* siècle, Moulay Ismaël demandait à Louis XIV qu'on voulût bien lui envoyer des « ambassadeurs et Seigneurs d'un ordre plus relevé que de simples marchands ».
Le mouvement commercial de l'Europe vers le Maroc ne s'est {précisé avec quelque régularité que depuis la fin du XVlir siècle, lors de la constitution, en 1792, d'un corps consulaire permanent et organisé. C'est aussi de cette époque que datent les premières statistiques, si l'on peut dénommer ainsi des états approximatifs et ron contrôlés.
L'Espagne jouissait encore de privilèges notables, et l'exportation des céréales était réservée à quelques maisons de Cadix et Madrid.
Vers 1820, c'est à 25 millions que s'évaluait la totalité des échanges entre le Maroc et l'Europe. Depuis une dizaine d'années, ces échanges semblent être de 50 à 60 millions, dont moitié pour l'importation et moitié pour l'exportation.
Importations
Généralement le commerçant marocain est honnête. C'est à peine si quelques faillites viennent de s'inaugurer à Tanger; ce sont les premières, et leur action fâcheuse a été très étroitement localisée. Toutefois le marocain n'a pas la notion de l'échéance précise, et les Européens récemment installés dans ce pays ont une tendance à prendre cet état d'esprit.
Il est rare que le commerçant européen traite directement avec l'acheteur marocain. Généralement il a recours à un commissionnaire-ducroire habitant le pays, et par conséquent susceptible de suivre le crédit de ses clients. Aucune agence de renseignements n'existe sur la côte, et les fiches sollicitées des commerçants sont rarement impartiales.
Toute tentative d'importation d'un nouvel article n'a de chance de réussir qu'autant qu'elle sera faite prudemment, et avec la connaissance parfaite du goût des Marocains. L'envoi de quelques échantillons ne suffit pas; un dépôt est généralement nécessaire.
La majoration des prix est à éviter car les négociants marocains sont très sollicités, et beaucoup d'entre eux ont à Marseille, à Gênes, à Manchester et à Hambourg des correspondants avec qui ils sont en rapports fréquents. Le Marocain aime le bon marché, c'est vrai, mais il tient compte aussi de la qualité. Et c'est ainsi qu'aux sucres autrichiens ou belges il préfère souvent le sucre français dont le prix dépasse, par quintal, 3 à 4 francs.
Certains tissus catalans, quoique de très bonne apparence
n'ont pu lutter contre les tissus anglais de qualité plus solide. Quant aux draps, le Marocain a longuement hésité; il hésite encore; les préférences qu'il eut certain temps pour le drap français sont passées aux draps allemands, italiens et suisses.
Le pliage, l'empaquetage et la forme doivent être suivant l'habitude locale. Ainsi le sucre doit être en pains de 1.400 grammes; toutes tentatives pour un autre poids ou une autre forme ont échoué. Tout récemment 1.500 tonnes de sucre expédiées par une maison de Trieste ont, quoique de qualité conforme, été refusées parce que les étiquettes étaient noires au lieu d'être rouges.
Si TAngleterre a la préférence pour ses bougies et ses thés, elle la doit peut-être plus à leur empaquetage qu'à leur qualité et à leurs prix. Les tentatives françaises récemment faites du côté d'Oudjda et le Mélilla ont réussi.
Grâce à leurs primes de sortie de la Métropole, les farines françaises arrivent à concurrencer très avantageusement les produits des autres pays.
Les vins et les liqueurs de France, principalement les vins de Champagne, ont depuis quelque temps, jusque même dans l'intérieur du Maroc, une clientèle aussi considérable qu'inespérée. Fez consomme du Champagne de traite, et l'Intérieur exige de grandes marques.
Exportations
L'exportation du Maroc est, exception faite de quelques tapis et babouches, exclusivement agricole. Son importance en quantité et en valeur dépend donc des récoltes et des cours.
Les prix des céréales sont très variables; ils dépendent beaucoup du plus ou moins de facilités de communications entre places; aussi existe-t-il autant de cours que de ports. En temps normal, le blé dur vaut de 15 à 18 pesetas, et l'orge oscille entre 7 et 10 pesetas. Toutefois le blé a atteint 30 pesetas, et l'orge 13,50. Ces prix ont été exceptionnels mais ils peuvent se représenter, et, par suite, les places exportatives
d'Europe ont intérêt à connaître l'état des marchés de grains du Maroc afin de dériver dans ce pays, le cas échéant, les chargements considérables qui passent par le détroit de Gibraltar.
Les œufs sont une des principales ressources de l'Ouest. La volaille marocaine n'a cependant pas grande valeur, mais elle est en prodigieuse abondance. Les œufs sont transportés en caisses oblongues fournies par les acheteurs. Ils valent de 3 à 4 pesetas le cent.
Les amandes sont spéciales à la région de Mogador et Mazagan. On en trouverait cependant de nombreuses, un peu plus petites il est vrai, dans le Rif, si l'exportation par Alhucemas et Penouan n'était pas entravée par l'Administration militaire espagnole. L'importation des amandes du Maroc est plus ou moins grande suivant que la récolte de celles de la Provence et de l'Italie est mauvaise ou bonne.
L'huile ne figure presque pas dans les produits d'exportatation, quoique l'olive soit abondante. Il en sera ainsi tant qu'une culture plus rationnelle (le greffage d'abord), n'aura pas tiré un plus avantageux parti de toutes les oliveraies des contrefarts de l'Atlas.
Le bétail s'exporte seulement par Rabat et par Tanger; nous en parlerons plus loin (Ressources du pays).
Les peaux de chèvre de Mogador, ainsi que celles de Mélilla, jouissent d'une certaine réputation. L'indigène les sèche et les sale avant de les offrir à la vente.
Depuis quelque temps l'exportation des laines semble se ralentir. Ce produit est de qualité inférieure, mais il aurait plus de valeur si les indigènes procédaient à un lavage qui diminue les possibilités de fraude.
Un Anglais a récemment essayé avec succès l'élevage des vers à soie, produit dont l'expxDrtation est maintenant permise.
Statistiques
Chaque année, généralement au commencement du quatrième trimestre, le Moniteur oific'ul die Commerce et le BiiU
lelin du Comité de C Afrique Française reproduisent les rapports consulaires sur le commerce des 8 ports durant l'avantdernière année; ainsi par exemple, en 1904, s'agissait-il des rapports de 1902. Ces deux publications ne donnent pas de tableaux récapitulatifs du conunerce général du Maroc; leur réserve est vraisemblablement due au peu d'assurance qu'elles ont de l'exactitude complète des sommes dont les chiffres ont été recueillis très difficilement
Nous avons ce même scrupule. Nous nous contentons donc de donner, dans les notices des Villes, les tableaux des importations et des exportations, et ceux des répartitions par nation, mais jusque fin 1904.
Nos statistiques appellent deux observations. Tout d'abord elles sont constituées par une moyenne des chifFres français, anglais et allemands, lesquels, on le sait, sont souvent très différents. D'autre part, la nationalité de la marchandise a été déterminée par la couleur du pavillon, et par suite elle n'est pas toujours vraie. Nous ne garantissons donc rien. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que nous avons apporté le plus grand soin dans nos recherches, et que nous nous sommes efforcés d'avoir des renseignements assez récents pour indiquer, dans la mesure du possible, la situation commerciale du Maroc
> Difiiht ColmûaU UliulTtt.
INDUSTRIE