‹ Le MarocChapitre 75 sur 94 · I). — SERVICE LARACHE-EL-KSAR · texte numérisé non relu

I). — SERVICE LARACHE-EL-KSAR

Larachp:. — Départ : les mardi, jeudi, ^medi, à 10 heures matin. El-Ksar. — Arrivée : mêmes jours, à 3 heures soir.

Départ : les lundi, mercredi, vendredi, à 7 heures matin. Larache. — Arrivée : mêmes jours, à midi.

K. — SERVICE maz.\(;an.marrakech

Mazagan. — Départ : les lundi, jeudi, samedi, à midi.

Marrakech. — ArrivtV : les mercredi, samedi, lundi, à 10 heures matin.

Départ : les lundi, mercredi, vendredL à midi. Mazagan. — Arrivée : les mercredi, vendredi, dimanche, à 10 heures matin.

NOTA. — Un 'luatrième courrier hebdr>inadaire sera créé au départ de Tanger le mardi et retour de Fis le samedi.

La route de Tanger à Fès

La route (Tète est directe, en 75 heures, dont 6 au ininimun d'arrêt forcé vers l'oued Selcm, entre Tanger et El-Ksar. — Soit, au vrai, 60 heures pour un parcours total de 240 kil«»mètres. distance iiiaxima parcourue par les sentiers de coupun» suivis par les rekkas. Itinériiin- : Tang.T. Her-Rihan, Kl-Ksar, Had-Court. Ouar^a. El-Kadli, Oudaya, li«'intou, Fès.

La route d'hiver est srnii-directe, en 76 heures, pfuir 265 kilomètres :

TauK-.T-Arzila. , '; heures

Ar/i!a-Kl-Ksar 10 —

Kl-Ksar- Bel- Keïsiri <) —

Bel-K«'ïsiri-Fès 4^ —

Total /f» heures

Les courriers «]ui. à la saison des pluies, suivent la route d'été, perdent beaucoup di* tenij>s polir U- passap- des rivièn-s entre Fès et El-Ksar. Il nVxisl.* pas de pirogues aux noinbn-ux affluents de la riye tlr<»ite du Sebou. La rout? dits» f l'hiver présente moins d«' rivien s et est plus praticaile, étant moins inondée.

Une deuxiènu- n>utf dhivt-r va par L;u-ache <'t Lalla-Mimouna. Elle n'est suivie que très rxcfpti"nrull<nu*nt par les rekkas. Son horaire est :

TangfT- Larache i^> heures

Larache-Bel-K(*ïsir H) —

Bel- Keïsiri- Fès 4^ — "

Tota' >Si heures

RENSEIGNEMENTS DUTERS 29 1

pour un parcours de 290 kilomètres. Cette voie serait la plus praticable à la saison des grandes pluies.

La marche normale des rekkas, en tenant compte des arrêts, n'atteint pas la moyenne de 4 kilomètres à l'heure.

Les courriers spéciaux non chargés accomplissent le trajet Tanger-Fès en 58 heures {BulUtin du Comité de r Afrique Française, 1904.)

Le service des Postes et Télégraphes Français au Maroc est soumis aux mêmes principes administratifs que dans la métropole, mais l'interprétation des règlements y est plus large et plus libérale. Il dépend de l'Administration Centrale Métropolitaine, (Direction deis services maritimes, pour les opérations d'ordre postal, et Direction d'exploitation électrique, pour celles d'ordre télégraphique). Il relève directement de la Direction des Postes et Télégraphes des Bouches-du- Rhône pour l'ordonnancement des dépenses administratives, et conséquemment pour la comptabilité.

Un receveur principal en résidence à Tanger est le directeur du service français au Maroc. C'est actuellement un ancien inspecteur des postes aux colonies, M. Villarem. Sa tâche est difficile, car non seulement elle est compliquée par les opérations de change, mais le budget de dépenses des bureaux n'est que de 11750 francs, et doit pourvoir au personnel, au loyer et aux frais de bureau, Tanger excepté. Sauf dans cette ville il ne peut donc y avoir aucun employé de carrière; certains bureaux du Maroc ont cependant un chiffre d'affaires très important.

Le bureau de Tanger est ouvert à toutes les opérations normalement pratiquées dans la Métropole : affranchissements, recommandations, valeurs déclarées, chargements, mandats poste ^^"ançais et internationaux, caisse d'épargne, recouvrements de factures et d'effets de commerce. Les bureaux secondaires de Casablanca, Elksar, Fez, Larache, Marrakech, Mazagan, Mogador, Rabat et Saffi participent à l'émission et au paiement des seuls mandats français, à l'abonnement aux journaux et aux recommandations. Ceux de Casablanca, Mazagan et Mogador admettent également le trafic des chargements, valeurs déclarées, etc.. et aux mandats internationaux. Quant à ceux de Fez, de Mellah, de Méquinez, de Salé et

d*Arzila, ce sont de simples bureaux auxiliaires qui se bornent à rafFranchissement

Le tarif d'affranchissement est de o fr. 05 pour Tanger, et o fr. 10 pour la Côte et pour l'intérieur. Pour tous autres pays que le Maroc, c'est celui de TUnion Postale universelle

La monnaie espagnole^ et la monnaie marocaine chargent sont admises au pair de la monnaie française pour les affranchissements.

Les mandats doivent être couverts en francs; il peut être cependant échangé, entre les bureaux du Maroc, des mandats payables en monnaie espagnole; mais dans ce cas un droit supplémentaire de change de i % est exigé.

Le bureau de Tanger se charge aux tarifs ordinaires, du recouvrement des effets non protestables ne dépassant pas 2.000 frs; les valeurs à recouvrer peuvent être également adres-

3 d'un bureau à l'autre du Maroc

Les agences maritimes françaises de Casablanca, Larache, Mazagan, Mogador, Saffi, Rabat et Tanger sont ouverts au au service des colis postaux avec la France et ses colonies ainsi que tous les pays de l'Union postale, autres que les Etats-Unis d'Amérique, Cuba et Haïti.

Le courriers d'Europe arrivent tous les jours, sauf le dimanche, et alternativement par Cadix (lundi, mercredi, vendredi) ou par Algéciras (mardi, jeudi, samedi) ; ils repartent le même jour; une heure après. Le service des colis postaux est assuré par la ligne de navigation Française Paquet et navigation Mixte.

La France a deux lignes télégraphiques : Tune de Tanger à Oran ouverte depuis le 24 juin .1901 et l'autre de Tanger à Cadix inaugurée le 16 mai 1905.

TARIF par Mot pour divers Pays

Cablb Oran-Tanger

France 20 centimes.

Corse 20 —

Algérie. — Tunisie 16 —

Allemagne 46 —

Angleterre 60 —

Autriche-Hongrie 40 —

Belgique , 41 1/2 —

Brésa 6 ir. 46 —

EovDte \ A^^^i® 1 fr. 77 i/a —

iî'gypie I Le Caire 2 fr. 02 1/2 —

Espagne, voie de France 40 —

Italie 46 —

Pays-Bas 46 1/2 —

Russie 78 —

Sénégal 1 fr. 88 —

Suisse 41 1/2 —

Turquie 78 —

Sa

Statistique f iaaocière des Postes et Téiéfraplies fraoçais an Maro€

Recettes :

Correspondance postale Droits sur les mandats Télégraphie privée. . .

Opérations de Trésorerie :

Emission de mandats

Paiement de mandats

Dépenses gérUrales d'Exploitation.

Poste Allemande

La poste allemande a été établie au Maroc vers la fin de 1899; elle a progressé considérablement chaque année.

Un Post-MastcTy en résidence à Tanger, dirige tout le service. Le bureau principal qui est à Tanger, et les bureaux secon-

294 TITRE QIMNZlf^ME

daires installés à : Alkasar, Casablanca, Fez, Larache, Marrakech, Mazagan, Mequinez, Mogador, Rabat, et Saffi, sont ouverts à toutes opérations semblables à celles du service métropolitain.

Les opérations effectuées dans tous les bureaux de la poste

allemande au Maroc se sont élevées, en 1904, à 992.000 pesetas espagnoles, et 1.500.000 pesetas hassanî. La poste allemande délivre en effet des mandats en monnaie hassani en se réservant seulement un délai de quelques jours (8315) afin de ne les payer qu'au cours qui lui paraîtra le plus favorable.

Le service allemand quoique ayant trois bureaux de moins que la poste française (Arziia, Salé et Tétouan) a un budget de dépenses de bureau un peu plus élevé (24.775 francs).

Le transport des correspondances est assuré, pour l'Intérieur, pour la Côte et pour l'Europe, de la même façon qu'il l'est pour la poste française. Toutefois les départs sur Fez sont au nombre de quatre au lieu de trois.

Les tarifs sont les mêmes; ils admettent les paiements aussi bien en monnaie hassani qu'en monnaie espagnole.

Postes et Télégraphes Anglais

La poste anglaise est une simple dépendance de l'Office Colonial de Gibraltar. Ses opérations sont bornées à l'affranchissement et à la disposition des correspondances. Elle n'accepte pas la monnaie hassani.

Elle n'a de bureau qu'à Tanger et à Casablanca.

Un câble de 1' a Eastern Telegraph Company » relie Tanger à Gibraltar. Son tarif est beaucoup plus élevé que celui des câbles français.

Postes et Télégraphes Espagnols

La poste espagnole a été installée au Maroc à peu près à la même époque que la poste française. Elle a un bureau à Tanger et dans chacun des ports. Elle est malgré cela très peu importante. Ses opérations sont limitées aux correspondances et aux colis postaux.

Elle n'accepte que la monnaie espagnole.

Un câble relie Tanger à Tarifa (Espagne). Depuis deu ans il est hors service; il sera renouvelé en 1905.

Poste Marocaine

Confié autrefois à un amîn ar-raqqâça qui a été supprimé, le service des postes est aujourd'hui des plus simples. L'Amin al-moustafad reçoit lui-même les lettres à son bureau situé à l'entrée d'un fond au-dessus de la grande mosquée. Il perçoit par lettre un droit de 8 centimes, qu'il encaisse en apposant un cachet sur les lettres. La perception n'est constatée par aucune figurine. Avec les revenus de la poste, il paye luimême les courriers, qui se recrutent parmi les hommes énergiques, dévoués et rompus à la pratique des voyages. Il envoie ainsi un courrier à Tétuan, un à Al-Qçar al-Kâbir et un à Azîla. Les courriers vont

à pied et en une seule étape de nuit, à destination. Dans chaque village ils remettent leurs sacs de lettres à l'Amln al-moustafad local. Leur solde est calculée à l'heure, en raison du temps qu'ils mettent à parcourir ces étapes. L'Amin al-moustafad dispose en outre de plusieurs facteurs, qui distribuent en ville les lettres pour Tanger. Tenus autrefois en suspicion pour les commerçants musulmans, les services postaux européens, sont aujourd'Iiui considérés par eux comme de précieuï auxiliaires du négoce et font une concurrence de plus en plus active à la Poste marocaine ; aussi le service postal marocain n'est-il pas trîs chargé et l'Amin al-moustafad suffit, à lui seul, pour l'assurer à Tanger. (G. Salmon. L'Administration marocaine à Tanger. Archives Marocaines.)

LANGUES PARLÉES AU MAROC

Généralités. — Résumé de grammaire berbère. — Résumé de

grammaire d'arabe parlé.

Petit dictionnaire : Français- Arabe-Berbère.

^W^^Ai^^^^^^^^^^^^tf^^^

Le tiès distingué professeur M. Ch. René-Leclerc, pourvu de diplômes supciieurs d'aiabe et de berbère, licencié es lettres, et à différentes reprises chargé de missions au Mai oc, a bien voulu nous donner l'étude suivante sur les langues parlées au Maroc.

La population musulmane du pays, celle qui compose le gros noyau de la population marocaine (8 à lo millions d'habitants) se divise en deux catégories ou races bien distinctes : les Berbères (autochtones) et les Airabes (envahisseurs). Ces deux races, au cours des siècles, ont plus ou moins fusionné suivant les circonstances et aussi suivant les régions; de sorte que la langue arabe a primé la langue berbère là où le contingent arabe se trouvait être supérieur au contingent berbère, — et réciproquement. Parfois, des populations berbères retirées dans des chaînes montagneuses inaccessibles, ont conservé leur idiome particulier à peu près pur de toute contammation arabe; d'autres fois, au contraire, la langue berbère d'une contrée s'est laissée envahir par de nombreux vocables et locutions arabes. Enfin l'envahissement arabe qui a dispersé les grou|>ements qui voulaient rester berbères purs, a eu pour cause d'isoler ces éléments séparés pendant un laps de temps assez long pour que leurs dialectes privés de contact en se modifiant, revêtent peu à peu certaines différences appréciables. Ce phénomène linguistique s'est d'ailleurs produit dans les mêmes conditions et pour les mêmes raisons dans toute l'Afrique du Nord.

2Ç8 TITRE SEIZIUMH:

Au Maroc, 4 dialectes berbères principaux ont pris naissance de cette façon : au Nord, le rifain; dans l'Atlas central le cheWa; dans le Sous, le sousi et dans toute la région Sud- Est avoisinant l'Algérie, le berberi. \j& chelKa et le sousi sont les moins contaminés par le voisinage de la langue arabe; le rifain est plus pénétré ainsi que le berberi. Malgré les différences qui caractérisent ces différents dialectes dérivés d'une langue mère, on peut sans inconvénient donner un exposé succinct unique de leurs principes grammaticaux et syntaxiques. En général les mêmes règles de lexicologie et de phraséologie s'appliquent à ces patois de même origine.

Résumé de grammaire berbère

Préliminaires. — Le berbère est une langue exclusivement parlée. 11 ne s'écrit point, si ce n'est en des circonstances très rares, où il emprunte alors l'alphabet arabe. Les lettres qu'on retrouve dans ses vocables originaux ou dans ceux qui viennent de l'arabe sont les suivantes : a, e^ i, ouy b, /, ///, iSs dj, /, tchy h' (guttural), À'' (comme le ch allemand) dy dh (prononciation accentuée), r, £r, j, chy f (accentué), d (guttural), r' (grasseyé), A ^ (guttural), Ky /, niy «, h (aspiré), ç (accentué).

Il n'y a pas d'article en berbère. L'indétermination s'indique par le numéral « un », « une » placé devant le substantif.

Substantifs. — Tous les substantifs féminins commencent par un M, un / ou un ts et finissent généralement par une de ces trois lettres, à moins qu'ils ne soient au pluriel, auquel cas ils se terminent souvent par in. Les substantifs féminins d'origine arabe se reconnaissent à ce qu'ils sont terminés par un a et précédés de l'article arabe.

Les substantifs masculins commencent au singulier par une voyelle ^, /, ou. D'autres, plus rares, commencent par une consonne quelconque. Le féminin d'un substantif masculin se forme en préfixant le masculin d'un thy t ou ts et en le faisant suivre d'un / ou d'un th.

Lx, : afounas bœuf; fém. tafounast vache.

LANGUES PARLÉES AU MAROC 2gi)

Certains féminins sont totalement différents du masculin au sens duquel ils correspondent.

Ex.: lis cheval; fém. tdjmart jument.

Un substantif masculin qui commence par a change cet a en ou :

a) lorsqu*il est le complément déterminatif d'un autre. Ex.: La maison de l'homme; tadcfart nourjas (arjaz: homme). Le « de » de possession ou « de » génitif s'exprime par n.

b) lorsqu'il est sujet du verbe qui le précède, tx. : Le roi partit: iraV oujellil (agellil: roi).

c) lorsqu'il subit l'influence d'une préposition.

Ex. : Il donna à l'homme: iouch i ourjas {arjaz: homme).

Un substantif féminin qui commence par tha ou ia change ce iha ou ta en thc ou te dans les trois circonstances ci-dessus.

Tout substantif dont le singulier commence en a change cet ^ en i au pluriel. Presque tous les pluriels se terminent en in ou en en.

Ex. : ar'erda rat, pi. tierdatn; tislit fiancé, pi. tisiatin, etc.

D'autres substantifs subissent une modification interne pour le pluriel.

Ex. : aserdoun mulet, pi. iserdian; thizi col, pi. thiza, etc..

Certains substantifs ont comme pluriel un mot dont l'origine est absolument différente de celle du singulier.

Ex. : ïlli fille, pi. issi.

Adjectifs. — L'adjectif qualificatif s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. Les règles du substantif lui sont applicables. L'adjectif qualificatif masculin isolé est généralement précédé de la particule d.

Ex.: d amcllaU c'est blanc.

Le comparatif et le superlatif se forment par l'adjectif suivi de la particule Khef (sur).

Ex. : Plus rouge que lui: azouggar, Khef emtes.

Pronoms. — (Voir au vocabulaire les différentes listes de pronoms).

L'adjectif possessif s'exprime par ce qu'on appelle le « pro-

nom affixe » qui s'ajoute au substantif ou à la particule n (le) ou in,

Ex. : Ma maison iaddart inou.

Ce t pronom affixe » s'ajoute d'ailleurs aux verbes et aux particules (prépositions) pour exprimer les différents pronoms: moi, me; toi, ta, etc.

Ex. : r^er ek vers toi ; iouch ak il t'a donné.

(Voir les listes de ces pronoms, renfermant le^ particularités de dialectes du vocabulaire.)

Le verbe t avoir » se rend par la préposition 7*er (vers, chez) suivie des pronoms affixes:

Ex : 7^ et i: vers moi, j'ai; r^er est: vers toi, tu as, etc..

(Le futur s'exprimera par ad ili r'er: sera à... moi, toi, lui, etc..)

(L'imparfait s'exprimera par illa r'er : était à... moi, toi. lui, etc..)

Quand deux pronoms affixes suivent un verbe, le direct se place après l'indirect.

Ex. : OMchir' as t : je le lui ai donné.

Quand ime particule r^it un verbe le ou les pronoms affixes se mettent entre la particule et le verbe.

Ex. : Je ne le lui ai pas donné: ouar as t ouchir.

L'idée réfléchie s'exprime le plus souvent par le mot ikhf (m. à m. « tête »).

Ex. : Il s'est tué : inr'oti ikhf ennes (m. à m. il a tué sa tête, sa personne).

Le démonstratif a qui suit le substantif est invariable et signifie « ce, cette, ces ».

Ex. : arjaz a : oet homme; irjazen a: ces hommes. Le pronom relatif « qui » s'exprime par enni ou aïni. Ex. : L'homme qui est parti : arjaz aïni ifah\.

Verbes. — En berbère, le verbe précède généralement son sujet. On ne dit pas « l'homme est venu » mais plutôt c est venu l'homme ».

Dans la conjugaison du verbe berbère, la racine qui exprime l'idée intrinsèque de ce verbe est précédée ou suivie de certaines

LANGUES PARLÉES AU MAROC

consonnes et subit elle-même parfois des modifications de voyelle. L*imf)ératif et le prétérit sont les deux temps fondamentaux. Il y a encore le participe et Taoriste qui procède du mécanisme du prétérit L'infinitif n'existe pas. t Je veux partir » se traduit par t je veux, je pars »; t tu as entendu dire » se traduit par c tu as entendu, ils disent ». La racine pure du verbe est exprimée par l'impératif masculin singulier.

Impératif

Schéma

Singulier

Pluriel

Sing.

er*res

; égorge

PI. m.

er*reseth :

th

PI. tém. er'resemfh

mih

Prétérit (passé)

Schéfva

er*res ekh

j'ai égorgé

— ekh

ai* )

ter* tes edh

tu as égorgé

t — edh

i er'res

il a égorgé

t er*res

elle a égorgé

n er*res

t er'resem

/ em

t et' tes end

t enU

erWes en

— en

er*res ent

— ent

Aoriste (futur)

(C'est la conjugaison du prétérit précédée de ad, dont le d se contracte avec le / initial qu'il rencontre.)

Participe (présent ou passé)

Il se forme par un n que Ton ajoute à la 3" pers. masc. du prétérit.

Ex. : ier'res en (peu employé en général).

Telle est dans son ensemble la conjugaison du verbe régulier.

Les verbes dits « irréguliers » subissent les modifications suivantes:

a) Verbes dont la racine commence par un a. Cet a change en ou au prétérit seulement (il se maintient à l'aoriste).

Kx. ; as venir, prétérit iousa (il est venu):

b) Verbes dont la racine finit en oji. Ce ou change en d au prétérit seulement.

Ex. : arjou rêver, prétérit iourja (il a rêvé).

La négation s'exprime par ouar ou ouar chi ou encore par la négation arabe ma.., chi.

Lx. : Je n,'ai pas égorgé: ouar efres ekh chi (rifain) ou bien ma er*res er* chi (berberi).

Le berbère, comme les langues sémitiques, comporte des formes verbales « simples » qui peuvent être modifiées en formes « composées » par l'adjonction d'un certain nombre de consonnes.

C'est ainsi que a la deuxième forme donne à l'idée verbale le sens de « faire faire ». Elle s'indique par un s initial.

Ex. : ers: descendre; 2® forme s ers: faire descendre, poser.

b) la troisième forme donne à l'idée verbale le sens passif ou de réciprocité. Elle s'indique par un m ou tou initial.

Ex. : enr' tuer; 3** forme m enr* se tuer, se combattre; zer voir; 3® forme touazer être vu.

c) la troisième forme indique l'idée d'habitude ou de durée et s'exprime par / initial... etc..

Ces différentes formes et d'autres moins employées peuvent se combiner entre elles.

La langue arabe est la langue officielle. C'est d'elle dont se servent uniformément tous les indigènes marocains, berbères ou arabes, dans les écrits. La langue écrite est la même dans tous les pays musulmans et se base sur des règles de grammaire immuables qui n'ont pas varié depuis la rédaction du Coran. L'idiome parlé diffère sensiblement de la langue dite « littéraire ». Il est employé par le Sultan, le Makhaen et en somme par presque toutes les tribus du Blad Makhzen. Certaines populations du Blad Siba, d'origine arabe, ne parlent également qu'arabe. Le berbère reste donc l'apanage des confé-

LANGUP.S PARLÉES AU MAROC 3O3

dérations montagnardes qui se sont jusqu*ici tenues à Técart de la civilisation arabe. L'arabe parlé au Maroc est à peu de ^hose près le même que celui des indigènes algériens et tunisiens. La syntaxe, très simple, et la grammaire des dialectes arabes nord-africains sont identiques. Il y a seulement au Maroc quelques rares modes de constructions de phrases spéciales au pays. Les différences de vocabulaire sont plus sensibles.

Résumé de grammaire d'arabe parlé

Préliminaires. L'arabe parlé, comme son nom l'indique, n'est usité que dans le langage oral. Les lettres employées dans son vocabulaire sont les suivantes : a, e, i, ou, b^ /, M, /' (accentué), /* k (guttural), k (comme le ch allemand ou le / espagnol), rf, dh (accentué), r (roulé), r' (grasseyé), z, s, ch, cC (guttural), ^, q (guttural), k, /, m. «, h (aspiré), ç (accentué).

Il n'y a qu'un article en arabe, el, qui signifie suivant le cas : le, la, les. Au lieu de prononcer el, on prononce ech, ed, en, er, eSy ety eth, eZy devant les mots qui commencent respectivement par: chy dk ou dy «, r, j ou f , / ou /', M, z. Devant l'article, la préposition il (dans) perd \i final; au lieu de fi el (dans le) on dit fel. De même, les adjectifs démonstratifs perdent leur voyelle finale; au lieu de hada el mous (ce couteau), on prononce had el mous. Pour exprimer l'indétermination, on fait précéder l'article du mot ouah'ed (un, une).

Ex. : Le couteau el mous; un couteau ouaKed el mous, ou bien on prononce le mot tel que sans article.

Substantif. — ^ Il y a deux genres : le masculin et le féminin. Tous les noms qui se terminent par a sont féminins (sauf les quelques mots qui désignent des êtres masculins, comme bâcha pacha). Pour former le féminin d'un substantif masculin ou d'un adjectif on y ajoute la lettre a.

Ex. : kelb chien, fém. kelba chienne; kebir grand, fém. kebira grande, etc..

Quelques substantifs ont un féminin correspondant tiré d'une racine différente de celle du masculin.

Ex. : rajel homme, fém. mra femme.

La préposition du génitif c de » se traduit en arabe par d. Lorsque deux ou plusieurs noms se suivent et sont «1 rapport d'annexion, le dernier seul prend Tarticle.

Ex. : le couteau du gardien du jardin mous a'ssas del jenan. Si la phrase est indéterminée aucun des substantifs ne prend l'article.

Ex. : le couteau du gardien d'une maison de campagne mous a'ssas f'ersa.

Le datif (préposition « à ») s'exprime par /, U.

Ex. : va au jardin raK l el r'ersa.

Le t de » de cause ou d'origine se traduit par men,

Ex. : je suis venu de la ville : jit men el médina. Le c de » d'instrument se traduit par ^, bi.

Ex. : il m'a frappé de son bâton; dherebni bi àkkaz hou.

Il y a trois nombres en arabe: le singulier, le pluriel et le duel (peu usité). Le duel n'est employé que pour les parties doubles du corjys et pour les mots qui désignent la décomposition du temps (heure, minute, mois, etc.). Il se forme en ajoutant in au singulier.

Ex. : un mois chehar; deux mois chekarin. Le pluriel de tous les substantifs féminins se terminant en a^ se forme en changeant cet a en at.

Ex. : begra vache; pi. begrat vaches.

Il y a deux sortes de pluriels pour les autres substantifs :

a) Le pluriel régulier qui consiste à ajouter in au mot. Il s'applique à presque tous les noms de métier masculins et à tous les participes présents et passés masculins.

Ex. : khobbaz boulanger, pi. kobbazin; qatel tuant, pi. qatelin; meqtoul tué, pi. meqtoulin,

b) Les pluriels irréguliers ou brisés qui s'appliquent à un grand nombre de substantifs masculins et à tous les substantifs féminins qui n'ont pas la terminaison a. Les pluriels consistent

LANGUES PARLÉES AU MAROC 305

en modi&cations internes et externes du mot, modi&cations qui sont très variables et que seul Tusage peut apprendre.

Ex. : bab porte; pi. biban; belioun seau, pi. belaïn, etc..

Certains substantifs ont pour pluriel un mot dont la racine difière totalement de celle du singulier..

Ex. : mra femme, pi. nsa.

Adjectifs, — L'adjectif qualificatif s'accorde en genre et en

nombre avec le nom auquel il se rapporte. Il se place toujoiu^

après le substantif. Le qualificatif qui suit un nom déterminé

par un article prend également l'article.

Ex : Un homme g^and rajel kebir; l'homme grand et rajel el kebir.

Le comparatif s'exprime par akther men (plus que).

Ex. : Je suis plus riche que lui ana /eni akther men hou.

Pronoms. — (Voir au vocabulaire les différentes listes de pronoms.)

L'adjectif possessif, comme en berbère, s'exprime par ce. qu'on appelle le t pronom » afiîxe qui s'ajoute au substantif. Ces pronoms affixes s'ajoutent également aux verbes et aux prépositions pour exprimer les différents pronoms : moi, me; toi, te, etc..

Jbx. : ek : ton, toi, te. . .

la maison dar ek; comme toi kif ek; il te frappe idhreb ek,

(Voir la liste de ces pronoms au vocabulaire.)

Le verbe être ne s'exprime pas et se rend, comme en berbère,, par les pronoms personnels.

Ex. : Je suis grand (m, à m « moi grand ») and kebir.

Le verbe avoir se rend par la préposition a'nd chez, suivie des pronoms affixes.

Ex. : a'nd ek chez toi (tu as); a'nd na chez nous (nous avons), etc.. *^

Le futur s'exprime par ikoun à nd : sera à... moi, toi, lui, etc.

L'imparfait s'exprime par kan a^nd (était à... moi, toi, lui, etc.).

L idée réfléchie s'exprime par nefs ou rouh' (personne).

Ex.: Il s'est tue (m. à m. ; il a tué sa personne, qetel rouK ou ou bien qetel nefs oii).

Le démonstratif s'exprime par had et précède le mot accompagné de Tarticle.

Ex. : Cet homme had er rajel; cette femme had el mra, i^e pronom relatif t qui » s'exprime par elli (invariable). Ex. : L'homme qui est venu er rajel elli ja.

Verbes. — En arabe, le verbe précède généralement son sujet On ne dit pas la « femme est tombée », mais plutôt « est tombée la femme ».

Dans la conjugaison du verbe arabe, la racine qui exprime ridée intrinsèque de ce verbe est précédée ou suivie de certaines consonnes. Cette racine pure exprime la 3* personne du prétérit (passé).

Ex. : qetel il a tué, désigne le verbe t tuer », car il n'y a pas d'infinitif en arabe.

Les temps du verbe arabe sont : le prétérit (passé), l'aoriste (présent ou futur), l'impératif, le participe présent, le participe passé.

Pour exprimer l'infinitif, on emploie l'aoriste.

Ex.: « Je veux partir » se tourne par « je veux, je pars »; neh' ebb nerouK ou plutôt neHebb nerouK.

i^es verbes qui, dans les vocabulaires et les dictionnaires, ne figurent que par la troisième personne du prétérit ou racine sont réguliers comme conjugaison.

Ce sont : tous les verbes dont la racine comporte trois consonnes (omission faite de \e muet) ou plus.

Lx. '. keteb écrire; terjem traduire, et les verbes qui commencent par ou ou i.

Ex.: oiiçel arriver; ibes sécher.

Conjugaison régulière (verbe qetel, tuer)

Prétérit (passé)

Singulier

Schéma

qetel t

j'ai tué

queiel t

tu as tué

qetel ti

elle a tué

ti

qetel

il a tué

qetel et

elle a tué

LANGUES PARLÉES AU MAROC

Pluriel

Singulier

Pluriel

Schéma

qetel na

nous avons tué

— na

qetel tou

vous avez tué

— tou

qetel ou

ils ont tués

— ou

Aoriste (présent on futur)

2« p. fém.

3« p. fém.

ne qtel te qtel te qtel i i qtel te qtel

ne qtel ou te qUl ou i qtel ou

Impératif

je tue tu tues tu tues il tue elle tue

nous tuons vous tuez

ne

te

te

te

ne te

ils ou elles tuent % —

ou ou ou

2« p. sing. masc. a qtel tue a —

2* p. sirig. fi^m. a qtel i tue a — i

2« p. pluriel a qtel ou tuez a — ou

(Va initial se supprime dans les verbes 3e plus de trois conscnnes ou dans ceux qui commencent par ou et i.

Participe présent

Singulier

qately

qaetela

Pluriel

qaielin

tuant

Un a après la première consonne ou radicale.

Participe passé

c- r \ m, m:gtoul tué Singulier ^

I f. mcqtoula Pluriel meqtoulin

Un m devant la i^*^ radicale et ou après la 2^ radicale.

Les verbes de plus de 3 consonnes n'ont qu'un seul participe qui se forme toujours en mettant un m devant la i'*' radicale. Ex. : terjem traduire; mierfent traduisant ou traduit.

1-es verbes qui, dans les vocabulaires et les dictionnaires, figurent par la troisième personne du prétérit ou racine suivie de la troisième personne de l'aoriste sont irréguliers dans leur conjugaison.

Voici en quoi consistent ces irrégularités.

a) Verbes qui ont un a médial à la troisième personne du prétérit. Cet â: ne se maintient qu'aux troisièmes personnes du prétérit (sing. et pluriel). A toutes les autres personnes et à toutes les personnes de l'aoriste et de l'impératif, il se change en ou ou en i.

Ex. : qal dire (il a dit); iqoul il dit; qoult j'ai dit, etc..

Ou bien jab apporter (il a apporté); jibt j'ai apporté; nejib j'apporterai; jib apporte, etc. Au vocabulaire, ces verbes seront ainsi désignés: dire: quai, iqoul; apporter: jab^ tjib.

b) Verbes dont la racine se termine par a. Cet a né se maintient qu'aux troisièmes personnes du prétérit (singulier et pluriel). A toutes les autres personnes et à toutes les personnes de Faoriste et de l'impératif, il se change en /. Ex.: chera

(acheter); chérit ^ j'ai acheté; techari^ tu achètes, etc Au

vocabulaire, ces verbes seront ainsi désignés: acheter: chera, icheri.

c) Verbes dont la racine se termine par une consonne double. Ils sont réguliers à l'aoriste et à l'impératif et aux troisièmes personnes du prétérit. Aux autres personnes du prétérit, ils intercalent un i entre la racine et les particules affaxes- Kx,:h*ebb il a voulu (vouloir); Kebbit (j'ai voulu, etc.). Au vocabulaire, ces verbes seront ainsi désignés: vouloir: Hebb, ihebb (h^ebbit).

La négation s'exprime par les mots ina,,.chi entre lesquels on intercale le verbe. Ex: qetel tuer; il n'a pas tué ma qetel chi. L'impératif négatif s'exprime par ma.,, chi entre lesquels on intercale la deuxième personne de l'aoriste. Ex.: ma ieqtel chi: ne tue pas ! C'est l'intonation seule qui indique s'il s'agit d'une constatation (aoriste ou présent) ou d'un ordre de ne pas faire (impératif).

Les formes verbales arabes « simples » peuvent être modifiées en formes t composées » par l'adjonction de certaines

LANGUES PARLÉES AU MAROC

lettres. En arabe écrit, il y a dix formes fondamentales. En arabe parlé les formes les plus usitées sont; :

a) La deuxième forme qui consiste à redoubler la deuxième radicale de la racine pour donner au verbe te sens de ■ faire faire ■■

£x: chereb boire; cherreb faire boire.

b) La sixième forme qui consiste à faire précéder le verbe d'un / et à ajouter un a à la première radicale pour donner au verbe le sens de réciprocité. Ex: qetcl il a tué; qetelou ils ont tué; teqotelou ils se sont entre-tués.

c La septième forme qui consiste à faire précéder la racine de an pour donner au verbe le sens passif ou pronominal. Ex: jetan ôlcsser; anjeraK être blessé ou se blesser.

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