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L'Industrie est embryonnaire. Le fastueux développement qu'elle eut autrefois, si Ton en croit le récit poétisé des écrivains de l'Espagne musulmane, a disparu. Il semble d'ailleurs que le Marocain ait toujours été sCgriculteur comme l'y conviait une nature particulièrement bienveillante, un sol fertile et un climat tempéré. Quant aux villes elles furent beaucoup plus des entrepôts commerciaux, des marchés où venaient s'approvisionner les tribus voisines, que de véritables centres industriels.
La production industrielle la plus connue, sinon la plus importance, consiste en la fabrication de /ct/^s. Les produits de Rabat sont les plus estimés; ils sont du type de ceux de Smyme avec une trame cependant plus lâche. Leur forme est généralement irrégulière, avec une largeur de i m. à 2 m. 50, sur une longueur qui atteint quelquefois 6 mètres. Ils sont remarquables par leurs couleurs très brillantes où domine le rouge. La quantité annuellement mise en vente dépasse 4.000; la fabrication est très soignée, et par suite très longue; le travail est exclusivement réservé aux femmes, et celles-ci acquièrent une remarquable habileté. Le prix moyen des tapis est de 40 à 50 ps
pièce; plus généralement le prix se détermine au kilo qui est compté de 3 à 5 pesetas. Malgré leur réputation universelle, ces tapis sont relativement peu exportés; les Marocains les prisent fort, et les gardent.
i^a plupart des tapis marocains que Ton trouve en Europe ont été fabriqués à Casablanca ou à Mequinez et sont de qualité relativement inférieure. A Mequinez, la fabrication qui était autrefois très active, est aujourd'hui en décadence.
On fabrique également au Maroc, particulièrement à Salé et Ouezzan, une sorte de tissu très serré de cordes de laine, à larges bandes noires et rouges appelé le Hombcl. A Salé, 80 maisons indigènes se livrent à cette industrie; une quarantaine b Ouezzan, et à Tétouan quelques-unes.
Les ctnrs du Tafilet ainsi que ceux de Marrakech, de Fez et de Tétouan, jouissent d'une grande renommée. Ils sont remarquables par leur souplesse qu'ils doivent à une très longue macération (10 années quelquefois) dans des matières végétales encore mal connues. Leur teinture rouge — caractéristique de Filali — est obtenue par la noix de galle d'un faux poirier appelé Takaout qui pousse surtout sur les bords de TOued Draa. Des tentatives récentes ont été faites pour acclimater cet arbre en Algérie.
Beaucoup de oes cuirs sont aussi teints en jaune et sont employés dans la fabrication des babouches qui sont si réputées dans le monde musulman qu'il s'en importe pour plus de 1.500.000 pesetas en Egypte, pour 300.000 pesetas en Algérie par voie de terre, et à peu près autant par caravane au Soudan. Ces chiffres donnent une idée de l'importance de cette industrie qui pourvoit en outre à l'abondante consommation locale.
Autrefois, les tissus de soie et les broderies qui sont encore im des produits de Fez, étaient fabriqués avec la soie de Dje- 1^1. La matière première vient aujourd'hui de France et de Gênes, qui en ont importé pour 1.400.000 pesetas en 1904, ce qui suppose une certaine activité industrielle.
Le Sous a quelques notions de la métallurgie. Avant Tinvasi on économique européenne, c'est de ce pays que le Maroc tirait le métal qui lui était nécessaire; les armes étaient travaillées
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à Fez et à Tétouan. Il reste encore à Fez un arsenal, mais celuici outillé à l'européenne, travaille pour le compte du Malchzen sous la surveillance d*un colonel détaché de l'armée italienne.
La célèbre poterie marocaine, la faïence et les mosaïques dont le Moyen-Age vantait la splendeur — sans trop la connaître — se réduit aujourd'hui à quelques émaux, mal cuits, de Fez et de Saffi. Toutefois les amateurs recherchent encore les vieilles faïences, vestiges d'un art presque disparu.
La minoterie marocaine ne comporte pas un outillage très compliqué: deux pierres meulières taillées dans les pTaines subatlantiques suffisent également pour la préparation, très sommaire, des huiles d'olives et d'arganiers. Il y eut cependant des tentatives de moulins plus sérieux, notamment à Tanger où le Sultan fit construire il y a 25 ans un moulin à vapeur, moulin aujourd'hui abandonné. C'est là une industrie dont les Européens, notamment les Français se sont emparés avec succès. Il existe cinq minoteries à vapeur à Tanger, une à Larache, une à Saffi^ une à Mogador.
Une industrie indigène dont les Européens s'emparent peu à peu est la fabrication des savons mous dont les indigènes font une grosse consommation. Ces savons sont fabriqués assez facilement, sans main-d'œuvre savante et avec les seuls produits du pays. A Tanger et à Mogador cette industrie est exercée psir des Français.
Deux fabriques de pâtes alimentaires, l'une à Tanger, l'autre à Mazagan — également françaises — suffisent presque à la consommation des ports de la côte. Le Sultan a récemment admis leurs produits au cabotage.
La fabrication des cigarettes a pris depuis quelques années une grande extension. Indépendamment des installations relativement anciennes à Tanger, une fabrique s'est montée récemment à Casablanca où elle fonctionne avec succès.
Les eaux gazeuses sont fournies à Tanger par cinq usines. Un Français vient d'en établir une à TétouaiL II en existe à Casablanca et à Mogador. L^ne distillerie fonctionne avec sucsès à Larache. La distillation de l'alcool est fort pratiquée au
Maroc; ÎI n'est presque pas de boutique juive où ne se trouve un petit alambic.
On peut regretter qu'une filature de laine ne soit pas établie à Larache où elle bénéficierait de toutes les laines qui s'exportent, et de celles que travaillent, à grands frais, les indigènes.
Signalons enfin une fabrique d'alltimelies à Tanger.
Il y a quinze ans une tentative fut commencée à Fez et Méquinez pour la fabrication du sucre. On s'aperçut assez vite que la matière première faisait défaut.
La brique est un produit de fabrication locale. A Tanger une usine a même pu produire la brique à trou, brique relativement difficile à fabriquer. Une installation de comprimés en ciment vient d'être rendue nécessaire à Tanger par !e développement croissant du bâtiment. Une scierie et une tarauderie fonctionnent depuis quelques années dans cette ville.
Il n'est pas sans intérêt d'observer que la plupart des industries (94 %) sont entre les mains des Français.
Fête de la Iîd du Ramadan â Marrakech.
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