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CHAPITRE TROISIÈME FORÊTS

Le principal massif forestier (lu Maroc est celui du Riff. Toutes les montagnes du Nord-Est sont couvertes de forêts, la plupart de hautes futaies, et toutes très riches en essences variées. •

On y rencontre des forêts entières de cèdres, de pins d'Alep, de noyers, de chênes- lièges, de chênes verts, de frênes et de buis.

Sur les flancs, les orangers, mandariniers, figuiers, abricotiers, pommiers, poiriers, grenadiers, myrtes, caroubiers, lauriers, amandiers d'Apollon, oliviers et mûriers poussent pour ainsi dire sans soin, et se repeuplent d'eux-mêmes.

Dans certaines parties du Riff, les villages sont entourés de plantations de peupliers, de thuyas, de trembles, d'arbousiers, de genévriers, de platanes et d'ormeaux qui servent d'appui aux vignes quasi-sauvages formant une des richesses du pays.

Le raisin est séché, ou transformé en une espèce de gelée qui, avec les glandsdoux, est la base de la nourriture de beaucoup de tribus berbères.

Le liège n'est pas exploité dans le Riff, malgré sa beauté et sa quantité. Il sert tout au plus à faire des ruches à abeilles pour la grande industrie du miel berbère.

Les forets de noyers doivent être immenses, si l'on en juge j>ar les énormes quantités de noix apportées par les Berbères sur les marchés des villes.

Dans les hauts plateau.x du Riff, et dans ceux de l'Atlas. l'on rencontre un arbre très particulier, VArar (Callitris quadrivalvis, ou diras des Romains) conifère dont le bois incorruptible est très apprécié dans les constructions, par sa structure générale, il s'appelle le pin d'Italie. Actuellement le bois d'arar est exploité sans méthode, et conséquemment très fâcheusement, par les Riffains qui le transportent à Tanger. La résine de l'arar est la sandaraque utilisée pour les vernis.

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« Les arbres d'une essence inconnue qu'avait vus Suetonius Paulinus dans son expédition, et que Pline a décrits après lui, étaient, sans nul doute, des arars. L'odeur très pénétrante de l'arar est plus agréable que celle du cyprès, son bois est très incorruptible. On voit, dans les ruines de Chela, des traverses d'arar qui datent de lo siècles, et qui n'ont nullement souffert m (de la Martinière).

Les forêts qui couvrent le Moyen Atlas, sauf vers le Nord- Est, sont identiques à celles du Riff ; elles paraissent être plus touffues. M. de Foucauld en parle souvent avec admiration. On peut citer les belles forêts de cèdres de Beni-Mquild et des Ait'Youssi qui, du reste, sont exploitées, et dont le bois est expédié dans le nord du Maroc.

La chaîne du Grand Atlas est souvent boisée, mais sur son flanc septentrional seulement.

Les deux seules forêts qui existent en plaine, sont situées près de la côte Atlantique; l'une non loin de Larache dont elle porte le nom; et l'autre qui s'appelle forêt de Mamora, entre Mehedia et Rabat.

La forêt de Larache est de plus en plus dévastée par les indigènes qui y exploitent le liège en détruisant les arbres. La forêt de la Mamoura est mieux conservée, et cela parce qu'elle sert de refuge à beaucoup de bandits, principalement aux tribus des Zemmours et des Zaens dont la présence est contraire à la pénétration.

Depuis rOued Tensift, jusqu'à l'Oued Noun, dans tout' le Sous, on remarque un arbre sjiécial, tantôt isolé, tantôt formant massifs, et qui, par son ombre, a détruit toutes les autres essences. C'est Yargcmier ou Argan (argania Sideroxylon) bois dur et noueux d'une taille énornio, et avec appareil ligneux très développé. Il donne, comme fruit, une baie dont les chèvres sont très friandes; en ruminant ell-es rejettent les noyaux, et, de ceux-ci on retire une amende qui fournit une huile très estimée. Dans sa géographie i)h)'sique du Maroc, M. Machat dit que le Dr Leuz regarde l'arganicr comme un représentant de la flore tropicale.

Le système forestier des oasis est composé principalement

KESSOURfliS DU PAYS

de palmiers et de dattiers, cultivés et irrigés par les indigènes. Les variétés de dattiers passent pour être très nombreuses; deux cents, dit-on. Celle qui est la plus exportée en Europe, porte le nom de Maihol. La datte forme la base de la nourriture des habitants et des animaux des oasis.

I.e fruit de l'arbuste qui a nom taygaioul sert à tanner les peaux de chèvres qui, après cette préparation, sont dénommées « maroquin ».

ri Parmi ks autres plantes spéciales au Maroc, et utilisi^cs |Kiur leurs produits, on pi'ut citer une espèce de fécule qui fournit la gomme i< ammoniacjue » (facuuk), résine d'une acre odeur, cxpédicc en Egypte et en Arabie, où on l'emploie pour des fumigaliiins. Sur le versant Saharien et dans le Sous, on rencontre des gommiers (Acacia gummifera ), et de grande euphorbes (Euphorbia rcsinifcra) dont un recueille le suc. » (A. Bernard, Les Productious, l'Agriculture et l'Industrie au Maroc. Revue générale d*s Sciences, 1903.)

CHAPITRli: QUATRIÈME

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