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EN RIVIERE

Marins

Portefaix

Marins

Portefaix

Lorsque l'année est bonne au point de vue des céréales et de la laine, de nombreux voiliers viennent charger des grains dans la rivière: on en a compté jusqu'à 50 en 1893. En tous temps, des bateaux pêcheurs espagnols viennent également s'y abriter. Lorsqu'on a franchi la barre, on trouve un mouillage de 7 mètres d*eau à mer basse dans la rivière. On remontait d'ailleurs autrefois le fleuve aux hautes eaux, c'est-à-dire au printemps, jusqu'à Ksar-el-Kebir ; les anciens habitants comme M. de Laroche qui est né à Larache, Paffirment : le Makhzen se servait de la rivière pour transporter des briques.

Le Loukkos décrit à travers la plaine alluviale des méandres sinueux et allongés. On comprend admirablement sur place le sens du mythe des navigateurs anciens: le Loukkos est bien le serpent qui défendait le jardin des Hcspérides ; chose curieuse, la barre s'appelle foum en arabe : c'est la gueule du monstre.

Au bord du fleuve dans les magasins de la douane (insuffisants) et les fondouks, s'entassent les marchandises, dont un certain nombre destinées au Sultan (un ballon, des voitures, des grilles, des rails, etc.). C'est que Larache est essentiellement le port de Fès et a toujours joué ce rôle. Depuis le temps de l'antique Lixus, il y a toujours eu là un débouché naturel. La route de Larache à Fès par £1-Ksar, outre qu'elle est plus courte que celle de Tanger à Fès, a sur cette dernière l'avantage d'être suivie et utilisée en toutes saisons, tandis qu'en hiver les argiles détrempées isolent Tanger comme dans une sorte d'île. Toutes les marchandises lourdes destinées à Fès passent par Larache, qui reçoit 50 à 60.000 sacs de sucre par an.

C'est essentiellement un port d'importation ; en 1903 le mouvement commercial a atteint 22 millions dont 20 à l'importation, en progrès de plus de 8 millions par rapport à l'année précédente. Cette augmentation est due aux commandes du Sultan. {Rapport de M, Augustin Bernard au gouverneur général d'Algérie. 1904.)

Commerce. — Si Ton s*en tient aux résultats de 1903 et de 1904, Larache serait le premier port du Maroc pour l'importation.

Il est actuellement le port de Fez, et il dessert la riche vallée du Loukkos, laquelle est destinée à être Tun des plus admirables champs d'exploitation agricole pour la colonisation européenne Toute la région d'Elksar, d'Ouazzan et des Djebala est sous sa dépendance économique.

Larache, avons-nous dit, est un port de transit, surtout d'importation. On s'en rend compte aisément par le tableau suivant :

Importation Exportation.

Totaux . .

On remarque que, de 1902 à 1903, le chiffre des importations a triplé. Mais il faut diminuer de ce total, une somme de 3.187.500 pesetas de numéraire frappé en Europe pour le Makhzen, amsi que 3457-523 pesetas provenant d'achats de

DEUXIÈME P.\RTIE

cartouches; ces sommes ne peuvent entrer dans le chiffre des importations ordinaires.

Notons que les navires qui apportent à Larache des marchandises, ne portent souvent que du lest. Il existe pourtant les éléments d'une très intéressante exploitation dans les lièges d'une forêt voisine encore inexploitée, dans les écorces à tcin qui paraissent très riches, et aussi dans les salines du bas Loukkos.

Au point de vue des nationalités, le commerce de Larache se répartit ainsi :

Angleterre. Iinp.

— Exp.

France Inip.

— Exp.

Belgique .. Inip.

— .. Exp.

Allemagne. Inip.

— Exp.

Espagne... Imp.

— ... Exp.

Il n'y a pas lieu d'être trop surpris des chiffres obtenus par les importations espagnoles en 1903, car sur les 1.503.439 qu'elles atteignent, 1.400.000 représentent des objets achetés par le Makhzen, et qui de Tanger à Larache, empruntèrent le pavillon espagnol.

Les produits qui constituent le trafic habituel de Larache sont ceux que nous allons retrouver successivement :

A L'IMPORTATION

Tissus de coton. — 5.220.000 p. en 1903, et une moyenne de 3 millions les années précédentes. Ces tissus qui constituent l'importation capitale de l'Angleterre, sont à destination de Fez et de Djebala. En 1904 sur les 3.900.000 p. importés, l'Allemagne figure pour 242 balles, contre 164 en 1902, et 3 en

Sucres. — 4.885.000 p. en 1903 et 4.003.613 p. en 1904. Plus de la moitié de ces sucres sont encore français. L'Autriche en introduit pour 800.000 p. le reste est Allemand ou Belge.

En 1902 TAutriche n'importait que 109.625 p., et 14.600 en 1901.

Farines, -— L'importation de 1903 fut accidentelle en raison de la mauvaise récolte : 885.692 p. contre 55.000 en 1902. foutes ces farines, ou presque toutes, sont françaises. 20.1 17 Darils provenant de Marseille contre 212 d'Allemagne.

Blé d'orge, — La mauvaise récolte a également déterminé en 1903 sur les céréales un mouvement qui ne s'est pas renouvelé en 1904 dans les mêmes proportions. Près de 2 millions de blé ou d'orge ont été importés des ports marocains, mais sur navires Anglais et Espagnols, dont les importations nationales béné5cient indûment de ce simple transit.

Bougies, — 417.000 en 1902. puis 614.423 en 1903, et 593.411 en 1904. L'Angleterre ne détient plus que les 2/3 d'un marché sérieusement disputé par l'Allemagne et la Belgique. Pas la moindre tentative de la France.

Thés. — Signalons un léger succès de Marseille en 1903 avec 230 balles contre près de 8.000 de provenance anglaise et 600 allemandes.

A L'EXPORTATION

Alpiste. — De 2.000 à 400.000 p., généralement pour la France et l'Angleterre.

Laines. — Article très important autrefois, aujourd'hui bien tombé, les montagnards de Djebala ne venant pas au marché. En 1903 on a exporté pour 270.000 p. à destination de la France et de l'Allemagne; c'était un léger progrès sur 1902, mais un recul s'est produit en 1904. Ces' laines sont de qualité supérieure à celles du Sud.

Cires. — De 200 à 250.000 p. L'Allemagne et la France se disputent ce produit coté à haut prix.

Œufs. — 195.000 p. en 1903, au lieu de 55.000 en 1902, et 7.000 en igoi. II ne s'agit là que de dérivations accidentelles du trafic normal de Tanger. L'Espagne les reçoit presque tous.

Féaux de chèvre. - - 70 à 80.000, et 85.0GO en 1903 qui fut la meilleure année. Destination : France et Allemagne.

Postes : Française, Allemande, Espagnole.

Recettes des bureaux de poste, en 1904 : 374.840 frs de mandats émis, dont 223.531 frs par le bureau français; 37.429 de mandats payés, dont 2l-i6o par le bureau français qui a, en outre vendu 3.015 pesetas de timbres postes.

Puissances représentées par des consulats ou des agences consulaires, à Larache : France, Allemagne, Angleterre, Belgique, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède et Norvège,

di' la Mûdiaa.

MARRAKECH, MERRAKECH ou MAROC

(La Temrakeech des Berbères)

Marrakech, une des trois capitales de l'empire, est, après Fez, la plus grande ville du Maroc.

Bâtie dans la vaste plaine du Tensift, sur la rive gauche de ce fleuve, dont deux affluents l'entourent, elle est dominée au nord par le Djebilet, et au sud par les cimes neigeuses du Grand Atlas.

Vue du Djebilet, elle émerge d'un énorme massif de verdure formé par les merveilleux jardins et les bosquets de palmiers qui l'entourent.

Marrakeh fut construite en 1070 par l'Almoravide Yousefben-Ethachfin.

Non loin vers le Sud, on rencontre les ruines de l'antique cité ^Aghmat.

Marrakeh, sous le règne des Almohades, et surtout d'El- Mansour, arriva à une grande splendeur. Sa population était de 500.CXX) habitants.

Les universités, rivales de celles de Fez, comptaient un grand nombre d'étudiants venant de tous les points du Maroc, de la Timisie et de l'Algérie, suivre leurs enseignements. Les arts et les sciences y florissaient, les monuments de l'époque sont restés le modèle du style arabe. La Koutoubia construite par El-Mansour en même temps que la Giralda de Séville et que la tour de Hassan, en est un exemple. Elle a 70 mètres de haut et elle possède intérieurement une rampe en hélice servant d'escalier.

Mais depuis la chute des Maures d'Espagne, Marrakech n'a cessé de péricliter.

L'immense enceinte de plus de 12 kilomètres, percée de sept portes, tombe en ruines. La porte Bab-Agueneao donnant accès à la citadelle, n'est plus qu'un vestige de l'ancienne splendeur de la cité.

Dans la casbah se trouvent le Palais du Sultan, une prison d'Etat, et l'immense jardin de l'Agueda.

La ville est divisée en 24 kouma (quartiers) dont un est le mellah juif. Les rues sont plutôt larges relativement à celles des autres villes arabes. D'immenses jardins occupent une partie de la ville et sont arrosés par des conduites d'eau venant des deux oueds. La fameuse Zaouia de Sidi-Bel-Abbès, patron des aveugles, se trouve au nord.

La surface de la ville serait de 24 kilomètres carrés, pour environ 65.000 habitants, comprenant arabes cheleuhs, berbères, nègres, 15.700 israélites et quelques Européens.

La population est assez tranquille.

Quoique Marrakech soit une des villes les plus chaudes du Maroc (49") à l'ombre, et quelquefois 60^ sur les terra^^ses échauffées par le soleil), elle est très saine. Grâce à sa situation, elle reçoit les alizés de l'Océan. Une* eau excellente y est distribuée par de nombreuses fontaines.

Sur rOued Tensift, en face de Marrakech, se trouve un pont de huit arches, et qui est l'œuvre d'un Européen.

Marrakech est à 5 jours de Mogador et de Mazagan.

Commerce. — Il est assez facile de se rendre compte des arrivages de jiroduits originaires du Maroc Les recettes des j)ortes à l'entrée et à la sortie — -216.160 douros en 1903 — fournisst^nt une base précieuse sur laquelle on peut tabler avec quelque sécurité, le droit perçu étant de 10 % ad valorem.

Pour 1903 on a constaté à l'entrée ou à la sortie, — les droits n'étant acquittés qu'une seule fois pour la même marchandise -^ 35 .1 XX) quintaux d'amandes, évalués à 3.500.000 pesetas, lO.OLX^ quintaux de cumin (2Cx:).ocx.") pesetas); 5.000 quintaux de chanvre à 40 pesetas le quintal; 35.000 quintaux de dattes à 15 i:)esetas; I5.(.xx) quintaux de figues à 12 pesetas; 6.000 quintaux de laines à 50 pesetas; /.cxx) quintaux de laines déjà lavées à 120 pesetas; iSo.cxx) quintau.x d'huile de 54 kilos pour une valeur environ de 2 millions 1/2 de pesetas; Q.LXX) douzaines de peaux de chèvn^s à 40 pesetas environ la douzaine; 13.500 quintau.x de beurre pour une valeur de près (le 2 mil lions de pesetas.

Il se vend beaucoup de chevaux à ^Marrakech; les recettes du

marché spécial furent, pour cet article seulement, de 25.000 pesetas de droits en 1903; le mouvement, par contre, est presque nul pour les bœufs, moutons et autres animaux. Il est à noter que le produit de la sortie des babouches, à destination de l'intérieur, de la côte et du Sénégal, a atteint les environs de 100.000 pesetas.

L'industrie est embryonnaire comme à Fez et comme dans toutes les villes du Maroc. Marrakech est la seule ville de l'empire où viennent encore s'approvisionner les grandes caravanes du Sud et même du Soudan.

Ces caravanes, dont l'organisation et la périodicité ont fait l'objet d'une intéressante étude de M. Thomassy, se rendent trois fois par an de Marrakech à Tombouctou par le Ta&lelt. Elles exportent relativement beaucoup /noms qu'autrefois, depuis que la pénétration européenne peut s'exercer par le grand fleuve de l'Afrique occidentale, mais leur importation — nègres mis à part — est encore assez intéressante, avec les gommes, la poudre d'or, les œufs et plumes d'autruches et même de l'ivoire. MM. de Gamiers et Thomassy estiment que le bénéfice des caravanes peut atteindre 400 %. Ainsi le chameau qui part avec 150 frs de marchandises reviendra avec 600 frs — à moins qu'il ne revienne pas. . .

La colonie française est très clairsemée à Marrakech. Notre compatriote M. T. Zerbib qui est très bien renseigné sur les choses et les gens de ce pays, réclame depuis longtemps l'établissement, à Marrakech, d'une sorte de mission commerciale permanente, composée de 5 ou 6 jeunes gens qui représenteraient des maisons françaises.

Il est bien difficile d'évaluer, même approximativement, l'ensemble du mouvement commercial de la place. Nous manquons en effet de cet élément d'appréciation que fournissent dans les ports les manifestes d'entrée et de sortie des navires. s uroits de portes, on le sait, ne frappent pas les produits ayant déjà acquitté les droits de douane, c'est-à-dire que toutes les marchandises d'importation européenne échappent au contrôle indirect- En nous en tenant aux seules sorties de Mogador, il semble, cependant, que la consommation annuelle

de Marrakech puisse être évaluée à 50.000 sacs de sucre, 200DO caisses de bougies, 3.000 sacs de café, 2.000 caisses de thé, i.ooo sacs de riz. Voilà pour l'alimentation. Les cotonnades seraient évaluées, d'autre part, à 150.000 pièces, et le fer destiné à la construction à 32.000 quintaux. Ces seuls chiffres indiquent un mouvement de près de 40.OCO chameaux entre ta côte et Marrakech, soit plus de 100 par jour.

Les Souks ou marchés sont extrêmement nombreux. Le marché des esclaves se tient 3 fois par semaine.

La taxe de 10 %, rigoureusement perçue sur la valeur de chaque transaction, est un moyen indirect auquel est réduit le Sultan, pour assurer ie recouvrement d'un achour que la plupart des tribus des environs se refuseraient à payer sous une autre forme.

Postes : Française, Allemande.

Puissances représentées par des agences consulaires à Maïrakech : France, Allemagne, Angleterft.

MAZAGAN

(Djedida)

Port du Maroc, situé sur TOcéan Atlantique, à peu de distance au sud de Tembouchure du fleuve Oum-Er-Rebia.

Cette ville fut fondée en 1506, et nopimée Castillo Real, par les Portugais qui la quittèrent en 15 10 pour se transporter à Azamor qu*ils abandonnèrent en 1769 aux Maures. Ceux-ci reconstituèrent Mazagan, et lui donnèrent le nom de Djedida (la nouvelle).

Là où est Mazagan, fut remplacement de Portus-Rutubis, que Polybe indique à sept milles au sud de TAnatis antique, le fleuve Oum-Er-Rebia de nos jours.

Mazagcln a conservé Tempreinte de ses fondateurs : ses murailles, ses portes surmontées des écussons des rois de Portugal, son vieux château- fort, son petit port de débarquement et jusqu'à Timmense citerne sur laquelle la plus grande partie de la ville est construite, tout rappelle son origine. Elle a encore sa vieille muraille carrée, flanquée de quatre tours énormes dont les embrasures sont garnies de vieux canons hors d'usage.

Autour de la ville est venu se grouper tout un gros faubourg de Chleuhs dont les huttes coniques recouvertes de chaume, donnent à cette agglomération indigène Taspect d'un village soudanais.

Mazagan est le débouché de la splendide région de la Doukkala qui est considérée, avec la Chaouia, comme la plus riche de tout le Maroc, et qui possède comme elle ces fameuses terres noires dont la fertilité est si remarquable. C'est aussi le port obligé de Marrakech.

Son importance commerciale égale presque celle de Casablanca.

Population. — La population est d'environ 12.000 habitants et compte près de 300 Européens. Les israélites n'ont pas de mellah; ils habitent librement les différents quartiers de la ville.

Comme à Casablanca, les relations entre indigènes et européens sont faciles. La population est calme et tranquille.

Mouillage. — Le cap Mazagan se prolonge vers le Nord- Est par une ligne de récifs qui s'étend à plus d'un mille et protège un peu contre les vents d'Ouest. Toutefois la barre est dangereuse, les épaves de trois navires de la Cie Paquet : le Maroc, les Vosges elp la Marne en témoignent assez. Par beau temps, les navires peuvent s'approcher à plus d'un mille de la côte, et y jeter l'ancre par des fonds de 15 à i6 mètres.

La communication des vapeurs en rade se fait comme toujours à l'aide des barcasses du pays. Mazagan en a dix; elles sont semblables à celles de Casablanca, et peuvent, à la belle saison, faire quatre voyages par jour. Il est extrêmement rare que le gros temps empêche d'assurer ce va-et-vient. Le débarquement le long du mur sud de la ville, dans les anciens fossés portugais est relativement facile. A marée basse sur les rochers qui sont en avant de cette face, et à marée haute dans une petite darse appuyée à cette même face et entourée de murs, existe une entrée pour les barcasses. Sur les quais de ce petit port en miniature sont trois grues de quatre tonnes.

Embarquement et débarquement : par des barques du port de 1 5 à 20 tonnes appartenant au gouvernement marocain, (monopole).

Le matériel flottant affecté à ce port se compose de dix barcasses du type de celles de Casablanca. Le débarquement ou l'embarouement de la marchandise se paie à raison de 12,50 les cent sacs, pour les cafés, céréales, etc. pris à bord et mis à terre ou vice versa. Le transport dans les magasins de la Douane est coté à 0,15 par sac. Le caissage c*t les marchandises d'un maniement difficile, fer, machines, etc., sont taxés à un prix plus élevé qui varie de 0,15 à 0,30 le quintal, mais ces prix n'ont rien d'absolu et peuvent et doivent être débattus. {Rapport de M. Ed. De chaud à M. le Préfet d^Oran, 1903.)

Commerce. — Depuis 1899 le mouvement commercial est ainsi résumé :

Importation Exportation.

Totaux.. .

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