ESPAGNE
Imp.
Exp,
Mazagan est de tous les ports du Maroc celui où le commerce français est relativement le plus faible. A l'importation, la France en 1900 avait même presque perdu le marché de sucre quel de vigoureux efforts lui ont permis depuis de reconquérir en partie. A l'exportation, l'Espagne occupe le second rang après l'Angleterre» et avant l'Allemagne, mais son importation est faible. Par contre, la Belgique a itnporté pour une valeur de 120.000 p. en 1901, et pour 8 à 900.000 p. au cours des années suivantes, sans faire la moindre exportation. La plupart du numéraire importé en 1901 était d'origine française (1.375.000 frs d'or français contre 157.000 frs d'or anglais).
A L'IMPORTATION
Tissus. — De 2 millions 701.61 1 en 9g, elle a pu atteindre en 1901 le chiffre de 5.325.000 p. L'Angleterre en bénéficie presque seule.
Sîicre, — La valeur totale est sensiblement la même toutes les années, de 12 à 1.500.000 p., mais la France qui ne fournissait plus qu'un tiers du total en 1900, a regagné quelque terrain contre la Belgique.
Thé. — 800.000 p. on 1900, et i. 203.914 en 1903, ce sont les deux chiffres extrêmes- L'Allemagne lutte sérieusement contre l'Angleterre.
Draps. — Allemagne surtout 100.000 p. environ.
Fer. Quincaillerie. — France depuis quelque temps.
Essences- — 800.000 p. à i million, la France 1/3.
A L'EXPORTATION
Amandes. — Le succès de cette exjK>rtation à Mogador a encouragé le même commerce à Mazagan. De 631.950 en 99 la valeur exportée est montée jusqu'à 2. 7 14.921 en 1900, pour suivre ensuite les fluctuations de la récolte. Allemagne.
Fèves. — De 325.200 frs en 99. 1.345.622 en 1900 et 1. 147.615 en 1902, chiffres à peu près maintenus depuis. Destination : Angleterre.
Pois chiches. — 54761 1 en 99, plus d'un million en 1900, et 800.000 en 1901, pour remonter à un million en 1902. A destination exclusive de l'Espagne.
Œufs- — Les œufs constituent l'un des plus intéressants produits. De 800.000 p. en 1899, l'exportation atteignait 2 millions en 1902, et elle se tient encore aux environs de ce chiffre. L'Angleterre les achète presque tous.
Laines. — C'est une exportation en décadence. Mazagan a expédié pour 600.000 p. en 1900, pour 88.000 en 1901, et pour environ 100.000 p. depuis.
Postes : Française, Allemande, Espagnole.
Les bureaux de faste de Mazagan ont émis des mandats pour 169.332 frs, (le bureau français pour 97.000 frs); ils en ont payé au cours de la même année (1904) pour 79413 frs, (le bureau français pour 44.622 frs).
Puissances représentées par des consulats ou des agences
consulaires à Mazagan : France, Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Espagne, Italie, Portugal.
Mehedia
Ville en ruines, mais occupant une situation géographique privilégiée.
Située à l'embouchure du Sebou, le grand fleuve de la cote occidentale, elle est appelée à être le débouché de tout son bassin et des très riches contrées qu'il arrose. Elle est plus rapprochée de Fez que ne le sont Tanger, Larache et Rabat. La plupart des gens compétents sont d*avis que c'est un des points les plus propices de la côte pour l'établissement d'un port de mer. C'est pour cette raison même que le gouvernement marocain l'a fermée à tout trafic maritime, de peur que des chrétiens entreprenants vinssent s'y établir pour s'infiltrer dans le pays. Le jour où Mehedia sera ouverte au commerce européen, après que quelques travaux auront rendu son port accessible, cette ville prendra rapidement l'importance commerciale que sa situation exceptionnelle lui assure.
Mehedia est une très ancienne ville; elle fut très prospère sous l'émir Yacoub-el-Mansour. Les Portugais et les Espagnols qui l'occupèrent ensuite, en avaient fait au XV* siècle im des ports les plus importants de la côte.
Actuellement Mehedia n'est plus qu'une ville abandonnée, une forteresse détruite, dont on aperçoit encore, de la mer, les hautes murailles en ruines qui couronnent une colline de 140 mètres de hauteur, et qui se dressent sur les énormes blocs de rocher bordant la rive gauche du Sebou. Ses fossés sont en partie comblés, ses murs s'écroulent, ses vieux canons gisent sans affûts; mais ses ruines conservent encore, malgré tout, un caractère imposant.
Mehedia et ses environs immédiats ont encore près de 5CX3 habitants.
A quelques kilomètres de Mehedia se trouve la très giboyeuse forêt de Mamora qui a près de 80 kilom. carrés d'étendue.
382 DEUXir.ME PARTIE
Melilla (possession espagnole)
Melilla est située sur la côte Est de la presqu'île terminée par le cap des Trois Fourches, à peu de distance de la lagune d'El-Dzira.
bon port, qui était anciennement très fréquenté, surtout par les Génois et les Vénitiens, a beaucoup perdu de son importance.
Melilla, comme Ceuta, est un bagne espagnol. La ville est très bien défendue.
Depuis que Ton a déclaré Melilla port franc (1887) il s'y fait un certain commerce d'importation pour les marchandises destinées au Riff. L'exportation est pour ainsi dire nulle.
La population civile est de 3.000 habitants; la garnison est importante, et les forçats sont au nombre d'environ 800.
Mequinez
(Meknas Ezzitomi ou Meknas des Oliviers)
Grande ville de la Berbérie, une des résidences des Sultans de cet empire, à une journée <ie marche à l'Ouest de Fez, et à environ 120 kilomètres du littoral atlantique; située sur des grands plateaux qui s'étendent entre les montagnes des Béni Methirs au Sud, dernier contrefort du moyen Atlas et le Djebel Zerhoun, massif isolé qui se dresse au Nord à 520 mètres d'altitude au-dessus de la mer.
Mequinez fut le Versailles marocain, mais elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Le Sultan Moulay Ismail, contempcM^in de Louis XVI, y construisit de nombreux palais, et la fortifia de remparts dont les portes sont monumentales ; il termina la Kasbah qui avait été commencée en 1275 par le Sultan Abou Yousef Yakour-ben abd el Ilak. La porte dite Baè Mansou? el-Endy fut décorée avec des colonnes provenant des ruines romaines de Volubilis.
Bâtie en style arabe, dans une situation très heureuse, une eau claire et abondante y coule; une rivière courante TOued
VILLES ET CENTRES i&i
Bou Fekran, alimente largement la ville et les très beaux jardins qui sont au Nord de la route, vers Tanger.
Résidence de la cour chérifienne, Méquinez partage, à certains moments avec Marrakech et Fez, le titre de capitale de l'empire, mais aussitôt après le départ du Makhzen, elle reprend son frappant aspect de solitude.
C'est à Méquinez que dans la mosquée d'Elmedjeboub se trouve le tombeau du Sultan Moulay Ismaïl; c'est là aussi, mais en dehors des remparts, qu'est le tombeau de Sidi-Aissa.
Méquinez est le siège de l'ordre de la fameuse confrérie des Aissaoria; elle n'a guère plus de 15.000 habitants. Mais ce chiffre est triplé durant le séjour du Makzen.
Son climat est très sain, et très agréable.
Son commerce est peu actif. Il existe toutefois un cqrtain mouvement d'échanges avec les tribus berbères environnantes telles que Béni Meguiled, Béni Methirs et Guérouane.
Postes : Française, Allemande.
Puissance représentée par une agence consulaire : Angleterre.